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Chronique des médias

Chine: rééducation audiovisuelle au pas du marché

Audio 02:42
Scarlett Johansson, interprète principale du dernier film de Luc Besson « Lucy ».
Scarlett Johansson, interprète principale du dernier film de Luc Besson « Lucy ». Jessica Forde/Europacorp-TF1 films production-Grive production

Le gouvernement chinois a décidé d’envoyer à la campagne, comme sous Mao, des cinéastes et des professionnels de la télévision pour les mettre au contact des masses.

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Ce n’est pas la Révolution culturelle, au sinistre bilan humain, mais ça y ressemble. De 1966 à 1976, Mao avait envoyé les intellectuels et les cadres du régime se faire rééduquer au contact des paysans. Le 2 décembre, l’agence Chine nouvelle a informé que l’administration générale en charge des médias prévoyait d’expédier tous les trimestres des personnels du cinéma et des séries télés à la campagne pour leur permettre de se régénérer en apprenant la réalité des masses. Depuis le scénariste jusqu’au metteur en scène, en passant par les animateurs radio ou les présentateurs télé, les professionnels seront tenus de passer trente jours dans des villages ou des zones frontalières de façon à être « stimulés dans leur art ».

Il s’agit là bien sûr d’une réaction idéologique du parti communiste chinois face à une évolution des productions artistiques dont le président Xi Jinping a dénoncé la  « vulgarité ». Le fait est qu’il existe en Chine un marché audiovisuel en pleine expansion et qui répond à des standards de plus en plus internationaux. On voit des accords se nouer avec des groupes américains dans la distribution avec l’éditeur de jeux vidéos Tercent qui aura l’exclusivité des séries et des films de HBO sur l’Internet chinois, ou encore dans la production avec la joint-venture qui unit Dreamworks à des sociétés chinoises pour le film Kung Fu Panda 3. Même les parcs à thèmes qui verront le jour, à partir de 2015 à Shangaï, puis à Pékin seront l’œuvre de Disney pour l’un et d’Universal pour l’autre.

Depuis septembre, toute importation d’une production étrangère sur la toile doit être validée par un visa de censure. Mais Hollywood a compris que la Chine vaut bien des concessions. La Warner a par exemple supprimé quarante minutes de son film Cloud Atlas pour passer le filtre de la censure chinoise. D’autres majors, plus subtiles, cherchent surtout à plaire aux autorités en localisant davantage leur film dans le pays. Iron Man 3, le film de Disney sorti l’an dernier, a eu par exemple une version spécifique avec des acteurs et du placement de produits chinois, selon Les Echos. Quant à Red Dawn, film de la MGM de 2012, il a changé la nationalité du méchant qui n’est plus chinois mais… nord-coréen. Une idée qui n’a pas échappé à Luc Besson, le producteur français de Lucy, qui a tourné son film en partie à Taïwan et confié le rôle du chef mafieux à Choi Min-sik, un acteur coréen très connu en Chine. Résultat, grâce au deuxième marché du monde pour le cinéma, Lucy est devenu le plus gros succès jamais enregistré pour un film français à l’étranger. Sans même un gros cachet pour un acteur français !

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