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Revue de presse française

A la Une: le débat sur le travail dominical

Audio 06:24
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Martine Aubry, la maire de Lille est hostile au travail le dimanche. Et elle l’a fait savoir haut et fort hier, mercredi 10 décembre, au moment même où le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, présentait sa loi pour la croissance et l’activité en Conseil des ministres. Une loi qui prévoit, entre autres, l’extension du travail dominical.

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde daté de ce jeudi, Martine Aubry s’insurge : « Le projet de loi pour l’ouverture des commerces le dimanche va entrer en discussion au Parlement. Ce n’est pas une réforme subalterne, estime-t-elle, c’est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille : dans quelle société voulons-nous vivre ? Veut-on faire de la consommation - encore plus qu’aujourd’hui - l’alpha et l’oméga de notre société ? La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation ? Le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres, affirme encore Martine Aubry. C’est un moment précieux qui doit être consacré à la famille et aux amis, à la vie associative, à la culture et au sport… Valorisons l’être, plutôt que le tout avoir. Gardons du temps pour penser, respirer et vivre. »

Pour Libération, « Martine Aubry a court-circuité le bel ordonnancement gouvernemental autour de la loi Macron hier midi. » Martine Aubry qui « se pose en point cardinal de la vraie gauche face aux sociaux-libéraux que seraient Valls et Macron. » Libération relève aussi que « sur cette question du travail dominical, la maire de Lille n’a pas pris François Hollande en traître. Lors de leur déjeuner en tête-à-tête, il y a quinze jours, elle l’avait prévenue qu’elle ne laisserait pas faire sans réagir publiquement. C’est fait. »

De son côté, Le Figaro dénonce ce qu’il appelle « la guerre des gauches : cette opposition sur le travail dominical est symptomatique de la profonde division qui traverse le Parti socialiste, estime le quotidien d’opposition. Si cette fracture existe depuis longtemps, elle ne cesse de se creuser depuis un an et le lancement du pacte de responsabilité. D’un côté, ceux qui, avec Manuel Valls, entendent sortir du “passéisme” et de l’idéologie. De l’autre, ceux qui, derrière Martine Aubry, se cramponnent aux vieux dogmes et tabous. Au milieu du champ de bataille, François Hollande cherche toujours l’improbable synthèse. Qui n’existe pas. » Et Le Figaro de s’interroger : « combien de temps cette guerre des gauches peut-elle encore durer ? […] Pour les socialistes, cette guerre débouchera sur un grand vide. On ne s’en plaindra pas. Pour la France, en revanche, cette guerre aura coûté très cher. Et cela, c’est impardonnable. »

Passage en force ?

Attention danger, avertit Sud Ouest, « cette fois, les frondeurs risquent d’être beaucoup plus nombreux. La virulente sortie de Martine Aubry dimanche est une mauvaise nouvelle pour Manuel Valls. Car seule la maire de Lille peut fédérer les mécontentements à la gauche du PS. Or, son soutien s’avère nécessaire si François Hollande et son Premier ministre veulent passer sans trop de dommages l’épreuve du congrès du PS en juin prochain. Voilà qui rappelle que la loi Macron – sans doute la dernière “grande” loi économique du quinquennat – arrive à un très mauvais moment : avant des élections départementales périlleuses et avant un congrès délicat. Le gouvernement devra donc faire des concessions. Il subit assez de revers électoraux dimanche après dimanche pour ne pas prendre le risque de chuter… sur le travail du dimanche. »

De son côté, L’Humanité prend le parti de Martine Aubry et qualifie la loi Macron de « régression : les 90 articles de cette loi ne font plaisir qu’au patronat et à la droite, estime le quotidien communiste. […] Satisfaire les revendications libérales et réactionnaires devient une seconde nature. »

Enfin, Ouest France prend fait et cause pour Emmanuel Macron… « Le jeune locataire de Bercy fascine autant qu’il agace. Mais il s’y est collé. Avec un certain courage, considérant à juste titre, que la montre joue contre nous. En quête de solutions pour contrer le chômage de masse sur fond de croissance atone, il cherche au passage à dégager l’horizon trop bouché pour la jeunesse. Faut-il le lui reprocher ? Il fonce, en laissant la politique politicienne à d’autres. […] Une chose est claire, relève encore Ouest France : son projet, visant ici à agir sur les leviers pour favoriser la relance de la croissance, de l’investissement et de l’emploi, a au moins le mérite de vouloir insuffler un nouvel état d’esprit à une France pleine d’atouts et de capacités. En faisant sauter les verrous de la défiance, de la complexité et du corporatisme : trois “maladies” qui se soignent très bien. Si on bouge sans faire n’importe quoi. »

Inhumanité…

A la Une également un autre débat, celui sur la torture… « Contre la torture, l’inlassable combat », s’exclame La Croix en première page. « Après les attentats du 11 septembre 2001, la CIA a torturé des terroristes présumés, au nom de la défense de la sécurité des Etats-Unis. Ces pratiques de l’administration Bush sont révélées aujourd’hui sous la forme d’un épais rapport, après une longue enquête menée par des sénateurs américains. De quoi rappeler au monde, lance La Croix, que la torture reste une pratique répandue dans tous les Etats autoritaires, et parfois utilisée jusque dans les démocraties qui se dévoient en prétendant se protéger. »

En effet, pour le quotidien catholique, « la torture pratiquée de manière trop ordinaire par les dictatures, les régimes oppresseurs, les groupes jihadistes, signe leur inhumanité. Pour lutter contre les dangers du terrorisme, les démocraties, au nom des valeurs qu’elles prétendent incarner, doivent résister à la tentation de recourir aux mêmes méthodes, dégradantes pour ceux qui les pratiquent. Adopter leurs armes, leur mépris de la dignité humaine, estime La Croix, c’est leur donner la victoire. »

Et pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace, les responsables américains doivent rendre des comptes. « La panique et la paranoïa qui se sont emparées de la CIA ne l’exonèrent pas. L’indignation et l’incompréhension que suscitent ces révélations un peu partout dans le monde et pour commencer aux États-Unis sont légitimes. L’utilisation de la torture par la CIA, de manière systématique et organisée, a été démontrée. On attend désormais que les responsables soient sanctionnés. Et pas seulement avec un blâme. »

Chaud !

Le réchauffement de la planète… Alors que les pays négocient à Lima en vue d’un accord multilatéral qui permettrait d’éviter un emballement de la hausse des températures, Le Parisien se fait l’écho d’un bulletin météo fictif, déjà largement répandu sur les réseaux sociaux, et tout fait fondé scientifiquement puisque c’est l’Organisation météorologique mondiale qui en est à l’origine. Le bulletin du 18 août 2050 qui prévoit des températures caniculaires sur la France, 40 °C à Paris et plus encore dans le sud…

Commentaire du Parisien : « On voit bien, loin de chez nous, la banquise fondre et les ours blancs se désespérer, on s’étonne de la multiplication des tempêtes et inondations dans notre pays. Mais rien ne bouge vraiment. Alors, puisque chacun s’intéresse de près aux bulletins météo qui annoncent la pluie ou le soleil du lendemain, chercher à marquer les esprits avec cette fiction sur le temps qu’il fera, peut-être, dans trente-cinq ans n’est pas forcément une mauvaise idée ! »

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