Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

L’Amérique latine contaminée par le ralentissement chinois

Audio 03:39
Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse à Caracas, le 30 décembre 2014.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse à Caracas, le 30 décembre 2014. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Plombé par la chute des cours du pétrole, le Venezuela se tourne vers la Chine pour demander une nouvelle aide financière. Le président Nicolas Maduro se rend à Pékin cette semaine. Il sera rejoint par d’autres représentants de pays sud-américains également en souffrance à cause de la chute des cours des matières premières.

Publicité

Le Venezuela fait partie des pays les plus durement touchés par la baisse du brut. Parce que le pétrole représente sa seule source de devises et de recettes publiques. Et parce que son économie était déjà mal en point avant que les cours du pétrole ne baissent de 50 %. Mais il n'est pas le seul à en pâtir. La plupart des pays latino-américains souffrent du même syndrome. Des pays producteurs de pétrole, de métaux ou de produits agricoles qui ont connu ses dernières années un développement fulgurant grâce aux achats chinois payés à prix d'or. Or en 2014, cette conjonction providentielle s'est retournée, la Chine importe moins et l'ensemble des cours des matières premières recule.

Comment faire face à cette nouvelle donne ? La question sera bien sûr à la table des discussions de la réunion ministérielle organisée cette semaine à Pékin avec les pays membres de la Celac, la communauté des pays sud-américains et caribéens. Mais pour Caracas, l'urgence est telle que le président se déplace en personne et en amont, sans doute pour obtenir le renouvellement d'une ligne de crédit de 4 milliards de dollars qui expire le mois prochain. Cela ne ramènera pas la croissance aujourd'hui disparue au Venezuela, mais c'est une aide bienvenue.

Comment réagissent les autres pays latino-américains affectés par la chute des cours du pétrole ?

Certains assurent qu'ils se sont préparés à ce retournement et qu'ils sont en mesure de diversifier leur économie ou de la soutenir grâce aux réserves accumulées pendant les années de jouvence. Cela concerne les pays plutôt tournés vers le Pacifique, et plutôt libéraux dans leur approche de l'économie. Le Chili, la Colombie, le Pérou garderont des rythmes de croissance élevés. Le gouvernement péruvien a prévu d'augmenter la production minière pour compenser la baisse des cours et des grands projets d'infrastructures, un gazoduc dans le sud ou encore un vaste chantier ferroviaire à Lima pour créer de l'emploi. Les pays du groupe dit « Atlantique », davantage interventionnistes, auront plus de mal à traverser la tempête.

Au Brésil, Dilma Rousseff est en train d'ajuster sa politique pour sortir son pays de la récession ; tandis que Cuba, aux abois comme le Venezuela, cherche le salut à l'extérieur. L'Argentine, toujours coupée des marchés extérieurs pour se financer, et directement touchée par la baisse de régime du voisin brésilien fait partie de ce groupe en perte de vitesse. À noter enfin l'extraordinaire trajectoire de la Bolivie qui a connu en 2014 le plus fort taux de croissance de la région, à + 5,5 % et qui entend bien le conserver grâce à la politique redistributive menée par Evo Morales.

Les États-Unis vont-ils prendre le relais de la Chine ?

En raison de leur proximité géographique, et des excellentes perspectives pour cette année, ils pourraient effectivement jouer un rôle de locomotive en Amérique latine. Mais ils sont plutôt importateurs de produits manufacturés que de matières premières. C'est donc surtout leur voisin mexicain qui profitera surtout de cet élan. 80 % des exportations du Mexique sont destinées au marché nord-américain. 


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

Le chômage a fortement reculé l'année dernière en Espagne

Pour la deuxième année consécutive, il y a eu plus de création que de destruction d'emplois. Autre bonne nouvelle : le nombre des contrats à durée indéterminée a augmenté plus vite que celui des emplois précaires. Mais avec 4 millions 450 000 personnes à la recherche d'un travail, l'Espagne est encore l'un des pays européens où le chômage est le plus élevé.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.