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Aujourd'hui l'économie

L'économie russe plombée par les sanctions occidentales

Audio 03:13
Le président russe Vladimir Poutine essaye de minimiser l’impact des sanctions et de la baisse du prix de pétrole.
Le président russe Vladimir Poutine essaye de minimiser l’impact des sanctions et de la baisse du prix de pétrole. REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin

Les sanctions occidentales et la baisse du prix du pétrole coutent cher à la Russie. C’est le ministre russe des Finances lui-même qui chiffre ces pertes en dizaine de milliards d’euros pour l’économie du pays.

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C’est la première fois que le gouvernement russe chiffre les pertes causées par les sanctions occidentales imposées à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne. Elles lui couteront 32 milliards d’euros par an, selon Anton Silouanov, le ministre russe des Finances. Mais le cout des sanctions n’est pas aussi important que l’impact dû à la chute du prix du pétrole. Les cours de l’or noir ont baissé près d’un tiers depuis l’été ce qui fait perdre à la Russie 80 milliards d’euros par an, ce qui est très pénalisant pour l’économie et surtout pour le budget du pays (la moitié des recettes publiques proviennent des taxes sur les exportations de pétrole).

La baisse de la demande mondiale et la production en hausse du pétrole de schiste en Amérique du Nord sont les raisons qui font que l’offre est plus grande que la demande. Mais à en croire Kremlin, la baisse est provoquée par une entente entre les états unis et l’Arabie saoudite pour faire couler l’économie russe. Selon Vladimir Poutine, Riyad cherche aussi à éliminer ses concurrents.

Cette situation semble ne pas perturber Vladimir Poutine

Le président russe essaye de minimiser l’impact des sanctions et de la baisse du prix de pétrole. Il ne les juge pas fatals pour l’économie et ajoute que les efforts délibérés pour faire baisser les prix affecteront aussi leurs propres auteurs. En effet, dire le contraire, reviendrait à reconnaitre que l'action de la Russie en Ukraine est en train de faire baisser le niveau de vie des Russes. S’il est encore tôt de parler d’un effondrement de l’économie, un renforcement des sanctions occidentales aurait des conséquences dramatiques à l’avenir.

La banque centrale russe a déjà perdu un quart de ses réserves en devises depuis un an pour défendre en vain la dépréciation du rouble suite à la fuite des capitaux étrangers estimés à 104 milliards d'euros cette année. La monnaie russe a perdu un tiers de sa valeur face à l’euro depuis le printemps, ce qui a provoqué une hausse des prix des produits importés.

Inflation, fuite des capitaux... Une économie russe au bord de la récession ?

Pour les analystes de la Banque mondiale, l’économie russe est au seuil d’une longue récession. La croissance devrait se situer autour de 0,3 % cette année et de 0 en 2015. Un fort ralentissement dû principalement à la réduction des investissements et de la consommation. Un renforcement des sanctions affaiblira sans doute plus le rouble, augmentera la pression inflationniste sur les prix et par conséquent pénalisera encore plus la demande intérieure, force motrice principale de l’économie.

Les analystes russes prédisaient déjà un tel scénario avant même les sanctions. Selon eux l’économie russe n’a pas su se restructurer et se diversifier au cours des 10 dernières années et reste très dépendante des recettes des hydrocarbures et de leurs variations de prix. Si le baril baisse d'un dollar, cela représente déjà 1,25 milliard d'euros de moins pour l'État. Les sanctions n’ont fait donc qu’avancer ce scénario.

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