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Revue de presse française

A la Une: en France, un Noël en état d'alerte

Audio 05:54
AFP
Par : François-Xavier Freland

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« Un Noël sous surveillance policière », titre La Nouvelle République alors que les mesures de sécurité ont été renforcées dans les lieux publics en France.

Hier, à l'issue d'une réunion interministérielle, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la mobilisation de 200 à 300 militaires supplémentaires dans le cadre du renforcement du plan Vigipirate. Les policiers devront être systématiquement munis de leur gilet pare-balles et de leur arme sur la voix publique, mais aussi à l'intérieur des commissariats, précise Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Si les trois attaques à Joué-les-Tours, Dijon et Nantes, n'ont a priori rien en commun, reste qu'une des personnes renversées par le chauffard lundi soir à Nantes est décédée hier, des suites de ses blessures.

« Après trois faits divers présentant quand même des similitudes, selon La Voix du Nord, le gouvernement demande de ne pas s'affoler... d'un air affolé », ironise Mathieu Verrier, l'éditorialiste.

« Comment Manuel Valls peut-il évoquer une menace terroriste d'une gravité extrême quand, dans le même temps, les procureurs de la République tentent de minimiser ? », interroge pour sa part Bruno Dive dans Sud Ouest. L'éditorialiste dénonce une communication chaotique : « le gouvernement marche sur des œufs, écrit-il. Il ne veut pas alimenter la psychose ».

Le chauffard aimait trop les plantes

Une problématique psychiatrique, accentuée peut-être par la consommation d’herbe de cannabis. « Ce que mon frère a commis est tout bonnement monstrueux. Mais moi, je sais pourtant que lui n’est pas un monstre. » Ces propos exclusifs publiés par Le Parisien-Aujourd'hui en France sont ceux de la grande sœur de celui qui a foncé sur la foule, lundi à Nantes.

On voit en photo le visage de Sébastien, 37 ans, originaire de Saintes en Charente-Maritime, qui n'avait a priori rien à voir avec le profil du jihadiste. « Du pétage de plombs », dit sa sœur, qui s'en veut de ne pas avoir fait interner son frère, un garçon asthmatique qui aimait seulement les plantes et les animaux, devenu de plus en plus asocial au fil des années. « Il s'était réfugié dans la cannabis, une consommation néfaste », déplore-t-elle  dans ce reportage du Parisien.

Le pessimisme français

Lorsque tout est lié, Libération est allé enquêter pour sa part sur ce mal français, le pessimisme...

« La France déprime, c’est certain. (...) L’auto-dénigrement chez les Français, c’est presqu’une affaire de style. Il y a du Narcisse blessé dans le pessimisme français », s'exclame la philosophe Cynthia Fleury, dans ces colonnes. Libération tente de passer en revue les idées reçues de la « France maso », comme il la surnomme. « On a peur de la mondialisation, on n'aime pas nos voisins, nos élites vivent dans un autre monde, on a perdu notre empire ».

Libération constate que le seul qui positive dans cette déprime générale, c'est François Hollande. Entre optimisme et méthode Coué, le président s’est voulu positif en arrivant à l’Elysée, pour ne pas « ajouter de la crise à la crise ». Comment redonner confiance à un pays si on ne lui donne pas les raisons de croire en lui ?, s'interroge Libération. Reste qu'à « trop prophétiser sans aucun résultat, le chef de l’Etat aura beaucoup perdu en crédibilité », déplore le journal de centre gauche.

Apparemment, « le président se serait interrogé sur les reproches qu’on a pu lui faire sur son optimisme, qui était en train de devenir anxiogène », raconte un conseiller. Il a fini par rompre avec la « positive attitude ». « Etre lucide mais volontariste », ce sera la teneur de son allocution du 31 décembre selon Libération.

Une octogénaire de la balle

La Croix nous offre une petite note d'espoir avec cette belle histoire qui nous vient d'Espagne. Carmen Martinez a 85 ans, elle a été expulsée de sa maison récemment. Le 21 novembre dernier, « le ciel lui est tombé sur la tête », raconte La Croix, et vous allez voir qu'elle avait des raisons d'être déprimée. Cette ancienne femme de ménage s'est retrouvée à devoir rembourser 77 000 euros de dettes provenant d'un prêt contracté par son fils auprès d'un particulier et pour lequel elle s'était portée garante. Incapable de pouvoir rembourser, elle a été expulsée.

Heureusement pour elle, elle est fan de football, et notamment de l'équipe du Rayo Vallecano, dans la banlieue de Madrid. Alors, les supporters de ce vieux club ouvrier, connu pour son engagement humanitaire, ont décidé de lui venir en aide. Dans La Croix, on découvre une photo, où l'on voit une gigantesque banderole dans le stade où il est écrit : « Carmen reste ici », sous-entendu dans ta maison.

Le club a ouvert un compte en banque destiné à recevoir des dons en soutien à l'octogénaire, nous apprend La croix. A chaque match, il reverse 5 euros par ticket vendu pour alimenter ce compte. Lors du dernier match contre Séville, il était déjà crédité de 15 000 euros. Il faut rappeler au passage que le Rayo Vallecano est l'un des plus petits budgets de la richissime Liga espagnole. Cette histoire fait la Une des journaux en Espagne. Un beau geste de Noël qui nous réconcilie avec l'espèce humaine et le milieu du football en particulier.

Jacques Chancel : la radioscopie perd sa voix

Enfin Le Figaro revient longuement sur le décès de celui qui avait décidé de ne pas se laisser aller à la déprime. Il avait un an de plus que Carmen, Jacques Chancel, l'animateur radio et écrivain est décédé hier. Il avait vécu l'expérience de la mort, frôlée de près, quand il était reporter de guerre en ex-Indochine. Grièvement blessé lorsque que son véhicule avait sauté sur une mine près de Saïgon. C'était sans doute ça, le secret de son amour pour la vie.

Musicien raté devenu mélomane, amoureux de son pays natal, et par-dessus tout, de ses amis, ce gentleman doué pour l’écoute visait avant tout l’épanouissement personnel : « Une carrière, ça ne se réussit pas, disait-il. J’ai envie de réussir ma vie. »

« Toute sa vie, lit-on encore dans Le Figaro, Jacques Chancel aura cherché à rendre plus beaux les gens et les choses. En cultivant l’éphémère, il récoltera l’éternité. Son grain de voix sonnera longtemps à nos oreilles ».

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