Revue de presse Afrique

A la Une: en Tunisie, Essebsi est-il l'homme providentiel?

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Beaucoup de photos et de symboles ce matin dans la presse pour saluer la victoire de Beji Caïd Essebsi en Tunisie avec plus de 55% des voix contre 44% à son rival Marzouki. La photo de la Presse de Tunisie d'abord, où l'on voit Beji Caïd Essebsi assis tout sourire en train de serrer la main de son voisin, le président Obama. Cette photo ne date pas d'hier, elle a été prise il y a quelques temps, mais elle semble signifier trois choses.

D'abord, que cette élection est « une étape essentielle vers l'achèvement de la transition de la Tunisie vers la démocratie », comme l'a précisé Obama hier, une citation reprise par le quotidien La presse de Tunisie. Ensuite, et bien, qu'après la courte expérience islamiste, le pays s'ouvre à nouveau vers le monde et l'Occident en particulier. Hier, toutes les chancelleries, France en tête, ont salué sa victoire. A travers cette photo de BCE en compagnie d'Obama, c'est une Tunisie plus indépendante qui semble naître, notamment de l'ancienne tutelle française.

Tunisie : Essebsi, le nouveau caïd tunisien

La photo de La tribune est bien choisie elle aussi. On voit Essebsi les bras en l'air qui donne l'impression de vouloir calmer les esprits. Le quotidien algérien veut ainsi illustrer aussi la petite phrase de Caïd Essebsi hier : « Tout ce qui s’est passé pendant cette campagne fait partie du passé. L’avenir proche et lointain nous oblige à travailler ensemble pour la Tunisie ». « Tous ensemble » à la reconstruction de la Tunisie, c'est un peu le message du nouveau président tunisien. A 88 ans, l'ancien ministre de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères sous Bourguiba a promis, rappelle aussi La Tribune, de restaurer le « prestige » de l’Etat ruiné, selon lui, par Marzouki.

Car en « Tunisie, tous les voyants sont au rouge : croissance anémique, appareil productif grippé, investissement en panne, un taux de chômage alarmant et un pouvoir d’achat à son plus bas ». L’autre grand défi est bien sûr la sécurité, avec la présence de la mouvance jihadiste armée qui a revendiqué la mort de dizaines de soldats et de personnalités politiques.

Essebsi : le président-bouclie

Selon El Wattan, l'autre grand défi est de garantir la sécurité face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée responsable de la mort de dizaines de soldats, notamment à la frontière algérienne, et de deux figures politiques anti-islamistes en 2013. Et là, la photo d'El Watan est encore bien choisie, puisqu'on y voit le tout nouveau président tunisien, l'air un peu inquiet, qui semble fixer le photographe comme pour le dévisager. Derrière lui, un homme qui fixe aussi l'objectif, son garde du corps. El Watan conclut son article intitulé « Le vétéran Essebsi élu quatre ans après la révolution », par cette phrase qui en dit long : « Des militants du groupe Etat islamique ont d'ailleurs menacé la Tunisie quelques jours avant la présidentielle. »

Comme le souligneGuinée Conakry Info, Beji Caid Essebsi c'est le « président bouclier ». Et là, la photo est claire, on voit BCE jeter un regard de défiance, le bras levé en l'air. Une photo sans doute prise durant la campagne, qui montre un homme qui, du haut de ses 88 ans, n'a sans doute peur de personne pour mener à bien sa pacification du pays contre la menace du jihadiste.

Gabon : ne pas souffler sur les braises

Au Gabon, trois jours après les violences qui ont dégénéré à Libreville, le président Bongo tente de calmer le jeu, à en croire Gabon Actu. Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo a, dans une déclaration hier devant le gouvernement et les corps constitués, dénoncé le « lâche assassinat » de Bruno Béka, le jeune tué en marge des violences suite au meeting interdit de Rio que l’opposition tentait de tenir samedi.

Le président gabonais a demandé une minute de silence aux députés de l'assemblée devant lesquels il s'adressait, rapporte Gabon Actu, qui souligne au passage que le journaliste Désire Ename, patron des hebdos Les échos du nord et Faits divers, a décidé de s'installer provisoirement en France, après sa garde à vue de 24 heures à la direction générale des recherches.

Mali : première victoire contre Ebola

Le gouvernement malien l'a annoncé hier, il n'existe plus aucun cas d'Ebola au Mali. Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares au Mali en ce moment pour que nous n’en fassions pas écho. Elle intéresse particulièrement de nombreux Maliens inquiets du développement de l'épidémie. Le site d'information en ligne Malijet revient donc sur cette bonne nouvelle :

« En effet, sur sept cas confirmés, cinq ont entrainé des décès, et deux ont été guéris. » « Cela dit, comme le rappelle Malijet, le virus Ebola reste une menace pour le Mali, tant qu’elle n’aura pas été vaincue dans les pays de la sous-région où elle a été déclarée (...) le gouvernement appelle l’ensemble des populations, sur tout le territoire, à maintenir la vigilance en observant les règles de prévention. »

C'est l'image du jour de Maliweb, où l'on voit le président IBK dans un montage photographique danser le coupé-décalé en chantant : « Tu as tapé dans notre dos ; on t'a écrasé par nos pieds. » « C'est la célébration du système magique », lit-on en légende, en clin d'œil à Magic System.

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