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Chronique des matières premières

Les réserves d'or deviennent un enjeu politique

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L'or, souvent considéré comme « LA » dernière valeur refuge en cas de crise, même s'il a perdu beaucoup de sa valeur en deux ans, devient bien un sujet sensible.
L'or, souvent considéré comme « LA » dernière valeur refuge en cas de crise, même s'il a perdu beaucoup de sa valeur en deux ans, devient bien un sujet sensible. Getty Images/Photodisc/Anthony Bradshaw

Dimanche 30 novembre, les Suisses sont appelés à voter sur leurs réserves d'or, un sujet qui devient politique.

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« Sauvez l'or de la Suisse ! ». Par ce slogan, le parti de la droite populiste helvétique UDC estime que la Suisse a bradé son or au début des années 2000, lorsque les cours ne dépassaient pas 400 dollars les 30 grammes - le tiers de leur valeur actuelle. Alors ce parti organise un référendum dimanche 30 novembre pour que la Banque nationale suisse rapatrie tout l'or stocké à l'étranger, qu'elle ait au minimum 20% d'or dans ses réserves, le double de ses avoirs actuels - ce qui lui demanderait d'acheter l'équivalent de la moitié de la production d'or mondiale - et qu'elle ne vende plus un seul gramme de métal précieux, même s'il s'agit d'acheter des euros pour calmer le franc suisse, très fort actuellement.

Cette votation a très peu de chance de s'imposer, mais la Banque nationale suisse (BNS) a quand même dû calmer les esprits, en rappelant que 70 % de son or était gardé à Zurich, et qu'elle disposait de 1 040 tonnes de métal précieux, sixièmes réserves au monde et premières par habitant.

L'or semble également préoccuper l'extrême droite en France : a-t-il servi à défendre l'euro, d'où vient tout l'or qui part en Asie ? La présidente du Front national vient d'écrire une lettre ouverte au gouverneur de la Banque de France, où pourtant 91 % des 2 435 tonnes d'or, troisièmes réserves au monde, sont conservées sous l'édifice parisien, à 28 mètres de profondeur.

L'or, souvent considéré comme « LA » dernière valeur refuge en cas de crise, même s'il a perdu beaucoup de sa valeur en deux ans, devient bien un sujet sensible, il fait vibrer la corde nationaliste : on se souvient que le Venezuela avait médiatisé le rapatriement de 160 tonnes de métal précieux, il y a plus de deux ans. Aujourd'hui, l'Europe cherche à rassurer les citoyens : après l'Allemagne, qui a demandé en 2013 le retour de ses lingots stockés aux Etats-Unis, les Pays-Bas viennent de rapatrier 122 tonnes qui étaient également gardées dans les caves de la Réserve fédérale américaine.

 

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