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Revue de presse française

A la Une : l’Amérique en colère

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AFP

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De New York à Los Angeles, en passant par Boston et Washington, des milliers de personnes ont manifesté une nouvelle fois hier, pour protester contre la non inculpation du policier blanc qui avait tué un jeune Noir l’été dernier à Ferguson. « L’injustice », s’insurge Libération en première page avec la photo de cette manifestante en larmes, les mains jointes sur son visage. « Ce verdict a beau avoir été rendu par un jury populaire, formé de Noirs et de Blancs, qui a fait son travail selon tous les spécialistes, les communautés afro-américaines ne croient pas en la justice de leur pays », relève Libération.

Selon le quotidien, « Ferguson est très très éloigné de l’Amérique post-raciale rêvée par Barack Obama. Cette banlieue du Missouri, noire à 70%, mais où la police est hégémoniquement blanche, tout comme le maire, devient l’image de toute une nation. Pour trop de jeunes hommes noirs, pointe encore Libération, l’exclusion, le chômage, les brutalités policières et la prison apparaissent comme un horizon indépassable. Comme l’écrivait cet été une militante des droits civiques, " la fondation de la démocratie américaine, de nos libertés, sera fracassée tant que nos corps noirs seront maltraités, et que rien n’est fait ". »

« L’Amérique face à ses démons racistes », s’exclame L’Humanité, qui établit un constat similaire à celui de Libération : « Les drames d’aujourd’hui ne sont pas un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages. Le rêve de Martin Luther King est demeuré largement inabouti, et le combat pour l’égalité fut jalonné pendant des décennies d’autres cadavres, victimes de la répression et du racisme. Ces dernières années, la crise a creusé les fractures sociales et renforcé les discriminations de tous ordres. Les élections au Congrès ont témoigné d'un fort mécontentement populaire. Un contexte lourd propice au réveil des vieux démons. »

Paradoxe, note La Charente Libre, « on peut élire un président noir et entretenir la pire des ségrégations, celle qui ne dit pas son nom. Inattaquable en soi, la décision du jury de Ferguson suscite l'émotion bien au-delà des Etats-Unis pour ce qu’elle traduit d’une Amérique prisonnière de ses réflexes de violence. Les émeutes de la nuit donnent l’image d’une communauté noire désespérément à la remorque du miracle américain, reléguée dans les banlieues, le chômage et les prisons. Trop d’exemples alimentent un sentiment d’injustice prêt à exploser. »

Un pape qui bouscule…

Beaucoup de commentaires ce matin sur la visite express du pape François à Strasbourg. « Europe, où est ta vigueur ? », lance La Croix en première page, reprenant ainsi l’une des petites phrases choc que le souverain pontife a lâché devant les eurodéputés puis devant les membres du Conseil de l’Europe. Le Pape François a donc « exhorté l’Europe à se ressaisir (…) et a placé ses auditeurs devant leur responsabilité historique : comme un arbre a besoin d’un tronc solide et de racines profondes pour gagner en hauteur, il faut à l’Europe, a-t-il dit, de la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine. »

Pour le pape, poursuit La Croix, « l’alternative est simple. Soit l’Europe se replie sur elle-même dans un monde de moins en moins eurocentrique, comme la culture de l’individualisme l’y pousse, et son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux ne sera plus qu’un héritage de musée du passé. Soit elle retrouve les racines où ses pères fondateurs ont puisé leurs intuitions et elle pourra relever le défi d’un monde toujours plus interconnecté et globalisé et contribuer au développement culturel de l’humanité. »

Paris Normandie applaudit. « Une vraie leçon d’humanisme - pouvait-on d’ailleurs en attendre moins d’un pape ? - à l’heure où l’Europe est vilipendée pour sa propension à pinailler sur tout en en oubliant l’essentiel, l’homme. Chapeau ! » « François glisse sa vision (de l’Europe, NDLR) avec simplicité, renchérit Ouest France. En désignant tout ce qui la menace. La solitude. La culture du déchet. Les pouvoirs financiers. Le fondamentalisme. Le repli. En pointant aussi la priorité absolue, la dignité. Comme pour dire aux Européens qu’ils n’ont pas seulement de vieux démons, mais aussi une âme. »

Sarko veut réconcilier la droite

En France, Nicolas Sarkozy s’exprime dans Le Figaro. L’ancien président et actuellement candidat à la présidence de l’UMP, en attendant sans doute mieux, a droit à une belle photo en Une, avec en exergue, cette phrase : « Je veux réconcilier la droite avec elle-même. » Nicolas Sarkozy assure que des primaires auront bien lieu en 2016 et affirme qu’une guerre entre Juppé et lui « serait suicidaire ».

« Je le redis, a martelé l’ancien président, les primaires auront lieu, que personne n’en doute ou ne cherche à en faire un sujet de polémique. Elles auront lieu en 2016. Elles seront ouvertes, car des primaires qui ne seraient pas ouvertes se résumeraient à un vote interne. Elles seront organisées et contrôlées de la façon la plus consensuelle. »
Et puis sur Alain Juppé : « Nous avons toujours travaillé ensemble en bonne intelligence, affirme Nicolas Sarkozy. Nous avons certes des points de divergence dont nous débattrons peut-être un jour - après tout, ce serait légitime - mais il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais d’hostilité personnelle. Je le dis solennellement, notre famille a besoin de tous ses talents. »

Après l’appart, le bureau !

Une nouvelle casserole pour Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT. Après la rénovation de son appartement de fonction, son bureau… Révélation du Canard Enchaîné : le leader syndical a fait réaménager son bureau à grands frais. La facture est de 62 000 euros. Commentaire du Canard : « " Les gens s’en foutent ! " Thierry Lepaon avait lancé cette lapidaire formule pour balayer l’affaire des 105 000 euros de travaux réalisés dans son appartement de fonction. Ces mêmes gens applaudiront donc sûrement à la lecture du devis de 62 179 euros portant sur le réaménagement de son bureau. »

Zlatan, le retour

« Zlatan est revenu » : c’est le grand titre jubilatoire de L’Equipe, qui s’émerveille pour le géant suédois, avant-centre du PSG, qui a fait son grand retour en Ligue des champions hier face à l’Ajax d’Amsterdam battu 3 buts à 1. Un doublé de Cavani et « un petit chefs-d'œuvre d’Ibrahimovic, son premier but avec le PSG depuis le 31 août, ont permis aux Parisiens de desserrer l’étreinte des Néerlandais et de conserver, devant Barcelone, la première place de leur groupe. (…) Contrôle de la poitrine, rebond et frappe en demi-volée croisée. Le Parc explose. (…) Oui, s’enthousiasme encore L’Equipe, Zlatan est bien de retour. Oui, à quinze jours de ses retrouvailles avec le Camp Nou et son vieil " ami " barcelonais Lionel Messi, il est prêt. »

En effet, désormais, « le PSG donne rendez-vous au Barça », titre Le Parisien. « Cette fois-ci, un match nul suffira, souffle le journal. Bien sûr, il est un peu tôt pour basculer dans le Barça-PSG du 10 décembre, " finale " tant attendue de ce groupe F. Mais l’impatience d’y être est de celles que ressentent certainement ce matin tous les amateurs de football, qu’ils poussent derrière le Paris Saint-Germain ou pas. Car cette confrontation pour la première place du groupe F a le parfum des grandes soirées de coupe d’Europe. C’est un match qui vaut de l’or, conclut Le Parisien, et que le PSG, leader de son groupe, aborde en ballottage favorable. »

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