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Revue de presse Afrique

A la Une: le procès de Simone Gbagbo

Audio 04:35
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Deuxième jour du procès des prévenus de la crise postélectorale : 4 heures pour déballer des charges lourdes contre 83 pro-Gbagbo » : c’est le grand titre du quotidien L’Intelligent qui fait sa Une donc sur le procès de l’ex-première dame et de ses co-accusés.

« Simone Gbagbo héroïne pour les uns, criminelle pour les autres », constate Le Sursaut qui a pris la température hier dans la salle des pas perdus du Palais de Justice d’Abidjan : « de l’émotion, des pleurs, des insultes voire des malédictions d’un côté et de l’autre, le calme et la crainte de débordements, relève le journal. Dans ce hall, victimes, parents et famille politique des prévenus se côtoyaient dans un tumulte de marché de quartier. Les premiers ont exprimé avec cris et gestes leur amertume, leur frustration de voir assise dans la grande salle des audiences celle qu’ils considèrent comme leur bourreau, Simone Gbagbo. […] Pour les seconds, ses supporters du FPI, elle est la victime et la damnée d’un système, la condamnée avant tout jugement. Ils étaient là, mais en gardant profil bas de peur de s’attirer l’excès de colère et le zèle de certains manifestants, expulsés manu militari par la police. »

Le Nouveau Courrier, quotidien d’opposition, proche du FPI, crie à « la mascarade […] : la Cour n’a pas suivi la défense dans sa demande de requête sur sa compétence, pointe le journal. Elle a énuméré une kyrielle d’arguments contenus dans un document de 80 pages. La lecture de ce document, ordonnance de renvoi, par un greffier, a occupé la majeure partie du temps qu’a duré l’audience. Dans cette ordonnance, la Cour – contestée par la défense – s’est dite compétente sur toute la ligne pour juger les 83 personnes proches du président Laurent Gbagbo. Elle a alors décidé de l’ouverture des hostilités à partir de ce mardi. »

En effet, cinq détenus comparaîtront à la barre aujourd’hui.
Et pas question d’un quelconque transfert de Simone Gbagbo ou de ses co-accusés au Tribunal pénal international. Ce procès a bien lieu en Côte d’Ivoire, ce dont se félicite le quotidien Soir Infos : « Simone et les siens ne prendront pas les airs. Pour être questionnés sous d’autres cieux. Par d'autres démiurges. En Éburnie, on se dit apte à connaître de leur cas. Équitablement ! Le refus du pays de gonfler les effectifs de la prison internationale avec d’autres compatriotes doit être compris doublement, relève Soir Infos. Marquer sans doute sa souveraineté mais surtout prendre un pari : celui de présenter à la face du monde, une justice à équidistance de la frénésie politicienne. »

La messe est dite pour le FPI ?

Autre événement marquant hier en Côte d’Ivoire, le rejet par la justice de la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du FPI… Un sujet qui passe au second plan dans la presse abidjanaise mais qui est abondamment commenté dans les médias de la sous-région. Cette affaire, nous rappelle le site d’information Guinée Conakry Infos, « est la résultante d’une bataille fratricide entre Pascal Affi Nguessan et son ancien mentor, contre lequel il avait déposé une requête relative à la présidence du FPI. A ses yeux, il est impossible et incohérent que Gbagbo puisse concrètement diriger le parti, loin de la terre natale. Et pour Gbagbo et ses supporters, dont son fils Michel et autres, le parti qu’il a créé ne saurait en aucun cas lui échapper, car il représente un redoutable outil de reconquête politique. Voilà pourquoi et comment les deux frères sont devenus adversaires, pour ne pas dire ennemis. »

Et finalement, pointe Guinée Conakry Infos, « En ordonnant le retrait de la candidature de Laurent Gbagbo, le président du tribunal a conclu un feuilleton dont le pugilat politique, au final, ne pouvait que servir les ambitions présidentielles d’Alassane Ouattara. Ce dernier pouvant objectivement rebeloter en surfant intelligemment sur les contradictions suicidaires qui opposent les chefs du FPI. »

Le feuilleton est-il terminé ? Pas sûr, estime Le Pays au Burkina. « Ce verdict vient certes trancher une situation, mais il faut craindre qu’au lieu de régler définitivement le problème, il ne contribue plutôt à creuser davantage le fossé entre les héritiers de Laurent Gbagbo. […] Dans ce combat fratricide où deux tendances s’affrontent, c’est l’avenir du parti qui se joue en filigrane avec, d’une part, Affi N’Guessan et ses partisans pour qui, dès lors que leur mentor commun est détenu dans les geôles de la CPI, il faut faire preuve de réalisme et changer de stratégie pour la reconquête du pouvoir d’Etat. Et d’autre part, leurs détracteurs qui estiment que Laurent Gbagbo est l’âme du parti et qu’à ce titre, l’on ne saurait en tourner la page. »

En effet, renchérit Aujourd’hui, toujours au Burkina, « la messe est loin d’être dite. Les partisans de Laurent Gbagbo ont décidé de faire appel de l’ordonnance rendue par le président du tribunal. » Résultat : « pendant que le premier parti d’opposition en Côte d’Ivoire joue cette prolongation, au dam de ses militants dont les passions seront focalisées sur la lessive interne, son adversaire naturel, le RDR d’Alassane Ouattara peut déjà entamer la conquête de l’électorat. »

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