Chronique des matières premières

Du blé français exporté aux Etats-Unis, une aubaine

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Un champ de blé à Beaucamps-le-Vieux, dans le nord de la France.
Un champ de blé à Beaucamps-le-Vieux, dans le nord de la France. REUTERS/Benoit Tessier

Le premier exportateur mondial de blé sera cette année l'Union européenne... devant les Etats-Unis, qui doivent importer du blé français, pour la première fois depuis douze ans.

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C'est une aubaine pour le blé français : 45 000 tonnes de grains vont quitter le port de Rouen pour la côte est des États-Unis, une première depuis 2002 ! La cargaison est modeste, mais c'est tout de même une bonne nouvelle étant donné les difficultés d'exportation de la France cette année. Ce n'est pas la quantité, mais la qualité du blé qui fait défaut. Si les meuniers français savent utiliser un blé à faible taux d'amidon pour faire du pain, l'Algérie est intransigeante sur ce critère et elle a diminué de moitié ses achats à ce jour. Heureusement l'Égypte a baissé ses exigences, alors la France vient de remporter un appel d'offres pour 180 000 tonnes de blé, autre consolation pour les céréaliers français, qui ont fait un énorme travail de tri du grain.

Reste tout le blé déclassé en qualité fourragère, destiné aux troupeaux, mais qui trouve difficilement un débouché en France, où le maïs est très abondant et moins cher. Alors le blé fourrager français s'exporte vers le reste de l'Europe. Et donc aussi vers les États-Unis, qui souffrent non pas d'un manque de blé (bien que la production soit moins abondante que prévu), mais plutôt d'un manque de disponibilité due aux problèmes de logistique fluviale et routière (les transports de marchandises étant accaparés par les produits pétroliers). En ce moment, il peut donc être plus économique pour un fabricant américain d'aliments du bétail d'importer un bateau de blé fourrager français, d'autant que l'euro a chuté face au dollar.

C'est d'ailleurs cet avantage monétaire qui dope les exportations de blé de l'Allemagne, de la Pologne et des pays baltes, qui contrairement à la France ont une très belle qualité de blé meunier cette année. Alors que les céréaliers russes sont absents du marché mondial, ils font de la rétention, découragés par la faiblesse du rouble, l'Union européenne pourrait bien dépasser les États-Unis sur le podium des exportateurs de blé, pour la première fois de l'histoire.

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