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Aujourd'hui l'économie

Ariane 6 présentée à Luxembourg

Audio 03:25
Un lanceur Ariane 5, le 16 octobre 2014.
Un lanceur Ariane 5, le 16 octobre 2014. Photo: Arianespace
Par : Altin Lazaj
7 mn

L'avenir de l'Europe spatiale se joue aujourd’hui à Luxembourg. Les ministres de l'Espace des 20 pays membres de l'Agence spatiale européenne vont présenter leur projet Ariane 6 : une nouvelle fusée, moins chère et plus compétitive.

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Plus compétitive car la concurrence est de plus en plus rude, notamment de la part des Américains. L’an dernier, un nouveau lanceur de satellites à bas coût est arrivé sur le marché : le lanceur Falcon de l’entreprise privée américaine SpaceX. Il a cassé les prix de lancement de près de 30 %. Il menace ainsi sérieusement le rôle de leader d’Ariane 5.

Et puis il y a aussi le rival russe, Proton. Sans compter la concurrence asiatique : les Japonais, avec Mitsubishi, connu pour son lanceur H2A et les ambitions spatiales indiennes, stimulées par une première mission sur Mars réussie en septembre.

Et si l’actuelle fusée Ariane 5 est considérée comme la plus fiable du marché, la filière du spatial est en perte de vitesse en Europe. Les lanceurs européens sont payés en euros, alors que les prestations sont elles réglées en dollars, il en résulte un déséquilibre qui nécessite chaque année une subvention européenne de plusieurs centaines de millions d’euros.

Ariane 6, un projet de près de 4 milliards d’euros
 
Le bouclage financier a été difficile en ces temps de crise. Il a fallu convaincre tous les autres pays membres de l’Agence spatiale européenne, et surtout les Allemands obsédés par la nécessité de faire des économies en ces temps de crise. Les Allemands préféraient en effet construire une version améliorée d’Ariane 5, qui devait remplir les missions institutionnelles et commerciales avec le même lanceur.

La France optait, elle, pour une nouvelle fusée Ariane, construite en deux versions : un lanceur pour les missions publiques et un autre pour les missions privées, comme l’envoi de satellites. Les négociations ont duré deux ans. C’est finalement l’option française qui a été retenue.

Le montant du budget semble faire l’unanimité. La France et l'Allemagne assurent à elles deux la moitié du financement du programme, la France ayant la part la plus importante. Pour simplifier le projet, la filière sera réorganisée : le constructeur aéronautique Airbus et le motoriste Safran vont créer une coentreprise. Le but est de créer un nouveau géant du secteur, qui aura la maîtrise de l’ensemble de la chaîne avec comme objectif une réduction des coûts.

Avec une concurrence de plus en plus rude, comment Ariane compte rester compétitive sur le marché mondial ?

Avec un coût de 90 millions d’euros pour le lancement de deux satellites à la fois, Ariane 6 restera concurrentielle. Pour mémoire, le Falcon de l'Américain SpaceX envoie un satellite à la fois, pour un coût de 50 millions d'euros. Plus simple d’un point de vue technologique, et plus légère qu’Ariane 5, la nouvelle fusée est tout à fait capable de capter le marché florissant des satellites commerciaux.

Mais pour que le projet reste rentable, elle doit effectuer 15 missions par an. Les Etats membres de l’Agence spatiale européenne se sont déjà engagés à l’utiliser pour la mise sur orbite de leurs satellites institutionnels, 5 missions par an sont donc d’ores et déjà assurées.

 

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