Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une: l’horizon économique de l’Europe va-t-il se dégager?

Audio 06:29
AFP

Publicité

L’Europe « est laissée sur place par le décollage américain », relève Le Monde. « La croissance des Etats-Unis s’envole : elle a atteint 4,6% et 3,9% lors des deux derniers trimestres, la meilleure performance depuis 2003. Alors que la zone euro est en stagnation, pointe le quotidien du soir. Elle souffre du surendettement des Etats et d’un chômage massif. » C’est dans ce contexte que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté hier son plan de relance d’un montant de 315 milliards d’euros sur trois ans. « C’est un véritable pari », commente Le Monde.

En effet, pointe Le Télégramme, « sur la base de 21 milliards de fonds publics déjà programmés, Juncker espère attirer de 10 à 15 fois plus de ressources (privées cette fois) vers le vieux continent, Bruxelles apportant caution et garantie. Concrètement, les sommes ne proviendront pas en ligne directe des budgets des Etats mais ceux des 28 qui le jugeront utile pourront mettre au pot sans que leur contribution ne soit comptabilisée dans leurs propres déficits budgétaires. Ainsi ficelé, ce montage en " effet de levier " a l’immense mérite d’exister, estime Le Télégramme, et d’incarner une initiative européenne commune sinon communautaire. »

« Le plan de relance Juncker constitue le premier symbole d’une " réorientation " salutaire, se félicite La Montagne. Le montage est complexe, sans doute insuffisant, et repose sur un " effet de levier " sollicitant l’investissement privé, mais il rompt avec le dogme exclusif de la rigueur budgétaire. »

« L’Europe tient là une occasion en or de montrer sa capacité à relever collectivement ce pari risqué, renchérit Ouest France. Mais pour être réellement efficace, le plan Juncker devra aller de pair avec d’ambitieuses réformes structurelles dans les Etats membres. Cela n’exonère donc pas la France d’accélérer sa lutte contre ses déficits publics. Bruxelles a décidé de renvoyer au printemps son verdict sur les budgets nationaux. Une façon d’éviter des bras de fer risquant de crisper la zone euro. »

Le Républicain Lorrain relève de son côté l’importance de l’influence américaine. « Cette révolution - car c’en est une – s’inscrit surtout dans une politique globale de relance de la croissance où Washington tient le premier rôle, pointe le quotidien lorrain. En laissant déprécier l’euro par rapport au dollar, la Réserve fédérale accorde un sérieux ballon d’oxygène aux entreprises européennes. Lesquelles bénéficient simultanément d’une chute du prix de l’or noir grâce à l’arrivée sur le marché du pétrole non conventionnel américain. Sur une telle toile de fond, le plan Juncker doit être pris pour ce qu’il est, juge Le Républicain Lorrain : un signal politique plutôt qu’un vrai levier de croissance. Il signifie que l’austérité pour l’austérité, c’est fini. Et que la politique française consistant à tirer des bords s’avère payante au bout du compte. La contrainte s’allège. Pour 2017 aussi. »

Les Echos tempèrent ce bel optimisme… Il est vrai, reconnaît le quotidien économique qu’en cette fin 2014, « trois changements favorables sont à l’œuvre » : la chute des cours du pétrole, l’affaiblissement de l’euro et la baisse des taux d’intérêt. « Mais il ne suffit pas de desserrer les freins d’une voiture pour qu’elle redémarre. Il faut aussi qu’elle ait un moteur, et de l’essence pour le faire tourner. Or le réservoir est pratiquement vide, constate le quotidien économique. Les marchés extérieurs, qui ont joué un rôle essentiel dans les reprises précédentes, ne sont guère toniques. (…) Les consommateurs épargnent par crainte du chômage et de nouveaux impôts. L’investissement des entreprises reste bridé par des marges désespérément basses. Et l’investissement public, que veut doper le plan Juncker, est moitié plus élevé en France que dans le reste de l’Europe, sans faire la preuve de son efficacité. Compétitivité, rentabilité, confiance : il faudra à la fois du temps et de la continuité dans l’effort, estiment Les Echos, pour reconstituer les carburants de la croissance. »

Vraiment vert ?

A la Une de Libération, cette question : « Hollande est-il vraiment vert ? Alors que s’ouvre ce jeudi la conférence environnementale, la posture volontariste sur le climat du Président au G20 intrigue : vraie contestation ou calcul stratégique ? », se demande le journal. Réponse nuancée de Libération : « Hollande n’était pas vert de conviction ; il y a une part de tactique dans son zèle de néophyte. Mais c’est parfois en s’agenouillant qu’on acquiert la foi. En fait, l’ambiguïté présidentielle n’a rien d’étonnant, estime Libération : elle reflète celle du corps social tout entier. Si l’on met à part les partisans de la décroissance, fort sympathiques mais très minoritaires, chacun en cette matière veut une chose et son contraire. »

Et Libé d'énumérer : « Plus d’emploi, plus de pouvoir d’achat, plus de bien-être matériel et donc plus de croissance. Moins de pollution, moins d’atteintes à l’environnement, moins d’émissions de gaz carbonique et donc moins de croissance… On s’en tire en général en disant qu’il faut une " croissance verte ", relève encore Libé. Mais c’est seulement au terme d’une profonde reconversion et d’un changement radical des modes de vie que la croissance verte verra le jour. Autant commencer tout de suite, dira-t-on. Certes. Mais nous n’y sommes pas. En attendant, conclut le journal, c’est le manque de croissance qui produit la souffrance sociale et, accessoirement, l’infortune politique de François Hollande. On comprend qu’il puisse hésiter. »

Surpopulation carcérale

Comment faire face au défi des prisons surpeuplées en France ? Une « situation catastrophique, s’exclame Le Figaro. Avec 66 530 détenus, la surpopulation carcérale s’élève à 12 200. (…) Missionné par Manuel Valls, le député PS Dominique Raimbourg suggère dans un prérapport d’instaurer un numerus clausus. Parmi les propositions chocs, figure la possibilité d’accorder des réductions de peine aux détenus emprisonnés dans des établissements bondés. »

Une mesure d’ores et déjà critiquée par la droite. Et Le Figaro profite de l’occasion pour tirer de nouvelles salves en direction de Christiane Taubira, la garde des Sceaux : « L’appareil judiciaire, qui n’allait déjà pas fort, va de mal en pis. Magistrats et policiers s’arrachent les cheveux pour appliquer la réforme pénale de Christiane Taubira, qui brille par son laxisme et son impréparation. Elle soumet les condamnés à des peines inférieures à cinq ans à quelques obligations à l’air libre plutôt qu’à la prison. La prison précisément. Ce mot lui est tellement insupportable qu’elle laisse notre système carcéral à l’abandon, s’indigne Le Figaro. De longue date, la France emprisonne moins que l’Angleterre ou l’Espagne. Pour autant, la surpopulation carcérale est forte et les gardiens sont exaspérés. L’urgence commande de construire de nouveaux établissements pénitentiaires. »

Décrochage ?

Enfin, « avenir des enfants : la grande inquiétude » : c’est le dossier du Parisien, qui s’appuie sur les conclusions alarmantes d’une étude menée par la Fondation pour l’innovation politique et l’Ifop. Etude selon laquelle « la crise de confiance entre les Français et l’école n’a jamais été aussi forte. 69% des personnes interrogées estiment que l’Education nationale ne garantit plus l’égalité des chances. » Désormais, pointe le journal, « ce que les parents redoutent plus que tout, c’est que leurs enfants vivent moins bien qu’eux. Pour eux, l’ascenseur social n’est pas seulement en panne. Ils craignent purement et simplement un décrochage de la cabine. L’institution scolaire qui donnait envie d’apprendre génère de plus en plus la peur de l’échec. L’espoir et le goût de la réussite ne sont pas au programme des manuels scolaires, mais il y a urgence à ce qu’ils irriguent de nouveau l’esprit de nos écoles. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.