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Revue de presse française

A la Une: de la joie et des questions

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AFP

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La libération de Serge Lazarevic est d’abord un beau cadeau de Noël pour tous les Français. C’est ce que relève notamment Sud Ouest : « Les Français n’en ont-ils pas provisoirement fini avec un anxiogène feuilleton puisque, officiellement, aucun d’entre eux n’est plus otage à travers le monde ? Se réjouir de l’heureux épilogue, eût-il été obtenu en échange d’obscures contreparties, est d’autant plus salutaire et nécessaire que le passé récent n’a pas été avare en scènes macabres sur ce front-là, avec les décapitations d’otages occidentaux par les jihadistes de Daech, y compris Hervé Gourdel dans un maquis d’Algérie. »

« Il pourra vivre Noël chez lui, se réjouit La Croix, en famille, ce dont rêvait sa fille Diane qui n’avait cessé d’interpeller les responsables politiques français tout au long de son interminable captivité. Pour les autorités françaises, le soulagement est de mise, comme la reconnaissance affirmée à l’égard des autorités du Niger et du Mali qui ont facilité les négociations. »

La Montagne renchérit : « Après trois années de captivité, le calvaire de Serge Lazarevic a pris fin. Et cet événement tellement attendu constitue plus qu’une libération. C’est une vraie délivrance pour tout le pays. »

Quelles contreparties ?

« Derrière ces effusions collectives persistent les mêmes questions sur la surenchère du terrorisme, ses buts et son extension, pointe La Nouvelle République. Elles affleuraient dès hier soir, mardi 9 décembre, dans les spéculations sur la rançon versée et la probable libération de deux ravisseurs. D’un côté la vie d’un homme ne vaut rien. Ici, rien ne nous retient afin de la sauver. Cette position serait notre faiblesse mortelle. C’est la caractéristique de toute civilisation. Et l’honneur de la nôtre. »

Libération s’interroge concrètement : « Quelles contreparties ont été obtenues, cette fois, par les ravisseurs pour qu’ils consentent à relâcher Serge Lazarevic ? Des médias locaux ont évoqué une possible libération en échange de prisonniers détenus à Bamako, citant notamment les noms de deux hommes qui, précisément, sont soupçonnés d’avoir organisé le rapt du Franco-Serbe avant de le remettre aux islamistes d’Aqmi. Ce ne serait pas une première, pointe le journal : en 2010, Pierre Camatte avait été relâché au Mali en échange de la libération d’islamistes algériens et mauritaniens. A l’époque, Alger et Nouakchott, furieux d’avoir été mis devant le fait accompli, avaient rappelé leurs ambassadeurs pour protester contre un geste jugé inamical. […] Pas un mot, par ailleurs, relève encore Libération, sur l’implication des services français, dont on peut imaginer la présence au moment de la phase finale de la libération de Serge Lazarevic. Ni sur une éventuelle contrepartie financière en plus de la libération des prisonniers de Bamako. »

En effet, complète Le Journal de la Haute-Marne, « derrière les mots du président de la République, on devine donc que la libération de Serge Lazarevic s’accompagne forcément d’une contrepartie. Et on peut en toute logique échafauder plusieurs hypothèses, la rançon étant la plus évidente. »

Malgré tout, conclut L’Est Républicain, « au-delà des tractations par définition discrètes, c’est ici l’honneur de la France et surtout de ses serviteurs infiltrés aux lisières d’un monde de haine et de misère, de se révéler capables de ramener vivant un concitoyen entravé depuis trois ans ! »

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