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Revue de presse française

A la Une: Migrants, les navires poubelles

Audio 07:06
AFP

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Le sauvetage, hier, des 450 migrants d’un navire de 73 mètres arrivé nuitamment dans un port du sud de l’Italie est le dernier avatar de cette pratique qui se développe, pour le plus grand profit des passeurs. En deux semaines, trois navires chargés de migrants ont été abandonnés à la dérive au large des côtes italiennes. En trois mois, leur nombre s’élève à quinze. Car, juteux, ce marché l’est oh combien.

« Sur ces bateaux, la traversée se monnaye 6000 € par tête. Contre 1250 à 3300 € sur des navires plus petits », explique Le Parisien.

Faites le calcul. « Pour un bateau avec 500 personnes, le passeur encaisse 500 000 à 1 million d’euros : à ce tarif, il peut acheter une vieille carcasse et l’abandonner en mer », remarque Libération.

Voilà pourquoi les migrants sont « abandonnés sur des navires poubelles » que les équipages quittent sitôt entrés dans les eaux territoriales, advienne que pourra.

Les réseaux de trafic d’êtres humains ont mis au point ce que Le Figaro appelle une « nouvelle stratégie. (…) L’achat de ces bateaux hors d’âge (...), coûtant tout au plus quelques centaines de milliers de dollars, est largement à la portée des trafiquants ».

« Reste que les causes de cette prolifération sont multiples. D’abord, l’afflux de réfugiés syriens (…). Ensuite, la fin de Mare Mostrum, une opération de recherche systématique des bateaux pleins de migrants qui oblige les rafiots à se signaler, décrypte Le Figaro. Enfin, les conditions de mer en hiver et la dégradation de la situation sécuritaire en Libye qui ont forcé les passeurs à trouver de nouveaux points de départ plus lointains et donc des bateaux plus importants. »

Cette multiplication de cargos de migrants, c’est « l’Europe à la dérive », lance Libération. En 2014, cette traite maritime des migrants a causé « plus de neuf morts en mer par jour », dénombre le quotidien.

« L'immigration clandestine est devenue l'industrie du désespoir, soupire L’Alsace. (…) Ce nouveau mode de transport est diabolique. Il permet d'entasser bien plus de passagers, donc de gagner davantage d'argent. Surtout: il est impossible aux Européens d'ignorer ces bateaux, auxquels ils doivent porter assistance », regrette le quotidien de l’Est de la France.

« À ceux qui veulent les rejeter à la mer, expliquons, inlassablement, que tant qu'il y aura des guerres, il y aura du bétail humain dans des cargos rouillés ou... des wagons plombés », énonce Le Midi Libre.

« La guerre et la misère battent en brèche les frontières de l'Europe, se lamente La Charente Libre. Aucun Etat seul n'est capable de faire face à cette situation ».

Sahel : drone US pour armée française

Au Niger, les militaires français vont bientôt recevoir un drone américain supplémentaire. C’est le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui l’a annoncé hier à Niamey. Ce drone supplémentaire « ne devait initialement être acquis qu’en 2017, souligne Le Figaro, mais le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Denis Mercier, avait exprimé le mois dernier le souhait d’accélérer l’acquisition de drones de renseignement ».

Le Parisien évoque longuement cette dotation à venir. « Dans quelques semaines, un troisième Reaper (de fabrication américaine) viendra compléter le dispositif français au Sahel, qui compte également deux drones Harfang, sensiblement moins performants, énonce le quotidien. Cinq appareils au total qui pourront se relayer quasiment en permanence au-dessus du Nord-Mali et de la frontière libyenne ».

En visite sur la base de Niamey, Le Parisien a découvert la salle de commande de ces engins pilotés à distance. « Des officiers en combinaison beige dirigent la manœuvre comme s’ils étaient à bord. Grâce à la puissance de nos caméras embarquées, on peut distinguer un homme en armes à 20 000 pieds (soit environ 6 km d’altitude), détaille le capitaine Guillaume, qui a reçu une formation complémentaire aux Etats-Unis, souligne le journal. A cette distance, on ne nous voit pas, on ne nous entend pas. L’effet de surprise est total ». Et Le Parisien de rappeler que la France se dotera d’ici à 2019 et la fin de la loi de programmation militaire de « neuf Reaper supplémentaires », portant leur nombre total à douze. Une guerre électronique et furtive « made in USA », en somme…

Effort de guerre : taxis brousse

La guerre, justement. Elle ne concerne pas que les militaires. Les entreprises françaises aussi. Décryptant la tournée que vient d’achever Jean-Yves Le Drian dans le Sahel, Libération explique que « Paris prépare le terrain à une opération en Libye ».

A en croire les informations du site Internet Mondafrique.com, des entreprises « recensées » ont reçu un « document estampillé Ministère de l'Ecologie » leur indiquant qu’elles étaient « tenues de déclarer matériels et personnels pour des besoins de défense ».

Ce document, dont Mondafrique publie un fac-simile, indique que l’entreprise qui le reçoit « est tenue de procéder à la déclaration de ses matériels et de ses personnels et est soumise aux obligations de service de défense. L’entreprise notifiera à son personnel qu’il est soumis au régime de l’affectation collective de défense ». « Avis de recensement » signé Jean-Pierre Neveu, « responsable par intérim de la Mission Sécurité Défense, avec en-tête du Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie », celui de Ségolène Royal.

« La guerre est là, lance en conséquence Mondafrique, c’est une guerre même si elle sera brève. Les camions, cars, bulldozers et ambulances sont enrôlés. (…). Sur la route de Moscou, (les taxis) seraient bien utiles pour atteindre, pour le moins, la Marne », raille le journal en ligne.

Hollande : bonne année prési !

Qui envoie par ailleurs à François Hollande « quelques recommandations » que lui a adressées un « ami ivoirien ». Lequel, pour « sortir la France du marigot où elle patauge », conseille notamment au président français « d’annexer le Qatar », mais aussi de se trouver une « Première Dame », car un président « sans épouse, c'est un poulet sans propriétaire », d’arrêter d’être le « mouton d’Obama » et de montrer au président américain que « petit marteau peut casser gros caillou », ou encore, de cesser d'annoncer la baisse du chômage, la reprise économique. « Prévois plutôt que la galère va continuer d'empirer. Les Français salueront alors l'excellence de tes prévisions. Et si tu te trompes, ils ne t'en voudront pas ». Tels sont donc les vœux ivoiriens de Mondafrique à François Hollande. Bonne année, prési !

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