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Revue de presse française

A la Une : France, la peur du jihadisme

Audio 06:34
AFP
Par : François-Xavier Freland

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Deux attaques de déséquilibrés au nom d'Allah inquiètent la presse ce matin. Le Parisien-Aujourd'hui en France revient largement sur l'attaque samedi d'un commissariat de Joué-les-Tours par un jeune français d'origine burundaise de 20 ans, Bertrand Nzohabonayo. Ce rappeur et sportif avait basculé dans l’islam radical. Il a eu le temps de blesser trois fonctionnaires avant d'être abattu. Et puis le drame hier à Dijon : « Un automobiliste a fauché délibérément onze passants en cinq endroits du centre-ville, en criant 'Allah akbar' », précise encore Le Parisien. Neuf personnes ont été légèrement blessées et deux autres sérieusement». Le chauffard « né en 1974, présente le profil d’un déséquilibré et serait suivi en hôpital psychiatrique », selon une source proche de l'enquête. Il s’est d’abord enfui avant d’être interpellé par les forces de l’ordre.

A priori, dans les deux cas, à en croire Le Parisien, il ne s'agit pas d'attentat, mais d'actes isolés, pas forcément prémédités, qui sont plutôt synonymes d'un mal être.« Déséquilibré» donc, c'est le terme qu'emploie aussi Le Figaro en gros titre ce matin pour parler de Bertrand Nzohabonayo. Un individu qu’un magistrat décrit comme «en rupture avec la société». Le Journal La Croix préfère rester prudent et rappelle que la piste de «l'islamisme radical», notamment pour l'attaque de Joué-les-Tours, reste privilégiée par les enquêteurs, car elle ressemble au mode d'action préconisé par le groupe état islamique en Syrie et en Irak. Libération pour sa part écarte complètement la thèse religieuse. Les proches du jeune tué samedi dans un commissariat ne croient pas à la version d’une dérive terroriste, lit-on dans ses pages. Ils ne comprennent pas pourquoi il a été tué, alors que les policiers auraient pu riposter en lui tirant sur les jambes, comme c'est normalement la règle.

Libération fustige un consultant international

Et Libération s'arrête ce matin sur les approximations concernant lorganisation de l'Etat Islamique et al-Qaïda en particulier, et notamment de celle de Samuel Laurent souvent invité sur BFM TV ou France 2. « Il n’est ni chercheur, ni diplomate, ni journaliste, ni analyste, ni ancien espion, il est 'consultant international', comme il se définit lui-même, il était pourtant totalement inconnu jusqu’en 2013 », précise Libération. Il a depuis écrit trois livres, publiés au Seuil, dont deux à quelques mois d’intervalle cette année : al-Qaïda en France et l’Etat islamique. Libération remet en cause les chiffres du consultant international qui aurait avancé par exemple durant certaines émissions que 1% des jihadistes reviendraient commettre des attentats dans leur pays sur ordre de l’EI qu'il y avait environ 2 000 Français enrôlés par le groupe Etat islamique, alors que le ministère de l’Intérieur les évalue à moins de 400 . D'où sort-il ces chiffres se demande Libération qui semble y voir là un certain opportunisme malsain.

Alain Juppé : bouclier humain contre la tentation des extrêmes

Libération encore annonce un sondage très favorable à Alain Juppé, candidat aux présidentielles 2017. Selon 47 % des Français, il ferait un bon président, loin devant Nicolas Sarkozy qui ne recueillerait que 31 % d'opinion favorable et François Hollande, qui plafonne à 11%, malgré un léger frémissement. En fait, Juppé attirerait de plus en plus d'électeurs de gauche, et de François Hollande en particulier, selon Libération, partant du principe selon eux, que les socialistes n'ont plus aucune chance de sortir du marasme. Et qu'Alain Juppé sera le plus solide candidat républicain face au Front National.

Eric Zemmour : victime d'un emballement médiatique ?

Le Figaro revient sur la polémique d'un autre consultant remercié celui-ci, par iTélé : Eric Zemmour. Le quotidien de droite y voit une éviction très politique, selon ses propres mots qui remet en cause la liberté d’expression.« Pas forcément d’accord avec tout ce que dit Zemmour », Sébastien Huyghe juge que Bernard Cazeneuve et Bruno Le Roux ont tenu un langage « antidémocratique » en « demandant que l’on coupe la tête de quelqu’un qui dit des vérités qui dérangent », rapporte Le Figaro, pour dénoncer une manœuvre politicienne de la part de l'exécutif. La décision prise vendredi par i-Télé d’interrompre « Ça se dispute », conformément aux vœux du ministre de l’Intérieur et du patron des députés PS, dérange à l'UMP et fait bondir au Front national.

Mais les réactions au traitement du « cas» Zemmour n’obéissent pas au clivage gauche-droite estime Le Figaro. Jean-Luc Mélenchon, par qui le scandale était arrivé, c'est lui qui avait dénoncé le premier sur son blog l'entretien polémique de l'ancien chroniqueur de iTélé au journal italien Corriere de la Serra, a estimé que « virer Zemmour » n’était « pas une décision utile à la lutte contre ses idées ». Le Figaro estime Eric Zemmour victime d'un emballement médiatique. Céline Pigalle justifiait ainsi son éviction dans Le Monde : « Nous avons défendu la liberté d'erxpression d’Éric Zemmour pendant plus de dix ans. (...) Mais, aujourd’hui, on a l’impression qu’il se parle à lui-même et à son public».

Un nouveau Front national à l' italienne

Selon L'Humanité, la Ligue du nord, cherche à créer un parti qui irait jusqu'au sud de l'Italie pour recueillir des voix grâce à un discours anti-immigrés. C'est une nouveauté constate le journal communiste car autrefois, la Ligue du Nord avait fait son fond de commerce sur le projet séparatiste des régions du Nord les plus riches de l'Italie. Les élections législatives de 2013 ont montré la fin de la domination de Berlusconi sur la droite italienne, le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo semble être épuisé. Le nouveau mouvement de Matteo Salvini, le leader de la ligue du nord veut aujourd'hui s'allier au Front National. Et L'Humanité de rappeler cette vieille chanson scandée autrefois par Salvini lorsqu'il raillait les italiens du sud venus travailler au nord. «Sens comment ça pue, les napolitains arrivent. Ils ne se sont jamais lavés avec du savon»... L'Humanité de conclure : «les immigrés ont remplacé les napolitains d'autrefois».

Une petite phrase à méditer, lu dans un bel article de La Croix sur Bernard Kudlak, le héraut du nouveau cirque, un peu déjanté à base d’acrobaties. C’est lui qui a créé le Cirque Plume qui est à l'affiche à Paris jusqu'au 28 décembre au parc de la Villette. «Le cirque c'est la nostalgie du paradis, la nostalgie du temps où nous étions des anges, l'envie de dépasser de manière naturelle notre condition humaine et de recouvrer la condition divine». A méditer après tant de cirque médiatique...

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