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Chronique des matières premières

Banques et matières premières: les accusations du Sénat américain

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Malgré ses évaluations concernant le conflit d’intérêt qui existe entre les banques et le commerce des matières premières, la FED n'a toujours pas imposé de règles plus strictes aux banques. Le siège de la FED, à Washington, le 22 août 2012.
Malgré ses évaluations concernant le conflit d’intérêt qui existe entre les banques et le commerce des matières premières, la FED n'a toujours pas imposé de règles plus strictes aux banques. Le siège de la FED, à Washington, le 22 août 2012. REUTERS/Larry Downing

Après deux ans d'enquête, le Sénat américain dénonce les relations dangereuses entre les banques et le commerce des matières premières.

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En s'aventurant dans le commerce physique des matières premières, les banques sont sorties de leur rôle et elles ont joué un jeu dangereux, estime la commission d'enquête du Sénat aux Etats-Unis. Non contentes de financer le secteur, ou de proposer des produits financiers dérivés des matières premières, les banques sont entrées de plain-pied dans l'achat et la vente des ressources : Goldman Sachs en détenant une mine de charbon colombien, des entrepots de métaux ; Morgan Stanley des tankers et des cuves de pétrole ; JP Morgan une division métaux et des centrales électriques...

Avec un risque évident de conflit d'intérêt. La commission du Sénat cite un ancien cadre des entrepots Metro estimant que des informations confidentielles étaient transmises à Goldman Sachs, qui les avait rachetés en 2010. On sait aussi que des industriels ont attaqué la banque d'affaires pour manipulation des prix de l'aluminium contre la banque d'affaires, sans succès. Précédemment JP Morgan avait tout de même écopé d'une amende d'un demi-milliard de dollars pour avoir téléguidé les prix de l'électricité.

Plus largement, l'implication des banques dans le commerce des maières premières ferait courir un risque à tout le système financier, dénonce le Sénat américain. Les banques n'auraient tout simplement pas les moyens, sauf à faire appel au contribuable, de financer une catastrophe industrielle ou une marée noire : il leur manquerait jusqu'à 15 milliards de dollars chacune ! Evaluation faite par la Réserve fédérale américaine, dans un rapport confidentiel... La FED qui n'a pourtant toujours pas imposé de règles plus strictes aux banques.

Si elles prennent des distances avec le commerce physique des matières premières, c'est surtout qu'il est moins rentable aujourd'hui. La tiédeur de la FED énerve d'autant plus Carl Levin, le président de la commission d'enquête, qu'il a décortiqué il y a quelques années les dangers des prêts hypothécaires à risque, ou « subprime », responsables de la crise financière de 2008. De laquelle Goldman Sachs et Morgan Stanley ont été sauvées, en devenant des banques dites « régulées » !

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