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Revue de presse française

A la Une: Sangaris, et après ?

Audio 06:29
AFP
Par : François-Xavier Freland

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« Sangaris : un bilan en demi-teinte où le pire, toutefois, a été évité », estime Le Figaro. Le 5 décembre 2013, lorsque la force militaire française « Sangaris », mandatée le jour même par l’ONU, intervient en urgence en RCA, le pays était en train de glisser vers le chaos, rappelle le journal. La spirale des violences intercommunautaires était en marche.
Depuis, le retour à une certaine forme - précaire - de stabilité s’est fait au prix d’une partition de facto du pays, regrette Le Figaro. « Il n’y a pas une Centrafrique, lit-on plus loin mais des Centrafrique ».

Et « Voilà la Centrafrique, indique le lieutenant Fouda, dans Libération. Un officier camerounais à l’allure débonnaire désigne ainsi le paysage vert émeraude qui s’élève en pente douce juste en face d’une petite rivière aux eaux opaques ». Ici, un simple cordon et une mini barge relient, d’une rive à l’autre, le Cameroun et la Centrafrique, précise l'auteur de ce très beau reportage dans Libération signé Maria Malagardis. « On pourrait presque engager la conversation avec les deux hommes qui traînent ce jour-là sur la rive sablonneuse côté centrafricain, écrit-elle. L’un fume une cigarette avec une attitude de défiance, l’autre tient un fusil, le canon pointé vers le sable. Sauf qu’il y a 3 semaines, les anti-balaka, auraient utilisé la barge pour envoyer au Cameroun un colis un peu spécial : la tête décapitée d’un éleveur peul ». Voilà, l'ambiance en Centrafrique.

Le paysage semble marqué lui aussi par les affrontements interethniques. « les bulldozers ont éventré la forêt pour créer un vaste camp où vivent plus de 6 000 réfugiés, toujours hantés par l’horreur qu’ils ont subie. » Et on le voit ce paysage, marqué par ce conflit larvé dans cette sublime photo du camp de Gibty signée Frédéric Noy qui rappelle un peu celles d'Ernesto Salgado, vingt ans avant au Rwanda. On retrouve un grand homme qui marche tête baissée au milieu d'une plaine déboisée, avec au fond la forêt tropicale, et devant les tentes blanches des réfugiés, comme des petites cloques blanches sur la terre, comme une peau malade.

Antisémitisme

L'agression d'un couple d'origine juive à Créteil continue de susciter une émotion nationale. L'Humanité s'inquiète de ce geste antisémite. Dans ses pages, le secrétaire général de la Ligue des droits de l'homme, Jacques Montacié, dénonce l'horreur de la violence d'une telle agression et de ses motifs. « Certains profitent de la situation économique pour désigner des boucs émissaires », lit-on. Cela peut être les immigrés parce qu'ils prendraient les emplois des Français, ou les juifs parce qu'ils seraient les banquiers qui gouvernent le monde... on peut décliner tout ça à l'infini, dit le secrétaire général de la LDH dans l'Humanité avant d'ajouter : « Contre le racisme, surtout ne pas se taire ». Trois jours après le cambriolage d’un jeune couple et le viol de la jeune femme à Créteil, les habitants du quartier du Port se disaient hier encore très choqués. Dans Le Parisien, Monique, une habitante de Créteil depuis 36 ans, dit ceci : « J'envisage de quitter la France. D’ailleurs, il y a une grosse ' alya ', un départ vers Israël qui se prépare pour le mois de juillet ».

« J'ai tué Dieu »

Le Monde rend hommage à une comédienne et metteuse en scène espagnole en froid avec Dieu. « J'appartiens à l'Espagne noire », dit Angelica Liddell, pour faire référence à l'inquisition, dans son pays et toute la période de l'inquisition. Au 15 ème siècle, les catholiques espagnols brûlaient vifs, musulmans, protestants, juifs, réprimaient les actes qui s'écartaient d'une stricte orthodoxie le blasphème, la fornication, la bigamie, la pédérastie et combattaient la persistance des pratiques judaïsantes. Dans son spectacle,« You are my destiny », littéralement « Tu es mon destin », la comédienne joue les hérétiques, dénonce le viol des femmes, pour régler ses comptes avec les bourreaux masculins. Dans cette pièce de théâtre, très baroque, la comédienne joue une femme martyr obligée de s'offrir en sacrifice, en attendant l'ange rédempteur. Angelica Liddell a cette phrase terrible « Sans le mal, l'homme n'aurait pas de destin ».

Ca a l'air choquant et superbe à la fois, si l'on en croit la photo d'illustration, qui ressemble à une peinture surréaliste. Sur un fond rouge qui représente le sang, une femme entourée de reptiles et de crapauds, qui rappelle un peu le film de Buñuel, L'âge d'or, une madone s'asperge de bière à côté d'un ballon de foot, référence à la virilité moderne. La choquante Angelica Liddell est à peu près sûre de ne pas faire une tournée mondiale, elle qui s'écrie : « j'ai tué Dieu ».

Tous contre l'obscurantisme

La Croix revient pour sa part sur une importante conférence inter-religieuse qui a eu lieu au Caire pour dénoncer les exactions du groupe Etat islamique. Il y avait à la même table, pour discuter du terrorisme et du fondamentalisme, le grand Imam Ahmed Al Tayeb, représentant de l'islam sunnite, Monseigneur Paul Matar, archévêque maronite de Beyrouth, devant des dizaines de savants chiites, venus du Liban et d'Iran, des religieux venus de Turquie ou d'Arabie saoudite, des représentants des diverses églises chrétiennes. Tout ce beau monde a discuté et fermement critiqué les « crimes barbares » de l'organisation Etat islamique. « Les exactions qui n'ont rien à voir avec notre religion », s'est même exclamé l'imam Ahmed al Tayeb. Un autre spécialiste, Abdallah al Najar, professeur de charia et de droit à Al Azhar, a pour sa part précisé qu'il n'y avait pas « de terrorisme dans l'islam, juste une mauvaise interprétation des textes ». La Croix se réjouit de cette première réunion qualifiée de première initiative très positive selon le patriarche copte-catholique Ibrahim Sidrak. Une première durant laquelle un ouléma kurde, Abdulla Waisse, s'est insurgé contre le silence de nombreuses institutions religieuses musulmanes. Voilà, contre le racisme d'où qu'il vienne, surtout ne pas se taire.

La main de Dieu

Le Figaro Magazine revient sur l'exposition Maya au musée du quai Branly à Paris.
Cette civilisation oubliée, pendant des siècles et redécouverte grâce aux recherches des archéologues. Quatre cents pièces, masques, statuettes sont rassemblés à Paris... Il avait ainsi un dieu de la pluie, Chac, dieu du Maïs Yum Ka. Scrutateurs infatigables du ciel, astronomes géniaux, spéculateurs des événements à venir, les Mayas ont, semble-t-il, cessé de bâtir leurs immenses temples, parce que les astres ou leurs divinités leur avaient envoyé d'inquiétants auspices. A partir du VIIème siècle après Jésus Christ, pendant près de dix siècles, on oublia leur existence et même leur nom. La jungle, la forêt s'était refermée sur les merveilles de leur art. A tel point qu'en les retrouvant au XVIIIème siècle, les explorateurs qui tombaient nez à nez sur leurs constructions monumentales, cachées dans les lianes, se demandaient s'il ne s'agissait pas là, l'œuvre d'un géant, la main de Dieu. Il existe 90 sites mayas dispersés en Amérique latine, qui font pour certains 17 kilomètres carrés, avec des temples de 60 mètres de haut.

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