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Revue de presse Afrique

A la Une: encore un massacre dans le nord-est de la RDC

Audio 04:27
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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La presse congolaise exprime toute son exaspération ce matin avec ce dessin publié par le quotidien Le Potentiel. On y voit deux soldats tremblants de peur et suant à grosses gouttes, l’un des FARDC, l’autre de la Monusco. Le premier berdouille : « Je… j’ai rien vu ! » Et l’autre : « Moi, je n’ai rien entendu ! » Et en arrière-plan, un paysan congolais qui fulmine : « Qui nous a donc envoyé des aveugles et des sourds pour mater des fauves ? »

Commentaire du Potentiel : « La série noire continue. Week-end sanglant dans le territoire de Beni. 32 paisibles Congolais [37 selon le dernier bilan de RFI] sont massacrés à la machette par des assaillants toujours en cavale. Dans un silence assourdissant. Les FARDC et les casques bleus ont débarqué sur les lieux de la tragédie juste pour établir le bilan macabre. Et pourtant, déplore le quotidien congolais, les tueries d’Erengeti, d’Oicha, de Masulu Kuende près de Mavivi suffisaient pour anticiper et arrêter ces massacres d’une autre époque. Pour ne l’avoir pas fait, le gouvernement et la Monusco passent pour des coupables. »

Cette nouvelle tuerie est attribuée à des Ougandais, les rebelles musulmans des FAD, les Forces démocratiques alliées, opposés au président Museveni. Une nouvelle tuerie « qui porte à plus de 250, soupire le site d’information Kongo Times, le nombre de personnes tuées dans des circonstances similaires dans le territoire et la ville de Beni, dans le Nord de la province du Nord-Kivu, depuis le début du mois d’octobre. […] Ces massacres ont plongé la région dans un émoi infernal au point où la population n’a pas tardé à réagir en organisant des manifestations dénonçant la passivité de la MONUSCO et des forces de l’ordre congolaises, estimant que la population était laissée à la merci des groupes rebelles. »

Et pourtant, rappelle Kongo Times, « des drones de la Monusco sont entrés en action dans le territoire de Beni, mercredi dernier. » Des drones « qui aurait permis, selon le président de la Société civile du Nord-Kivu, d’identifier et de localiser la base des rebelles ougandais des ADF. Par conséquent, depuis mercredi, annonce le site, les FARDC auraient lancé des opérations contre cette base. Il y aurait plusieurs morts dans le camp des rebelles ougandais. » Alors s’agit-il d’une opération de représailles de la part des rebelles ? Rien ne le certifie pour le moment.

A chaque fois, une petite rébellion…

En tout cas, la Monusco est montrée du doigt et pas seulement en RDC. Les médias ouest-africains se penchent également sur le problème, notamment le site d’information Guinée Conakry Infos : « le plus préoccupant, affirme-t-il, c’est l’absence de toute perspective de solution. D’une part, la région au sous-sol très riche, suscite la convoitise de nombreux groupuscules mafieux et criminels. De l’autre, devant l’impuissance de l’Etat congolais à assumer ses responsabilités, dont celle de garantir la sécurité à tous ses citoyens, la Monusco ne se révèle pas être tout à fait l’alternative que l’on souhaitait. Plus gros déploiement de casques bleus dans le monde, la Mission des Nations unies en RDC n’a jamais été en mesure d’enrayer véritablement le cycle ininterrompu de violences auquel ce pays est soumis depuis la chute du dictateur Mobutu. Certes, il y a eu des opérations coup-de-poing ayant marqué l’opinion, mais la dynamique n’a jamais été durable. A chaque fois, relève Guinée Conakry Infos, une petite rébellion a réussi à surgir de quelque part pour mener de nouvelles attaques et embraser la région. C’est à croire qu’il y a toujours eu des enjeux autres que celui de la restauration de la quiétude et de la sécurisation des personnes. Car le relief accidenté et le climat hostile de la région ne peuvent pas, à eux seuls, justifier que de simples rebelles, venus de l’Ouganda et du Rwanda, puissent malmener impunément des soldats aussi équipés et entrainés que ceux de la Monusco. »

Justement, vendredi dernier, une matinée de réflexion était organisée à Kinshasa sur les 15 ans de présence de la mission onusienne en territoire congolais. Le site de Radio Okapi s’en fait l’écho : « un bilan controversé, affirme-t-il. Certains participants ont regretté que des résolutions votées par le conseil de sécurité de l’Onu ne soient pas respectées. D’autres, par contre, ont loué les efforts fournis par la Monusco. »
C’est dans ce contexte sécuritaire fragile que le président Kabila doit prononcer un discours sur l’état de la Nation ce lundi. C’est ce que relève le site Afrikarabia : « l’armée congolaise semble toujours inefficace dans cette zone et incapable d’assurer la sécurité des populations (la Monusco, présente également dans la zone, non plus). Que compte faire Joseph Kabila ? »

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