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Revue de presse française

A la Une: pan sur Lepaon !

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AFP

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Les jours de Thierry Lepaon à la tête de la CGT sont comptés, s’il faut en croire Libération ce matin. Il est vrai que cela commence à faire beaucoup. En effet, après l’affaire de la coûteuse rénovation de son appartement de fonction, puis de son bureau, voilà que le secrétaire général de la CGT a reçu une grosse prime, on parle de 100 000 euros, avant d’occuper ses fonctions nationales. Information révélée par L’Express, lundi.
Alors désormais, relève Libération, « Thierry Lepaon est de plus en plus contesté en interne. (…) Au niveau national, il a quasiment tout le bureau confédéral contre lui. Même ceux qui le soutenaient jusqu’ici l’ont lâché, explique un de ses membres. Bref, de l’avis de nombreux dirigeants, la question n’est plus de savoir s’il va partir - un an et demi seulement après son arrivée à la tête de l’organisation - mais quand. »

Commentaire plutôt indulgent de Libération : cette affaire « jette une lumière crue sur les dérives auxquelles sont exposées toutes les organisations, aussi sourcilleuses soient-elles envers les tentations de l’argent. La professionnalisation du militantisme transforme les responsables du mouvement ouvrier en personnalités nationales qui fréquentent les puissants du pays. Par simple osmose, celui qui négocie avec des ministres ou des PDG peut se dire qu’il doit tenir son rang, et donc qu’il est éligible à certains avantages. Ainsi, conclut Libération, contrairement à ce qu’on pense souvent à la CGT, les méfaits de l’argent ne sont pas seulement nés de la perversité du système capitaliste. Ils ont aussi à voir avec la simple nature humaine. Les syndicats n’y échappent pas. »

Le Figaro, pour sa part, s’énerve… « Haro sur Gattaz et silence sur Lepaon », dénonce le quotidien d’opposition. En effet, précise-t-il, « que n’entend-on ces jours-ci sur les patrons, ces malotrus, ces ingrats, qui osent manifester leur mécontentement ! Agrippé à son pacte de responsabilité et soucieux de resserrer les rangs à gauche, le gouvernement n’a pas de mots assez durs pour dénoncer ces traîtres à la patrie, dont le seul crime est en réalité de ne pas se laisser embarquer dans un pacte de dupes. (…) Haro sur les patrons, donc, et rien sur la CGT, déplore Le Figaro, dont les turpitudes s’étalent tous les jours à la une de l’actualité. Son patron, Thierry Lepaon, prend ses aises avec les deniers du syndicat ? Pas un mot. La CGT coule la SNCM, saborde l’usine Goodyear d’Amiens ? Pas un mot non plus. (…) Entre des chefs d’entreprise qui se battent pour la compétitivité, la croissance, l’emploi, et un syndicalisme des cavernes, fondé sur la lutte des classes, conclut Le Figaro, la gauche française penche toujours du même côté. »

La tension monte entre le gouvernement et le patronat

Voilà qui nous amène à l’autre grand sujet du jour : le bras de fer entre le gouvernement et le Medef. Les deux parties sont « au bord de la rupture », s’exclame Le Monde en première page. « Qu’ils semblent lointains, les mots doux que Manuel Valls susurrait à l’oreille des patrons. Moi, j’aime l’entreprise !, lançait le premier ministre en août dernier. La tonalité, depuis, a bien changé. Avant-hier, à l’Assemblée nationale, Manuel Valls a fustigé les provocations des dirigeants patronaux engagés depuis la veille dans un mouvement de protestation contre l’accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions. »

« C’est une curieuse malédiction française, relève L’Opinion, que cette relation de méfiance ou pire, d’hostilité, entre le monde de la production et l’univers de la politique. Ça ne date évidemment pas d’hier. Mais rarement la tension a été aussi forte entre un gouvernement qui attend des patrons une contrepartie aux milliards d’euros qui se déverseraient sur les entreprises, et le patronat qui attend du pouvoir que les discours se traduisent en actes et que la majorité cesse de se servir de lui comme d’un punching-ball politique. »

De toutes façons, pointe L’Humanité, le fameux pacte de responsabilité passé entre le gouvernement et le patronat était voué à l’échec : « la démarche du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi repose sur une illusion grotesque et sur un mensonge éhonté : il suffirait d’offrir des dizaines de milliards aux entreprises pour que l’investissement et l’emploi repartent. Rien n’est plus faux, affirme le quotidien communiste. (…) Diable, s’exclame-t-il, mais qu’aurait-il fallu attendre du Medef ? Un respect de la parole donnée ? Un vrai pacte ? Et une sincère responsabilité ? Le croire (ou le faire croire) relève, conclut L’Humanité, d’une complicité coupable. Une de plus. »

Ouest-France tente la synthèse : « le gouvernement se doit d’entendre l’exaspération du patronat quand ce dernier gagnerait toutefois à ne pas en rajouter. Au risque de fâcher les partenaires réformistes attachés, au nom de la justice sociale, au compte pénibilité : la vraie pomme de discorde du moment, plus difficile à avaler dans la forme que sur le fond. Pressé par sa base, Pierre Gattaz, président du Medef jugé en haut lieu imprévisible, n’en veut surtout pas. Le gouvernement a dit qu’il ne reviendrait pas en arrière. »
Et Ouest-France de conclure : « la réforme doit passer par le compromis. Et la confiance mutuelle. Serait-ce trop demander ? »

363 615 euros…

Dans les journaux également, le chèque de Nicolas Sarkozy… Un chèque de 363 615 euros à l’ordre du trésorier de l’UMP. L’ancien président a donc remboursé les pénalités, payées par le parti, qui lui avaient été infligées en raison du rejet de ses comptes de campagne en 2012.
« Le Sarkothon, rappelle La Croix, avait permis de rembourser les 10 millions d’euros de dépassements, mais beaucoup jugeaient que l’amende devait être réglée par Nicolas Sarkozy lui-même (l’information judiciaire étant toujours en cours). Sans doute, relève le quotidien catholique, le nouveau patron de l’UMP se sentait-il en dette à l'égard des militants ; il a jugé que rembourser lui permettrait de s’enrichir de soutiens supplémentaires et d’un peu plus de confiance. La sagesse populaire a des vertus. »

En fait, précise Sud-Ouest, « moins bien élu que prévu, Sarkozy a besoin de rassembler pour vraiment s’imposer. Il embrasse aujourd’hui ses rivaux pour mieux les étouffer demain. Quant au chèque, il lui enlève une épine du pied, du moins l’espère-t-il. Car l’action judiciaire n’est pas éteinte pour autant, et le nouveau président de l’UMP reconnaît ainsi qu’il y avait un problème. Une affaire de moins peut-être, conclut Sud-Ouest, mais l’ancien chef de l’État n’en a pas encore fini avec le dossier Bygmalion, notamment. »
En tout cas, relève le Courrier Picard, « l’homme de la rue, lui, notera que la politique ne crée pas d’enrichissement personnel - les conférences périphériques peut-être - mais peut contraindre des gens à signer un chèque de 363 615 euros. Il faut donc les avoir. »

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