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Revue de presse française

A la Une: l’Afrique…

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AFP

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L’Afrique dans la presse française ce matin, avec deux dossiers intéressants. « Comment la France combat le jihad au Sahel », reportage, analyse et commentaire du Figaro.

Et, double page dans Libération sur le Togo, où « la tension monte, estime le journal, dans un pays qui, inspiré par son voisin burkinabé, espère reprendre le pouvoir détenu depuis près d’un demi-siècle par le père puis le fils Gnassingbé. »

On commence par Le Figaro qui nous éclaire donc sur cette « longue guerre de la France contre les jihadistes au Sahel. » Et le fameux dispositif Barkhane : « un dispositif régional commandé de N’Djamena, et couvrant cinq pays, Mauritanie, Tchad, Mali, Niger, Burkina-Faso. Trois mille hommes et des moyens mutualisés sur un territoire grand comme près de dix fois la France, qui irait du Portugal à la Sibérie. Un casse-tête logistique sans précédent. Le plus vaste champ de bataille depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Un champ de bataille d’un genre très particulier, précise Le Figaro : « Le Sahel ressemble à ce que les stratèges militaires appellent un “champ de bataille vide”. Vingt-trois heures et cinquante-cinq minutes par jour, l’ennemi ne se montre pas. Mais pendant cinq minutes, il sort. “Et là, il faut être présent et ne pas le lâcher”, explique le général Ferlet, le commandant adjoint de l’opération Barkhane. D’où l’importance du renseignement. “Il faut tout connaître des modes de comportement de l’adversaire : comment il se déplace, où il bivouaque, comment il prie, quels sont ses points de fragilité”, analyse un officier supérieur. »

Et dans cette recherche constante du renseignement, pointe Le Figaro, il y a les drones… « Depuis janvier dernier, Barkhane aligne quatre drones, basés à Niamey, dont deux MQ-9 Reaper, capables de voler 24 heures sans discontinuer. Le désert est trop vaste et on ne peut aller partout. Les drones doivent donc être dirigés vers un secteur sélectionné pour son intérêt. D’autres “capteurs” peuvent les orienter : les écoutes et les images, recueillies notamment par les satellites ou les avions de chasse, et le renseignement humain. »

Alors pour Le Figaro, bravo à l’armée ! « Les défis posés par l’opération Barkhane, l’armée française les relève brillamment, estime le journal. Elle met à profit sa supériorité technologique en matière de renseignement pour conserver un avantage tactique dans le combat de précision qu’impose le terrain. Contrainte par la réduction de ses budgets, elle a effectué une cure de souplesse et d’agilité qui lui permet d’optimiser l’engagement de ses forces, moyennant une certaine prise de risques – onze soldats tués au Sahel depuis janvier 2013. Un institut stratégique américain vient de saluer son mode opératoire comme “un modèle de guerre expéditionnaire”. Pour autant, relève Le Figaro, la victoire n’est pas au bout du fusil. L’ennemi reste aussi insaisissable qu’un serpent des sables. […] La coalition régionale fournit un appui indispensable mais limité, et sa lente montée en puissance n’annonce pas le retrait prochain de nos forces. Le dispositif français est déjà pratiquement au bout de ses capacités, alors que l’ennemi peut se renforcer de jihadistes issus du chaos libyen ou des rangs de Boko Haram. »

Et Le Figaro de s’interroger : « Revient-il à la France de tenir seule le rôle de gendarme du Sahel, tout en pacifiant la Centrafrique et en livrant bataille à Daech en Irak ? Des choix pourraient bientôt s’imposer. Il serait dommage que le zèle combattant de François Hollande transforme une expédition réussie en enlisement fatal. »

La même chose qu’au Burkina ?

On passe à Libération avec ce long reportage donc sur le Togo… L’envoyée spéciale du journal à Lomé note que « la tension est montée d’un cran dans la capitale togolaise ces dernières semaines et les langues se délient. Chaque jour, la division sociale, politique, mais aussi ethnique se creuse un peu plus. A Lomé, à l’extrême sud du pays, pointe Libération, on fait un amalgame dangereux entre “ceux du Nord” et ceux “qui ont le pouvoir et tout l’argent”. “Nous avons tous vu ce qu’il s’est passé au Burkina Faso il y a un mois. Nous voulons la même chose ici”, confie Daniel. Il est mécanicien la semaine et moto-taxi le week-end pour arrondir les fins de mois. “On en a marre ! On veut du changement !” »

Sur le plan politique, rappelle Libération, « Faure Gnassingbé a succédé à son père en 2005, qui lui-même avait gouverné le Togo pendant trente-huit années. “Faure a fait des efforts pour le pays. Mais psychologiquement, quarante-huit ans [de pouvoir entre le père et le fils], pour les gens, c’est trop long”, analyse un journaliste local. La fuite en catastrophe du voisin Blaise Compaoré a donné des idées à la rue togolaise, le vent de la contestation souffle en Afrique de l’Ouest. “Nos frères burkinabés nous ont redonné espoir !”, explique Elisabeth, une mère de famille de trois enfants. »

Attention toutefois, lance Libération, « les choses ne devraient pas être aussi simples que dans le pays voisin. […] A la différence du Burkina Faso, où Blaise Compaoré voulait rester au pouvoir en modifiant la Constitution, au Togo, l’article prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels a été aboli il y a bien longtemps. Comme beaucoup d’autres d’ailleurs. »

Qui plus est, le pouvoir togolais a le soutien implicite de la communauté internationale, reconnait Libération. « La communauté internationale, sous l’égide de la France – soutien historique du pays, avec l’Allemagne – préfère parler de démocratie imparfaite plutôt que de dictature. Le Togo est un Etat stable dans une région volatile. […] Et les récentes déclarations de François Hollande, à la veille du Sommet de la francophonie, fin novembre, appelant les chefs d’Etat africains à respecter “une Constitution, une loi fondamentale” ne mettaient pas en péril le règne de Faure Gnassingbé, relève encore Libération. Au contraire, la confusion conforte un peu plus le président togolais à la tête de son pays, en attendant le “bouquet final”. »

Mille questions ?

De nombreux commentaires ce matin sur la loi Macron qui sera présentée demain en Conseil des ministres… « La loi Macron, pomme de discorde de la majorité », s’exclame Le Monde en première page. « Jugé trop libéral, le texte du ministre de l’Economie sur “la croissance et l’activité” se heurte aux réticences de la majorité. »

Avec notamment l’élargissement programmé du travail le dimanche. « Cela donne un texte chèvre-chou, soupire L’Alsace, qui prône des ouvertures différenciées selon les zones, les exceptions juridiques et, surtout, l’humeur de la gauche. Le texte du golden boy de Bercy s’apprête à grossir la pyramide des lois complexes qui sont la hantise des entrepreneurs, français ou étrangers. L’épicier sera sanctionné, s’il vend ses raviolis à Villefranche-les-Corbeaux, et applaudi s’il tient boutique à Paris ou Cannes. Absurde. »

« Le risque est grand de mécontenter à la fois les partisans du maintien du statu quo, dans le sillage de frondeurs, et les tenants d’une plus grande libéralisation, estime Le Journal de la Haute-Marne. Au-delà de ce projet de loi, souvent présenté comme l’une des poutres maîtresses du quinquennat Hollande, c’est tout le désarroi des socialistes qui se manifeste à nouveau. Il reflète le doute et la défiance de leur électorat. »

Enfin, ce coup de colère du Midi Libre : « Plus de six millions de personnes se trouvent en situation précaire, et on ose encore poser la question du travail dominical au nom du repos hebdomadaire. Arrêtons de nous poser mille questions qui, au final, nous empêchent d’avancer. […] Si réforme il y a, elle doit trancher radicalement. Offrir la possibilité de travailler le septième jour sans être soumis à la contrainte et en bénéficiant d’avantages financiers. Le voilà le nouveau contrat de travail ! »

 

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