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Revue de presse Afrique

A la Une: le gouvernement Zida entre en action

Audio 04:43
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Et « aussitôt formé, déjà contesté ? », s’interroge Fasozine. Et bien oui : la nouvelle équipe a provoqué « une lever de boucliers, en ce qui concerne un de ses membres : Adama Sagnon, le ministre de la Culture et du Tourisme. Il était, avant sa nomination, directeur général du Bureau burkinabè des droits d’auteur. Des acteurs de la Culture estiment que l’homme ne connaît pas assez le domaine dont il va conduire les destinées. Mais avant cela et surtout, ce magistrat de son état était également aux affaires lorsque le dossier Norbert Zongo a été sanctionné par un non lieu. " Je n’ai rien à me reprocher dans ce dossier ", a affirmé l’intéressé qui est, dit-on, proche du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, dont il serait l’ami depuis la classe de 5e. Dans le même temps, 16 partis politiques de l’ex-chef de file de l’opposition se disent également " floués " dans la distribution des maroquins. »

Et Fasozine de s’interroger : « Serait-ce l’un des premiers couacs de la transition en plus des bagarres qui ont émaillé la désignation de certains membres des organisations de la société civile pour siéger au sein du Conseil national de transition ? Vivement qu’un modus vivendi soit trouvé entre les acteurs pour négocier cette phase de transition cruciale pour le Burkina Faso. »

« Le seul couac dans ce gouvernement semble être le cas Adama Sagnon, renchérit le quotidien Aujourd’hui. Ex-procureur du Faso, ayant géré, peu ou prou, le dossier Norbert Zongo, il a été nommé à la Culture. Il lui est tout simplement reproché d’avoir été de ceux qui ont conduit à un enterrement de première classe le dossier Norbert Zongo, en déclarant le non-lieu. Erreur de casting ?, s’interroge le journal. Où tout simplement désir d’associer comme le veut la charte, des éléments de l’ex-régime ? »

S’attaquer à l’essentiel !

En tout cas, poursuit Aujourd’hui, « le cas Sagnon est un exemple symptomatique du piège qui guette ce gouvernement de transition : comment corriger les travers et les dérives, de l’époque Compaoré tout en travaillant dans l’optique de réussir ? En vérité, estime le quotidien ouagalais, il s’agira d’allier " dé-compaorisation " et transition. Or, Blaise Compaoré, c’est presque trois décennies de règne sans partage. La transition, elle, durera 12 mois. Un chantier immense. C’est pourquoi cette équipe devra s’atteler à l’essentiel, ne pas être obnubilée par l’ombre, mais être rivée sur la proie. Pouvoir réconcilier les Burkinabè avec eux-mêmes, et tracer le contour d’élections exemplaires en 2015, tel doit être le tableau de bord qui devra guider l’équipe de Zida I. Tout le reste pourrait s’apparenter à des futilités ou discours oiseux. »

En effet, renchérit le site d’information Guinée Conakry Infos, attention à la dispersion. « Le président Michel Kafando et son Premier ministre, le colonel Zida, ont inscrit les réformes comme priorité des priorités. Or, dans leur entendement, réformes signifie poursuites des dossiers pendant à la justice : lutte contre la corruption, relance de l’enquête sur la disparition du journaliste Norbert Zongo et sur la tombe de Thomas Sankara. En gros, les dirigeants de la transition burkinabè se présentent en redresseurs de torts. En soi, ces objectifs sont louables, pointe Guinée Conakry Infos, mais il y a que ceux qui les ambitionnent n’ont pas cinq ans, comme une équipe issue d’une élection régulière. Conscient de cet obstacle temporel, le peuple ne leur a assigné qu’un objectif prioritaire : l’organisation d’élections législatives et présidentielle libres et transparentes. Le risque, avec tous les chantiers qu’ils projettent, ce serait qu’ils négligent et mettent en péril cette mission fondamentale. »

Et attention, avertit le site d’information guinéen : « Par le simple fait de vouloir faire plaisir à une opinion dont l’avis est, de toutes les façons, plutôt fluctuant, Michel Kafando et Isaac Zida pourraient alors remettre en cause les immenses espoirs suscités par la révolution burkinabè. Une sombre perspective qu’ils devraient aider à éviter, en laissant au futur président de la République, issu des urnes, le soin de s’occuper de ces cas épineux qui exigent plus de temps. »

Comme du lait sur le feu…

Problème d’objectifs, donc, dans un laps de temps limité, problème de casting : le nouveau gouvernement burkinabè est déjà au centre des regards et des interrogations. Ainsi, pour La Tribune au Sénégal, « Kafando et Zida sont sans doute conscients qu’ils seront particulièrement surveillés comme du lait sur le feu et seront attendus au tournant. Ils n’ont droit à aucune erreur, ils ne doivent faire aucune tergiversation et ils doivent surtout donner des résultats palpables, après un an seulement au pouvoir. C’est pourquoi, il serait malvenu, estime le quotidien sénégalais, de contester le choix pas forcément objectif de leurs hommes. L’essentiel est que les nouveaux dirigeants répondent à toutes les attentes. Et qu’à l’issue de la transition, les Burkinabè puissent dire : nos sacrifices n’ont pas été vains… »

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