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Revue de presse française

A la Une: Valls hollandisé

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AFP

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« Valls hollandisé » : c’est l’expression utilisée ce matin par Le Figaro ou encore La Montagne après la prestation télévisée du Premier ministre hier soir. En effet, explique La Montagne, « si François Hollande n’a pas changé de Premier ministre, il a changé LE premier ministre. Il l’a, si vous voulez, hollandisé. Car si le fier et ombrageux Catalan n’a pas véritablement modifié son discours, il a tout de même baissé d’un ton. L’impétueux Premier ministre qui secouait un parti socialiste moribond et passéiste, s’est mué en chantre du rassemblement, capable de compromis en abandonnant ses postures guerrières. »

Alors pourquoi ce changement d’attitude ? Réponse du Figaro : « Manuel Valls a probablement lui-même compris que la réalité politique ne lui offrait pas d’autre choix que de faire profil bas. S’il souhaite gauchir sa politique, Bruxelles et Berlin redoubleront de critiques à son endroit. S’il pousse vraiment les feux de la réforme, tout ce que la gauche compte de frondeurs finira de le clouer au pilori. Dès lors, que dire et que faire ? François Hollande a la réponse : pas grand chose. Il aura suffi de neuf mois à Matignon pour que Manuel Valls admette cette pénible vérité, estime encore Le Figaro. Le premier ministre l’a assuré hier soir, il entend rester jusqu’à la fin du quinquennat. À voir son visage, à entendre ses mots, on peut d’ores et déjà redouter l’enlisement total. Si Manuel Valls refrène les quelques rares élans réformateurs qu’il porte en lui, prévient le quotidien d’opposition, la France continuera de perdre du temps et de s’enfoncer. »

D’autant que les récents états généraux du PS ont accouché d’une souris, déplore L’Opinion, autre quotidien d’opposition : « En deux ans et demi d’exercice du pouvoir, on aurait pu supposer que le parti socialiste ait appris quelques leçons de réalisme et de modestie. Chômage record, déficits incontrôlés, croissance hors d’atteinte… Le bilan est déplorable, soupire L’Opinion, et la charte adoptée n’annonce qu’un coup de barre à gauche pour les mois qui viennent. Les Etats généraux auraient pu donner au PS la possibilité, 55 ans après le SPD allemand, de faire son Bad-Godesberg. Ce fut une occasion manquée. Une de plus. »

Résultat, pronostique Ouest France, « dans les mois à venir, il va être question de réduction des inégalités, de pouvoir d’achat. Avec le risque que ce soient les classes moyennes qui paient. On ne touchera pas au SMIC, aux 35 heures, à l’ISF. Avec le risque d’entretenir les rigidités qui agacent le patronat ou Angela Merkel. En attendant de savoir qui, de lui-même ou du président, sera le plus convaincant pour réunir la famille, Manuel Valls reste loyal. Il sait que, démissionnaire, il se retrouverait seul et sans parti, avec l’image d’un déserteur qui n’est pas celle qu’il cultive. Convaincu par l’efficacité à terme du pacte de compétitivité, il considère que la durée reste sa meilleure arme. »

D’autant que « Manuel Valls se rassure, relève Le Télégramme, quand il lit le sondage publié samedi par l’Express : 37 % des sympathisants socialistes voient en lui leur meilleur candidat pour 2017 ! Contre 31 % pour Martine Aubry. Et 7 % pour François Hollande. »

Hollande candidat ?

Pour autant, le président n’a pas dit son dernier mot… En effet, relève Libération, « malgré la défiance des électeurs de gauche, François Hollande envisage toujours de se représenter, et de gagner, en 2017. Et le fait savoir. »

Commentaire de Libé : « Hollande, sous son apparence bonhomme, est un opiniâtre, un résilient, un acharné, qui croit aux coups de théâtre, aux retournements de situation, aux événements imprévisibles, lui qui ralliait 6% d’opinions favorables au départ de la présidentielle de 2012, pour terminer à 51%. […] Encore faut-il montrer un chemin, pointe le journal. Déçu par l’absence de résultats, désorienté par Valls, pris à revers par Macron, l’électorat progressiste a perdu le nord. Et redoutant de se perdre un peu plus, il restera chez lui au moment de voter, scellant le sort de ses représentants. C’est à lui qu’il faut parler, estime Libération, en montrant, si c’est possible, que le cours actuel, si déconcertant, vise tout de même à améliorer le sort des défavorisés. En décidant, surtout, que les concessions faites au marché seront compensées par de nouveaux droits, des avancées en faveur de l’égalité. Hors de cette inflexion, point de salut. »

Charge électoraliste ?

Et pendant ce temps, Angela Merkel hausse le ton contre la France… Dans une interview hier au quotidien allemand Die Welt, la chancelière a clairement déploré la lenteur des réformes menées en France.

Un ton cassant qui agace certains journaux. « La charge d’Angela Merkel s’apparente à un faux pas, s’exclament Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Pourquoi cette soudaine véhémence de la part d’une chancelière réputée prudente ? À cause du congrès de la CDU, demain et mercredi, où elle sera de toute façon réélue à la présidence du parti avec un score soviétique. Pour caresser une base militante que la politique de la grande coalition commence à échauder. Par exemple, la retraite à 63 ans pour les carrières longues ou le salaire horaire minimum de 8€50 qui fait hurler la clientèle chrétienne-démocrate des artisans et des agriculteurs. »

« Les propos de la chancelière sentent le soufre, renchérit Le Journal de la Haute-Marne. Les relations franco-allemandes ne se réduisent pas aux équilibres économiques. Quand un dirigeant allemand nous fait la leçon, elle nous rappelle, peu ou prou, des discours qu’on ne veut plus entendre de notre puissant voisin. Elle ravive tout de suite l’anti-germanisme rampant qui subsiste dans la société française. Et elle fournit indirectement des arguments à tous les adversaires de la construction européenne qu’ils ne cessent de présenter comme un instrument de la domination allemande. »

Et ailleurs qu’à Paris ?

Beaucoup de commentaires également ce matin dans les journaux après l’annonce par la maire de Paris, Anne Hidalgo, d’en finir avec les voitures diesel trop polluantes… « Voilà une initiative louable, relève Paris Normandie, lorsque l’on sait que les Parisiens deviennent tous des fumeurs passifs à chaque gros pic de pollution. Mais derrière le Paris écologique de l’élue socialiste se cache une réalité : une économie atone, un tourisme malade, des artisans pris à la gorge, des commerçants au pied du mur et des particuliers inquiets. »

« Si le diesel s’avère si dangereux, la logique voudrait qu’il soit interdit sur tout le territoire, relève pour sa part L’Alsace. Mais voilà, c’est le carburant favori des Français. Il faudrait donc renouveler la majorité du parc automobile pour se mettre aux normes écologistes. C’est indispensable pour sauver les petits Parisiens et tous les autres. Interdire le diesel à Paris, c’est bien, mais que faire avec les pollueurs de banlieue ? »

Plus de PV pour les vélos…

Enfin, dans le même temps, les cyclistes vont être mis à l’amende… C’est Le Parisien qui l’annonce : « alors que la mortalité à vélo a augmenté de 6 % cette année, le Conseil national de la sécurité routière, réuni aujourd’hui à l’Assemblée nationale, va recommander d’étendre aux agglomérations le principe d’amendes minorées adaptées aux cyclistes. »

Finalement, c’est « la rançon du succès », estime Le Parisien. « Depuis des années, les cyclistes se battent pour se faire une place dans la ville. Un combat légitime qu’ils sont en passe de gagner dans plusieurs grandes agglomérations, Paris en tête, avec l'avènement du vélo en libre-service et la multiplication de voies dédiées. Mais l’obtention de ces nouveaux droits implique aussi quelques devoirs. Et le premier d’entre eux est de respecter les règles de circulation. »

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