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Chronique des matières premières

L'Opep lance un défi au pétrole de schiste américain

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Une raffinerie de pétrole, en Arabie saoudite.
Une raffinerie de pétrole, en Arabie saoudite. Getty Images/Pete Turner

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole s'est abstenue d'agir pour enrayer la chute des prix du brut. Le cartel espère plutôt décourager ses concurrents, en particulier les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis. 

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L'Opep lance un défi au pétrole de schiste américain. En refusant de diminuer sa production de brut, le cartel, dominé par l'Arabie saoudite, fait un pari : que la dégringolade continuelle des prix décourage ses concurrents.

Les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis sont responsables de la surproduction mondiale actuelle selon les pays du Golfe, à leur tour de servir d'amortisseur à la chute des cours, même si le baril doit passer sous le seuil des 70 dollars ! L'Arabie saoudite peut encore patienter, produire un baril de brut lui revient à 30 dollars. Il n'en est pas de même aux Etats-Unis, où le baril extrait grâce à la fracturation hydraulique coûte entre 40 et 100 dollars.

Forer du pétrole de schiste au Texas devrait rester rentable, les investissements sont anciens, et les compagnies relativement solides. Mais dans le Dakota, en Louisiane, dans l'Oklahoma, ou dans le Mississippi, le développement de la production pourrait marquer le pas, d'autant que les titres pétroliers s'effondrent en bourse, un vrai massacre pour les petites compagnies américaines très endettées... Entre 4 % (selon l'Agence internationale de l'Energie) et 15 % de la production de pétrole de schiste pourrait disparaître du marché en 2015.

De même, au Canada, la production des sables bitumineux, qui donnent un pétrole très lourd peu valorisé, pourrait cesser de se développer tant qu'il n'y a pas de débouchés aux Etats-Unis. La chute des prix du brut pourrait aussi retarder l'exploitation des champs de pétrole en mer très profonde du Brésil. En Russie, le vice-président de la compagnie Lukoil n'imagine même plus le pétrole exploité dans l'Arctique de son vivant !

Le pari de l'Opep, c'est bien de ralentir toutes ces productions de pétrole non conventionnel pour qu'à moyen ou long terme les prix se rétablissent. En attendant, trois pays du cartel, les monarchies du Golfe, demandent aux neuf autres, dont l'Algérie, le Nigeria, l'Iran et le Venezuela, de consentir à d'énormes sacrifices sur leurs revenus pétroliers.

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