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Revue de presse française

A la Une : l’attentat de Peshawar

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AFP

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Barbarie, abjection, terreur à l’état pur, attaque ignoble… La presse est sous le choc après le terrible massacre perpétré par les talibans hier dans une école de Peshawar, au Pakistan, près de la frontière avec l’Afghanistan. « Des enfants assassinés, s’indigne Ouest France. De la terreur à l’état pur. C’est un violent coup de poing à la conscience humaine qui nous est arrivé hier de Peshawar. »

« Aucune idéologie, s’exclame Libération, aucune religion ne peut expliquer, ne peut justifier cette absolue barbarie de dizaines d’écoliers tués, certains d’une balle dans la tête. Les talibans sont des récidivistes. Ce sont eux qui ont voulu assassiner Malala, prix Nobel de la paix, coupable à leurs yeux d’être une fille et de vouloir étudier ; ce sont eux qui depuis des années détruisent les écoles et tuent les écolières ; ce sont eux qui pourchassent et assassinent les équipes médicales qui vaccinent contre la polio. L’horreur, l’inhumanité au nom d’une vision avilie et fallacieuse de leur foi. »

« Assassiner des civils ne suffit plus aux fous d’Allah, soupire Le Figaro : les jihadistes de Daech décapitent leurs otages et réduisent les femmes en esclavage sexuel, les talibans lancent d’héroïques assauts contre des ennemis en culotte courte. Est-ce là le programme abouti de l’islam radical ? La course à l’abjection à laquelle se livrent ces barbares ne " terrorise " plus : elle nourrit le dégoût et la colère qui en viendront à bout. »

L’Est Républicain rappelle qu’à « Peshawar, ville chaudron en lisière de l’Afghanistan, se croisent depuis l’invasion soviétique en 1979, barbouzes, espions et islamistes de toutes obédiences. Le Saoudien Ben Laden a fait étape dans cette métropole avant de créer le sanctuaire afghan d’al-Qaïda. Ce massacre d’enfants de militaires est un épisode supplémentaire entre ces fanatiques des zones tribales et l’armée pakistanaise, qui a fabriqué ces talibans à l’époque où, dans les madrasas, les services secrets pakistanais élevaient en batterie des milliers d’apprentis terroristes. »
Du coup, estime La Montagne, « ce massacre, qui plonge le pays dans l’effroi, impose au Premier ministre pakistanais de sortir d’une collusion idéologique longtemps entretenue avec les islamistes, jusque dans les rangs des militaires. »

Quelles solutions ?

Et on revient à Libération qui a interrogé Afzal Ashraf, de l’Institut de recherches en défense et sécurité à Londres. A la question de savoir s'il existe une solution, il répond : « Les Pakistanais font face à deux choix : éradiquer les talibans ou trouver un moyen de s’en accommoder. Cette dernière option est très difficile à envisager, mais pourrait trouver un écho. Il s’agirait de donner à certaines régions tribales, qui sont de fait déjà pratiquement souveraines, plus d’indépendance. Voire installer une frontière et dire : " Voilà, là c’est chez vous, c’est votre pays, ce n’est plus le nôtre. " (…) La pire des solutions, poursuit Afzal Ashraf, serait de trouver une sorte de compromis politique, parce que ce serait envoyer un message tronqué aux talibans, ce serait presque leur offrir une récompense après leurs actions terroristes. Le temps du dialogue, de la négociation est passé, il aurait dû avoir lieu il y a des années. »

Quelles solutions ? Le Figaro a également posé la question à Shuja Nawaz, Directeur de recherche à l’Atlantic Council, spécialiste du Pakistan et de l’armée pakistanaise. « Pour vaincre le terrorisme, affirme-t-il, civils et militaires doivent s’unir. (…) Le pays n’a pas réussi à mettre sur pied une politique civile structurée de renseignement et de pénétration des réseaux islamistes. La police, très faible, ne joue pas son rôle de prévention… (…) Il faut un échange beaucoup plus ouvert entre militaires et civils, et aussi entre le gouvernement et les partis, pointe Shuja Nawaz. Il est indispensable que dans l’esprit des militants extrémistes, il n’y ait aucun doute sur le fait que le système politique parle d’une seule voix face à l’extrémisme religieux. Nous ne devons pas répéter les erreurs du passé, en prenant des résolutions sans que rien ne se passe. »

La Russie à genoux

A la Une, également, « la Russie dans la tourmente économique » : c’est le grand titre de La Croix, qui constate que « le rouble a encore baissé hier, aggravant la crise dans laquelle se trouve la Russie depuis l’annexion de la Crimée et les sanctions. (…) Cette crise économique pourrait saper, estime encore La Croix, la popularité record acquise dans la population russe par Vladimir Poutine grâce à son discours nationaliste. »

Il y a certes la baisse du prix du pétrole mais en fait, explique Libération, « l’économie russe est aujourd’hui minée par plus de six mois sous sanctions occidentales, économiques et financières, adoptées par les Etats-Unis et l’Union européenne contre la Russie, pour la punir de sa politique en Ukraine. Ces sanctions ont coupé du marché des capitaux les banques et entreprises russes, et accru la chute des investissements et la fuite des fonds déjà amorcées avant le début de la crise ukrainienne. »

« Ce dont la Russie a besoin, explique un expert interrogé par Libération, c’est d’une nouvelle politique économique, une série de mesures permettant de commencer à relever la situation : annuler l’embargo alimentaire ; annoncer un véritable moratoire sur la hausse des impôts pour les entreprises. Il faut revoir les priorités du budget fédéral, admettre que l’on ne peut pas se permettre de dépenser autant pour la défense, et rediriger ces sommes vers des projets qui stimuleront le développement économique. »

Toutefois, pointe Libération, « changer de cours aussi drastiquement impliquerait que le pouvoir admette ses erreurs et décide de les rectifier. Pas seulement sur le plan de la politique économique. Si la Russie avait oublié pourquoi elle était punie, l’Union européenne ne s’est pas fait prier de le lui rappeler en annonçant qu’elle allait interdire dès aujourd’hui tous les investissements et même les croisières en Crimée, la péninsule annexée en mars pour affaiblir l’Ukraine voisine. »

Le rouble en pleine tourmente

Attention toutefois, préviennent Les Echos, « la Russie sème aussi le trouble sur les marchés internationaux. Les bourses ont connu hier une séance très agitée. » Et « le monde a eu un avant-goût de ce qu’un krach russe pourrait avoir comme conséquences. Il importe d’éviter ce scénario de contagion, estime le quotidien économique. Pour cela, il faut renouer le dialogue avec Poutine. Eviter l’humiliation. Faire comprendre à Moscou que son avenir se joue en Europe et passe par la modernisation de son économie. »

« Le destin de la Russie n’est pas de " faire sans " l’Europe mais, au contraire, de retrouver une relation de confiance passant par un compromis sur l’Ukraine. La stabilisation économique de la Russie, la levée des sanctions, le retour des capitaux dépendent de ce préalable stratégique. Il n’est pas interdit d’être optimiste, concluent Les Echos : le temps joue contre Moscou. »

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