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Invité Afrique

«Le changement de la Constitution n'a rien à voir avec Sassou Nguesso»

Audio 04:25
Pierre Ngolo, secretaire général du Parti congolais du travail (PCT).
Pierre Ngolo, secretaire général du Parti congolais du travail (PCT). Capture d'écran
Par : Christine Muratet

Au Congo, le comité central du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) s'est prononcé hier, 31 décembre 2014, à une écrasante majorité en faveur du changement de la Constitution de 2002. Ceci pour permettre au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016. Pierre Ngolo, le secrétaire général du PCT est l'invité de RFI.

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RFI : Qu’est-ce qui rendait nécessaire le changement d’une Constitution qui somme toute n’a que douze ans d’âge ?

Pierre Ngolo : Le comité central a créé [un] débat, débat totalement libre, [et] a fait le choix de changement de la Constitution parce que certains citoyens avaient pensé que la Constitution était porteuse des germes de violence, de conflits.

Cette Constitution là ?

Cette Constitution-là. Certains acteurs politiques congolais avaient pensé qu’elle ne garantissait pas l’équilibre de pouvoir et qu’elle était taillée sur mesure, c’était une Constitution montée, construite pour garantir la toute puissance du président de la République.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que ce changement de Constitution pourra permettre une nouvelle candidature du président Sassou en 2016, là où la Constitution actuelle ne lui permet pas ?

Ça ce sont des projections, nous ne voyons pas le problème par rapport à l’homme. Nous voyons un problème de l’avenir du Congo, de la démocratie congolaise qu’il faut consolider et sachez, pour consolider cette démocratie là, de voir froidement quels sont les problèmes que posent la Constitution actuelle, froidement, ça n’a rien à voir avec l’homme qu’est Denis Sassou Nguesso.

Vous parlez de stabilité, vous parlez de nécessité, d’éviter de la violence. Est-ce qu’un changement de Constitution qui remet en selle un président qui normalement ne devrait pas se représenter en 2016 en raison d’une limitation des mandats et d’un dépassement de la limite d’âge, est-ce que ce ne sont pas des vecteurs de violence et de troubles ?

Mais là est tout le problème : nous voulons que le débat soit impersonnel. Si le débat est mené par rapport à un individu, tout est faussé. Comme ce débat a pris corps, il s’agit d’en tirer les conséquences. C’est une opportunité qui s’offre pour que l’on relise de façon sereine, mais malheureusement il se trouve que ce débat est parasité par des considérations subjectives. Aujourd’hui on pense que si le problème est posé, c’est par rapport à la personne de Denis Sassou Nguesso. Ça n’a rien à voir. Qu’est-ce qui dit [qu‘une fois] la Constitution changée, Denis Sassou Nguesso sera candidat lui-même ? Rien n’est dit.

Ne craignez-vous pas que des changements aussi importants dans la règle du jeu politique, si près de la présidentielle, ne créent des tensions importantes dans votre pays comme ça l’a été au Burkina il y a quelques semaines ?

Ce serait dommage. Le Congo a une histoire dont nous devrions tirer les enseignements. L’histoire du Congo n’est pas l’histoire du Burkina Faso. Nous sommes allés en démocratie dans la paix et à l’époque le chef d’Etat était Denis Sassou Nguesso. [Alors que] nous [étions] en démocratie, Denis Sassou Nguesso -qui était général d’armée et candidat- a perdu, il s’est retiré. Cependant que nous [étions] en démocratie, le Congo a vécu le calvaire. Et nous savons comment nous avons peiné pour restaurer la démocratie. Aujourd’hui, il y a la liberté de circulation, aujourd’hui, il y a la liberté de parole mais après mille et un sacrifices.

Donc ça veut dire, monsieur Ngolo, le PCT ne craint pas pousser la population dans la rue comme se fut le cas au Burkina en changeant la Constitution deux ans avant la présidentielle ?

D’abord le PCT a donné son opinion sur la question de la Constitution et le PCT dit : « Si on doit aller au changement, c’est au travers du dialogue…

Qui peut finir en référendum si on écoute bien le président Sassou ?

Le PCT ne s’inscrit pas dans une logique de passage en force. Voilà pourquoi nous pensons que tout passe par le dialogue et les Congolais doivent pouvoir échanger.

Le président Sassou dans son adresse à la nation a parlé de la nécessité de préserver la paix. Le meilleur moyen de préserver cette paix ne serait-il pas, au contraire, d’accepter les règles du jeu actuelles, d’accepter un « après Sassou » dès 2016, comme le préconise la constitution actuelle ?

Mais le problème n’est pas d’accepter un « après Sassou ».

Un petit peu quand même parce que la Constitution prévoit deux mandats présidentiels et que le président actuel les a fait ces deux mandats ?

Oui mais ça c’est la constitution mais la souveraineté elle appartient quand même au peuple.

Pensez-vous que c’est la priorité du peuple le changement de la Constitution au Congo ?

Je ne sais pas, je ne sais pas... Moi je dis pour nous, la volonté du peuple c’est ce qui devrait être pris en compte en démocratie.

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