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Revue de presse française

A la Une: le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba

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AFP

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« Historique ! », s’exclament L’Humanité et Le Parisien. « Etats-Unis-Cuba : la fin d’un demi-siècle de guerre froide », constate Le Figaro. « Cuba-Etats-Unis : le grand dégel », lance Libération. « Un nouveau mur tombe », relèvent Les Echos. « Le tournant », affirme La Croix.

Dans les éditoriaux, tout le monde est d’accord : la page devait être tournée… « En décidant de rétablir les relations diplomatiques avec le pays des frères Castro, Barack Obama a tiré un trait sur cette histoire vieille de 50 ans, relève La Charente Libre, 25 ans après la chute du mur de Berlin, l’autre symbole de la guerre froide. L’embargo des Américains contre cette île de 11 millions d’habitants voisine de leurs côtes n’était plus qu’un anachronisme entretenu par la diaspora cubaine réfugiée aux USA et l’esprit de revanche des Républicains, meurtris par l’inflexible résistance du clan Castro au pouvoir à La Havane. Obama a défendu hier dans son discours sa vision d’un monde qui change où l’ennemi n’est plus le missile soviétique mais le jihadisme. »

En effet, renchérit Le Journal de la Haute-Marne, « en ce début de XXIe siècle, le défi pour les Etats-Unis n’est plus d’asphyxier un voisin qui a perdu l’importance stratégique qu’il avait lorsque la planète était divisée en deux blocs. Il est dans la lutte implacable et légitime qu’ils doivent livrer, avec leurs alliés, contre le terrorisme international. Que l’accord américano-cubain ait été annoncé le lendemain de la tuerie au Pakistan prend valeur de symbole. Une page a été tournée. Il ne s’agit plus de contenir la menace politique d’un communisme triomphant mais d’éradiquer la folie meurtrière de l’intégrisme religieux. »

Un contexte sud-américain favorable

Qui plus est, estime La Croix, « le rapprochement entre Cuba et les États-Unis est aussi un nouveau signe de l’évolution politique de l’Amérique latine. Le régime castriste était le survivant d’une époque marqué par des luttes révolutionnaires violentes et des répressions impitoyables menées par des régimes pro-Etats-Unis. Mais le sous-continent a effectué une mue spectaculaire, le changement social et politique s’imposant dorénavant par les urnes. » Exemple : « en Colombie, la guérilla marxiste des Farc négocie en ce moment avec le régime sa réintégration politique. »

En fait, pointe L’Humanité, « les transformations progressistes dans un sous-continent qui s’est sensiblement affranchi de la tutelle nord-américaine ont dessiné un contexte plus favorable à une reconnaissance des réalités cubaines par l’administration américaine. Une nouvelle page se tourne, qui peut ouvrir un nouveau chapitre dans les relations internationales. »

Il y a aussi un intérêt économique évident à ce rapprochement, précise Le Républicain Lorrain : « c’est la crainte d’un effondrement à la nord-coréenne de l’économie cubaine qui a incité l’administration Obama à bouger, affirme le journal. L’anachronisme de la guerre froide prévalant entre les deux pays n’avait plus de raison d’être au regard des conséquences d’un tel désastre ainsi que des bénéfices à espérer d’une résurrection de Cuba qui donnera un coup de fouet à la croissance dans l’ensemble de la zone caraïbe. »

Victoire personnelle pour Obama

Et puis, c’est une victoire personnelle pour le président américain, notent Les Dernières Nouvelles d’Alsace : « à défaut d’avoir sorti son pays du bourbier irakien, Barack Obama pourrait rester dans l’histoire comme le président qui a apaisé ses frontières. Ce n’est déjà pas si mal. »

La République des Pyrénées voit encore plus loin : « Barack Obama prépare sans doute ainsi le terrain à la candidature de Hillary Clinton, qui devrait briguer sa succession. Ce n’est pas le moindre effet collatéral d’une décision historique, qui marque aussi, relève le quotidien béarnais, le succès d’une diplomatie vaticane, intermédiaire discret et efficace, portant la signature du pape “americano” François. »

Enfin, Le Figaro analyse la situation vue d’Europe et fait le parallèle avec Moscou… « L’Europe peut se réjouir du réchauffement géopolitique attendu dans les Caraïbes, mais elle n’en tirera jamais qu’un profit marginal, affirme Le Figaro. En revanche, elle restera en première ligne face à la Russie, où elle a bien plus à perdre que quelques points d’indice sur les marchés financiers. […] Elle ne peut souhaiter ni l’effondrement de l’économie russe ni une fragilisation du régime qui menacerait la stabilité du continent pour les décennies à venir. Au lieu de suivre docilement l’allié américain en adoptant un nouveau train de sanctions, conclut Le Figaro, l’Europe devrait montrer la voie et accompagner Moscou vers une levée de l’embargo. »

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