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Revue de presse Afrique

A la Une: l’hommage du Burkina à ses martyrs

Audio 04:28
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Martyrs, reposez en paix ! », s’exclame en première page le quotidien Aujourd’hui. « Un mois après l’insurrection populaire qui a sonné le glas du pouvoir de la IVe République, le Burkina Faso a rendu un hommage appuyé aux 24 victimes des journées des 30 et 31 octobre 2014. C’était à la place de la Révolution, hier mardi 2 décembre, devant les autorités de la transition, des représentants des missions diplomatiques, des responsables de partis politiques et de plusieurs milliers de personnes venues rendre un dernier hommage aux vaillants soldats de la démocratie, tombés sur le champ d’honneur. »

Pour Le Pays, autre quotidien burkinabè, il faut maintenant que la justice se mette au travail… « L’hommage rendu aux martyrs aurait un goût d’inachevé s’il devait se limiter à un cérémonial au cours duquel des discours pathétiques et autres tirades devaient être servis aux Burkinabè, pour simplement leur signifier que ceux qui sont tombés, les 30 et 31 octobre derniers, méritent la reconnaissance de la nation. Que grâce à leur martyre, plus rien ne sera comme avant, qu’ils doivent désormais, pour cela, prendre place au panthéon des héros nationaux, etc. Tout cela est bien, mais leur rendre justice ne l’est pas moins, affirme Le Pays. Cela passe forcément par l’identification de ceux qui ont donné l’ordre d’ouvrir le feu sur des Burkinabè qui, les mains nues et légitimement, manifestaient contre les dérives autocratiques et anti-démocratiques de Blaise Compaoré. […] Plus qu’une obligation politique, c’est un devoir moral. »

Extradition ?

Pour bon nombre de burkinabè et d’observateurs, le premier responsable est l’ancien président… Et « s’il y a, par ces temps qui courent, un sujet qui semble passionner les Burkinabè, c’est bien celui d’une éventuelle extradition de l’ex-président Blaise Compaoré, présentement réfugié au Maroc, relèveL’Observateur Paalga. Cela d’autant plus qu’en l’espace d’une semaine, les deux têtes de l’exécutif de Transition, à savoir le président Michel Kafando et le Premier ministre Yacouba Isaac Zida, auront tour à tour abordé la question. »

Toutefois, cette extradition de l’ex-président ne se fera sans doute pas dans l’immédiat, pointe encore L’Observateur Paalga. En effet, « la priorité des priorités reste aujourd’hui le retour à une vie constitutionnelle normale, estime le quotidien ouagalais ; autrement dit l’organisation d’élections libres, transparentes et équitables, à commencer par la présidentielle et ce, dans les délais prescrits par la Charte. »

Or, les autorités de transition ne disposent que d’un an… et les dossiers sont nombreux. « Qu’il s’agisse de la lutte contre la corruption, de nationalisations d’entreprises ou de la loi sur le délit d’apparence, beaucoup de promesses ont été faites qui touchent vraiment aux aspirations légitimes des Burkinabè épris de justice sociale et de justice tout court. C’est bien beau tout ça, soupire L’Observateur Paalga, mais quand on sait qu’il faut abattre un tel travail en seulement 12 mois, on se demande comment exécuter tant de chantiers sans tomber dans le piège béant de la démagogie ou de la déception des promesses non tenues à l’heure du bilan. »

Mésentente ?

Qui plus est, d’après le site d’information Guinée Conakry Infos, les deux têtes de l’exécutif burkinabè seraient en désaccord sur cette brûlante question de l’extradition de Compaoré… « Isaac Zida, le chef du gouvernement, faisant tout à la fois dans le populisme et l’excès de zèle, se dit prêt à traduire en justice son ex-mentor, Blaise Compaoré. Michel Kafando, le président de la transition, lui, débarrassé des utopies des premières heures, n’en ferait plus une priorité. »
 
En effet, précise le site guinéen, « tandis que dernièrement, le colonel Zida avait indiqué face à la presse qu’il n’hésiterait pas à demander l’extradition de Blaise Compaoré, Michel Kafando a confié que ce n’était pas là la priorité de la mission qui lui a été assignée. Cette communication contradictoire est le reflet d’une cacophonie au plus haut sommet de l’Etat. Ce qui, au regard du caractère particulièrement sensible du contexte, n’a rien de rassurant. Surtout si ce fossé devait continuer à s’élargir. […] Cette cacophonie, plutôt précoce, conclut Guinée Conakry Infos, a donc de quoi inquiéter. »

Contre les rancœurs !

Enfin, retour à Ouaga avec le quotidien Sidwaya qui lance cet appel à l’unité : « à présent, l’heure est au “nettoyage”, mais ne tombons pas dans une “chasse aux sorcières”. Tous ceux qui étaient dans le camp des vaincus n’étaient pas assurément mauvais ou ne soutenaient pas forcément le projet de révision constitutionnelle. Accordons aux vaincus le droit à la vie et à la liberté de penser. […] Le peuple voulait l’alternance, la démocratie, un plus juste partage des richesses et une égalité de chances au “Pays des hommes intègres”. Cela est en train de voir jour. Elevons-nous contre les rancœurs, s’exclame Sidwaya. Que les partis politiques animent la vie politique ; que la société civile joue son rôle de contre-pouvoir et que les nouvelles autorités posent véritablement les fondements de la bonne gouvernance comme promis. »

 

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