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Revue de presse Afrique

A la Une: le coup d’éclat de Deby

Audio 04:33
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Beaucoup de commentaires ce matin dans la presse ouest-africaine après la sortie d’Idriss Deby avant-hier à Dakar, lors de la clôture du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique. « Très applaudi, relate le quotidien sénégalais Walfadjri, le Président tchadien s’est lancé dans une diatribe acerbe contre l’intervention de l’Otan en Libye, qui a, selon lui, provoqué le chaos libyen et déstabilisé le Mali. “La solution n’est pas aux mains des Africains mais entre les mains de l’Otan. Après avoir assassiné Kadhafi, il n’y a que l’Otan qui a les moyens nécessaires de résoudre donc la crise en Libye”, a affirmé ironiquement le président tchadien. »

Les présidents sénégalais et maliens ont approuvé ce discours… De son côté, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian n’a pas caché son irritation…

Et finalement, pour Guinée Conakry Infos, ce déballage a été salutaire : « s’il y a une note de satisfaction à retenir du forum dakarois sur la paix et la sécurité en Afrique, c’est bien cet échange houleux que les présidents tchadien, malien et sénégalais ont eu avec le ministre français de la Défense, au sujet de l’anarchie qui règne actuellement en Libye. Pour une fois, les trois dirigeants ont fait preuve de courage et ont clairement pointé la responsabilité de la France et de l’ensemble de la communauté internationale sur le drame du peuple libyen et sur les menaces qu’il fait peser à toute la région sahélienne. Le seul hic dans ces protestations somme toute légitimes, tempèreGuinée Conakry Infos, c’est leur caractère trop tardif. Ce qui, en soi, relativise considérablement l’audace de ceux qui les ont exprimées. »

Le quotidien Aujourd’hui au Burkina enchaîne : « Deby ne fait que dire tout haut ce que ses pairs pensaient tout bas depuis longtemps. La France et ses alliés n’ont pas jugé nécessaire de consulter les chefs d’Etat africains, au moment ils ont décidé d’abattre le Guide libyen. Il est donc incompréhensible qu’ils viennent demander aux Africains de les aider à recoudre ce qu’ils ont défait. Sur ce point-là, Deby a raison. »

Cependant, pointe Aujourd’hui, « c’est la suite de son discours qui laisse perplexe. “L’Afrique n’est toujours pas capable de faire fonctionner sa propre organisation, l’Union africaine. Est-ce un problème d’argent ? Les richesses manquent-elles chez nous ? Non. Les dirigeants africains doivent rendre des comptes à leur société civile”, a en effet déclaré Deby. Il pointe là un doigt accusateur sur ses pairs. Mais est-il bien placé pour le faire ?, s’interroge le quotidien ouagalais. Peut-il affirmer qu’il est blanc comme neige dans la gestion des ressources et des richesses du Tchad ? »

Coup de pied de l’âne…

En fait, estime L’Observateur Paalga, « on a l’impression que certains auront profité de l’occasion de ce sommet sur la paix à Dakar pour régurgiter quelques-unes des couleuvres avalées quelques semaines plus tôt lors du sommet de la Francophonie. On se souvient qu’à cette occasion le président français n’avait pas pris de gants pour fustiger ceux qui souhaiteraient modifier leur loi fondamentale pour des convenances personnelles autant que ceux qui, grâce à des artifices de toutes sortes, se sont mis en tête de bloquer toute possibilité d’alternance dans leur pays. On imagine aisément que ce jour-là au Centre international de conférences Abdou Diouf, bon nombre de chefs d’Etat africains étaient dans leurs petits souliers. Ce mardi 16 décembre donc, à Dakar, l’occasion était trop belle pour s’en donner à cœur joie. »

En tout cas, en dehors de cette polémique, le principal enseignement de ce sommet, estime le quotidien Le Pays, toujours au Burkina, est qu’il y a « nécessité de s’adapter à une menace terroriste en pleine évolution. » Et malheureusement, « dans la plupart des cas, relève le journal, les armées ouest-africaines sont loin d’être conformes à l’idéal républicain. C’est bien pour cette raison que l’on aime à lancer fréquemment des appels au secours en direction des “amis occidentaux”. Et on leur donne le coup de pied de l’âne, sitôt un semblant de paix revenu, au nom d’une souveraineté factice. Le forum de Dakar en est une triste illustration. Certains des chefs d’Etat qui y siégeaient n’ont pas hésité à donner des leçons de morale. Ils sont disqualifiés pour le faire, s’exclame Le Pays. Les uns sont en effet empêtrés dans la mal gouvernance chez eux. Les autres, du haut de leur trop plein de suffisance, cherchent encore leurs repères, se soucient comme d’une guigne de leur peuple. Force est de reconnaître, conclut le quotidien ouagalais, que les Africains sont sérieusement mal armés pour relever les défis de la lutte anti-terroriste. »

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