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Aujourd'hui l'économie

L’inégalité tue la croissance dénonce l’OCDE

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Selon l’OCDE, les inégalités sociales nuisent à la croissance économique.
Selon l’OCDE, les inégalités sociales nuisent à la croissance économique. Oxfam

En trente ans, les inégalités ont explosé, constate l'OCDE. Dans un nouveau rapport consacré au grand écart des revenus, le club des pays riches dénonce un phénomène qui s'avère néfaste pour la croissance.

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L'écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres était de 1 à 7 dans les années 1980 ; il est de 9,5 aujourd'hui. Même si les revenus des plus mal lotis ont augmenté, il y a bien dans les 34 pays développés membres de l'OCDE un fossé grandissant entre les nantis et les laissés-pour-compte de la croissance.

Les disparités progressent dans près de la moitié des pays membres. C'est manifeste aux Etats-Unis, au Mexique, des pays où le phénomène est connu et bien décrit depuis longtemps, mais aussi en Nouvelle-Zélande, en Israël, et plus étonnant encore, en Suède et en Finlande, des Etats pourtant dotés de systèmes de redistribution performants.

Le FMI, dans une étude sur les inégalités publiée au printemps, concluait que l'austérité avait exacerbé les différences. L'OCDE, elle, se place sur le long terme et met en évidence le lien de cause à effet entre le grand écart des revenus et l'évolution du Produit intérieur brut. Quand les inégalités progressent, la croissance en pâtit.

Le Mexique et la Nouvelle Zélande ont perdu 10 points de croissance en 30 ans, à cause de l'approfondissement des inégalités

Le Royaume Uni, la Finlande et la Norvège ont ainsi perdu 9 points de croissance potentielle. Les Etats-Unis, l'Italie et la Suède entre 6 et 7 points. En revanche, dans les pays plus égalitaires comme la France, l'Espagne et l'Irlande, le Produit intérieur brut a augmenté sans entraves jusqu'en 2008, la crise a ensuite rogné sur les budgets publics de l'Espagne et de l'Irlande.

D'après les chercheurs de l'OCDE, c'est l'érosion du pouvoir d'achat des 40 % les plus pauvres qui nuit à la croissance. Ceux qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts parce que leurs salaires sont bas, parce qu'ils progressent moins vite que l'inflation. Leur priorité étant l'alimentation, le logement, ils ont tendance à rogner sur le poste de l'éducation.

Moins bien formés, leurs enfants ont plus de mal à gravir l'échelle sociale. Les inégalités accrues font baisser le niveau d'éducation et par extension pénalisent l'économie qui ne trouve plus la main d'oeuvre compétente pour les nouveaux besoins.

Quelles conséquences en tire l'OCDE ?

D'abord, que les dépenses sociales sont utiles, ensuite qu'il serait bienvenu d'augmenter l'impôt sur les riches, en faisant le ménage dans les niches fiscales. Puis, que la redistribution doit cibler non pas les 10 % les plus en difficulté mais toute cette classe moyenne inférieure, qu'on appelle aussi les travailleurs pauvres. Enfin que les Etats doivent investir dans la formation.

C'est un rapport à lire de toute urgence en Europe. Dans les pays où les gouvernements ont revu à la baisse les prestations sociales sous la pression de l'austérité. Mais aussi dans ceux où l'idéologie les pousse dans cette voie. C'est le cas du Royaume-Uni où David Cameron est prompt à couper dans les dépenses sociales. Un comble alors qu'un million de Britanniques font désormais appel à des banques alimentaires. Leur fréquentation a été multipliée par 7 en deux ans, alors que la croissance est florissante, et le chômage au plus bas. 


EN BREF DANS L’ECONOMIE

Le groupe nippon Sony malmené à la Bourse de Tokyo suite à des attaques informatiques

Il y a eu d'abord la paralysie pendant deux heures du serveur qui gère les jeux video en ligne des consoles Sony. Et puis une cyberattaque signée des Guardians of Peace. Ces gardiens de la paix ont mis illégalement en ligne cinq films des studios Sony, volé des milliers de données personnelles des employés du groupe et ils exigent maintenant le retrait d'un film parodique sur le régime nord-coréen qui n'est même pas encore sorti. Des attaques qui mettent en évidence les failles de la sécurité informatique du groupe. Son action a perdu 4 % ce mardi à la Bourse de Tokyo.
 

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