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Revue de presse française

A la Une : la CGT en pleine tempête

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AFP

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Principal syndicat de salariés français, la Confédération générale du travail (CGT) est minée en profondeur par une crise incarnée par Thierry Lepaon, son secrétaire général, qui est « sur un siège éjectable », lance Le Parisien. Hier, il a eu « très chaud », empêtré qu’il est dans des affaires d’avantages en nature et de prime de mutation révélées par la presse et qui suscitent le scandale au sein de ce qui fut longtemps l’historique courroie de transmission du Parti communiste français dans le monde ouvrier.

Hier donc, le bureau confédéral de la CGT s’est réuni, et le syndicat a décidé de lui conserver sa confiance. Sauf que « quatre des dix participants à ce bureau ont réclamé la tête du secrétaire général », affirme une source anonyme dans Le Parisien, et la réunion s’est déroulée dans une ambiance« délétère ».

Sur un siège éjectable Thierry Lepaon ? Ses jours sont « comptés », prédit également Le Républicain Lorrain.

« Faut-il sauver ou sacrifier le soldat Lepaon ? La question ne saurait se résumer ainsi, regrette L’Est Républicain, tant les enjeux sont plus subtils et les plaies béantes entre les différents camps retranchés de la confédération syndicale ».

Pour La République des Pyrénées, « il y a du Jean-François Copé dans Thierry Lepaon. Mais l'on pourrait invoquer bien d'autres de ces leaders discrédités dont tout indique qu'ils devraient démissionner pour délivrer leur organisation d'une présence qui lui nuit gravement, mais qui utilisent toutes les ressources des jeux d'appareil pour échapper à la sanction inéluctable ».

Coupable ou non d'avoir fauté, Thierry Lepaon est surtout « rattrapé par les symboles », explique Le Maine Libre.

Ces affaires, en tout cas, viennent jeter un peu plus de « désarroi »dans une organisation qui connaît déjà de nombreuses difficultés, soupire La Voix du Nord.

« Mais qui peut croire que son éviction permettrait à elle seule de restaurer le crédit déjà gravement entamé d'une CGT sans boussole », prévient La Charente Libre.

PS : Valls hésitation

A gauche encore, les états-généraux du Parti socialiste s’achèvent aujourd’hui, dans un climat morose. Le PS est-il trop à droite, pas assez à droite ? La mutation vers le social-libéralisme satisfait-elle ses militants, tout comme la figure du Premier ministre, qui incarne peu ou prou cette mutation ?

Le Figaro publie un sondage OpinionWay qui indique que le Premier ministre Manuel Valls est la personnalité incarnant le mieux « l'avenir » du PS pour 40% de ses sympathisants et, signalons-le au passage, pour 23% des Français.

Sondage également dans Le Parisien, de l’institut Odoxa celui-ci, qui indique que, pour 41% des sondés, le Parti socialiste n'est « pas assez à gauche », contre 25% seulement qui le trouvent« trop à gauche ». Cette enquête nous instruit aussi sur le fait que, pour 37 % des sympathisants socialistes, Manuel Valls devrait représenter le PS à la présidentielle de 2017, contre 31 % qui lui préfèreraient Martine Aubry, et 7 % seulement François Hollande.

Kazakhstan : vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Le président français vient d’achever sa visite au Kazakhstan. A Astana, François Hollande s’est semble-t-il montré moins regardant sur les droits de l’homme qu’à Dakar la semaine dernière. Et Le Figaro le souligne. Car au Kazakhstan, François Hollande a trouvé « l’eldorado d’Asie centrale », formule le quotidien !

Résultat : « Oublié le discours (de) Dakar », lance Le Figaro, en référence au tout récent sommet de la Francophonie, où François Hollande, rappelons-le, appelait les chefs d’État africains à ne pas tenter de se maintenir au pouvoir à tout prix.
Au Kazakhstan pourtant, souligne le journal, le président Nazarbaïev règne sans partage depuis l’indépendance du pays (c’était il y a vingt-trois ans tout de même). Et cet homme de fer « s’est forgé une solide réputation d’autocrate jusque dans les rangs du gouvernement. Son pays est régulièrement dénoncé pour ses violations répétées des droits de l’homme », rappelle Le Figaro.

Centrafrique : les racines du mal

Premier anniversaire de l’intervention militaire française Sangaris en Centrafrique. L’occasion pour La Croix d’en dresser à son tour un bilan « contrasté ». Pour le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées françaises, qui s’exprime dans les colonnes de ce journal, la mission a été remplie. Car il s’agissait de restaurer une « sécurité minimale » en Centrafrique, dit-il au quotidien catholique, c'est-à-dire « enrayer la spirale des exactions (et) favoriser le retour des humanitaires », étant précisé que trois soldats de Sangaris sont morts et une centaine d'autres, blessés.

La Croix propose aussi les regards croisés d’universitaires, professeurs, juristes, économistes et autres écrivains centrafricains sur cette violence « qui vient de loin ».

Regard de l’écrivain Cyriaque Yavoucko, qui remarque qu’après la décolonisation, la France a « infantilisé » la classe politique : quiconque voulait se faire élire devait se faire « adouber par Paris ». Regard du directeur du département d’histoire de l’Université de Bangui, Dieudonné Kpamo, qui enchérit en affirmant que « Paris n’a jamais renoncé à donner ou retirer le pouvoir depuis l’indépendance ».

Le passé colonial en accusation ? Pas seulement. Ainsi ce regard de l’anthropologue Valérie-Blandine Tanga, qui fustige la mal-gouvernance. Depuis la chute de Bokassa, les « médiocres » se sont succédé à la tête de l’État, dit-elle à La Croix.

« Depuis 1960, nous avons subi 11 coups d’État et 6 mutineries », rappelle l’imam Youssouf Namguina.

« Des coups d’État reconnus par la communauté internationale. C’est devenu le mode habituel par lequel les politiques accèdent aux responsabilité », enchérit dans ce dossier l’ancien maire de Bangui Yalanga Nazaire.

« Le nouveau leader amnistie les bourreaux », soupire à son tour le sociologue Zifran Mamba dans les colonnes du quotidien catholique.

Et l’avocat Timoléon Kokongo dresse ce constat : « Nos palais de la justice sont des palais de l’injustice ».

Dans la bouche du juriste Albert Panda, les mots sont encore plus durs. « Ici, la pratique du pouvoir évoque la chasse : une fois le gibier tué, on le dépèce et on le partage entre les siens », dit-il au quotidien La Croix, dans lequel ces intellectuels voient dans la violence en Centrafrique comme un effet de l’ethnicisation de la société : la religion comme « marqueur identitaire ». Comme quoi, la Centrafrique n’est pas la seule.

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