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Revue de presse Afrique

A la Une: Burkina Faso, Compaoré pose ses valises au Maroc

Audio 04:11
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Un exil qui « arrange tout et tout le monde », lance Fasozine. Compaoré a donc préféré « planter sa tente » dans le royaume chérifien et cette option a, selon le journal ouagalais, l’avantage de lui « redonner un peu plus de dignité, et surtout lui permettre de se refaire une nouvelle santé », le Maroc étant réputé avoir « le climat et les toubibs qu’il faut » pour des soins « haut de gamme ». Autant dire que, selon Fasozine, Compaoré n’avait rien de bon à faire en Côte d’Ivoire car, rappelle le confrère, « chez les mossis, l’ethnie majoritaire à laquelle appartient Blaise Compaoré, il est mal vu qu’un homme, et de surcroît un chef d’Etat aille trouver refuge auprès de sa belle famille ».

Burkina Faso : l’encombrant Compaoré

Justement, le sentiment général de la presse régionale est que le séjour ivoirien de Compaoré était inopportun. C’est ce qu’explique ainsi longuement La Nouvelle Tribune. Le journal béninois estime qu’avec ce départ, Ouattara « s’enlève une épine des pieds » (sic).

Certes, souligne La Nouvelle Tribune, les raisons de ce « départ précipité » du pays des éléphants n’ont « pas été évoquées » par les autorités ivoiriennes, et la « probabilité » qu’elles le soient un jour est « très faible ».

Mais, ajoute le confrère à Cotonou, « peu importe la raison, le départ de Blaise Compaoré, le pyromane qui s’était fait une réputation de sapeur pompier de l’Afrique de l’Ouest, est un soulagement pour la présidence ivoirienne ».

D’abord parce que sa présence « divisait la classe politique ivoirienne ». La Nouvelle Tribune note que, si le président Ouattara s’était dit « ravi » de recevoir chez lui son « frère » et « ami » Compaoré, ce n’était pas le cas de nombre d’Ivoiriens, « notamment les pro-Gbagbo ».

Ensuite parce que, toujours selon le journal béninois, « l’ancien locataire de la luxueuse résidence de Yamoussoukro était un hôte à problèmes. L’ex-président burkinabè traînait avec lui 27 années de gestion émaillées d’un certain nombre de faits susceptibles de le conduire devant la Cour pénale internationale ».

Voilà pourquoi, en conclue La Nouvelle Tribune, si Blaise Compaoré « devrait être extradé, le président Ouattara se serait trouvé face à un dilemme si son “ami” et “frère” était encore sur sol ».

Burkina Faso : le fâcheux Compaoré

Même sentiment au Ghana voisin. Le site GhanaWeb rappelle que l’ex-homme fort du Burkina Faso est « largement vu par le camp Gbagbo comme ayant été derrière un coup d’Etat raté en 2002 et qui visait à déposer Laurent Gbagbo, ce qui plongea la Côte d’Ivoire dans près d’une décennie de conflit ». Tout à son rappel de l’histoire en ces circonstances, ce site Internet ghanéen évoque aussi des « sources françaises » selon lesquelles « des centaines de rebelles ivoiriens avaient alors été entraînés au Burkina Faso » et, selon lesquelles toujours, Compaoré avait alors « soutenu financièrement Ouattara », énonce GhanaWeb.

En France, Le Point Afrique n’écrit pas autre chose, en soulignant que sa présence en Côte d’Ivoire « faisait polémique du fait de son action très controversée durant la décennie de crise politico-militaire ivoirienne (2002-2011) ». Le Point Afrique ajoute que s’il est un « faiseur de paix » pour les « partisans de l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara », il est « détesté par les soutiens de Laurent Gbagbo ». Et le journal cite une « source sécuritaire » anonyme selon laquelle son départ de Côte d’Ivoire « va faire du bien ».

Compaoré : sic transit gloria mundi

Reste une question. Que va maintenant devenir Blaise Compaoré ? Pour le journal Billets d’Afrique et d’ailleurs, pas de doute, le « seul avenir qu’il mérite, c’est d’être jugé pour ses assassinats et crimes économiques au Burkina, mais aussi, au même titre que Charles Taylor, devant une juridiction internationale pour répondre des centaines de milliers de victimes des guerres régionales », bucheronne le périodique. Ainsi passe la gloire du monde.

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