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Revue de presse Afrique

A la Une : encore et toujours Boko Haram

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le groupe islamiste continue son parcours funèbre, avec une attaque d’envergure samedi contre une base militaire et plusieurs localités voisines dans l’extrême nord-est du Nigeria, le long des rives du lac Tchad. Des centaines d’habitants ont dû se réfugier au Tchad voisin.

« Provocation, agression, annexion ? », s’interroge le site d’information Guinée Conakry Infos. En tout cas, « la série noire des humiliations que la secte islamiste Boko Haram inflige à l’armée nigériane se poursuit. Après le retentissant enlèvement des 200 lycéennes de Chibok et les multiples attentats meurtriers de ces derniers mois, les hommes d’Abubakar Shekau démarrent la nouvelle année avec l’enlèvement de 40 jeunes hommes dans la localité de Malari, Etat de Borno et la prise de la base militaire de Baga, donc, à 180 km de Maiduguri, capitale du même Etat du septentrion nigérian. A travers ces deux actes, le terrible groupe terroriste entend signifier qu’il ne reculera pas. Au contraire, il réitère ses velléités expansionnistes, au-delà du seul Nigéria. »

Guinée Conakry Infos qui relève également que « la prise de cette base militaire de Baga a un écho régional. En effet, elle abrite habituellement une force multinationale composée de soldats tchadiens et nigériens dont la mission est justement de lutter contre Boko Haram. Les vrais occupants des lieux n’étaient sans doute pas sur place au moment de l’invasion de la base, il n’y avait que quelques soldats nigérians qui ont pris la fuite, mais il demeure que, du point de vue de la symbolique, la cible s’est retournée contre son poursuivant. (…) D’où la nécessité, estime Guinée Conakry Infos, pour l’ensemble des leaders de la région, et au-delà, de l’Afrique et du monde, d’unir leurs efforts pour éradiquer cette nébuleuse qui veut étendre ses tentacules. Pendant qu’il est encore temps. »

Qui arrêtera Boko Haram ?

« Qui arrêtera Boko Haram ? », s’interroge pour sa part le quotidien burkinabé Aujourd’hui. « Le constat est que l’armée nigériane peine à contenir le maillage de la secte. Certes, le président Goodluck Jonathan avait mis son crédit personnel et son fauteuil en jeu, en promettant d’éradiquer ce phénomène mortel. Hélas, la précampagne qui est déjà dans les esprits, a fait oublier cette promesse, et en mettant l’Etat de Borno sous leur giron, les fous d’Abubakar Shekau lancent un énième défi au Nigéria et au monde. La secte ne fait pas mystère de la création d’un califat dans le nord-est du Nigéria. Et le contexte nigérian y est propice, car Goodluck est plus préoccupé par sa réélection que par cette tragédie, et ne semble plus s’en occuper comme de sa première barboteuse. Au grand dam de milliers de ses compatriotes, qui passent par perte et profit sous la coupe de ces assassins moyenâgeux. »

« Alors, s’exclame encore Aujourd’hui, si avec sa capacité militaire et ses moyens colossaux, le Nigeria, géant de l’Afrique, n’arrive pas à arrêter cette pieuvre sanguinaire, alors qui ? C’est ici le lieu de souligner que certains n’hésitent pas à parler de complicité en haut lieu, voire de crimes organisés et entretenus par de grosses pontes politiques. Reste à le prouver. »

En tout cas, conclut le quotidien burkinabé, « en franchissant même les frontières du Nigeria, pour externaliser sa 'parole divine', notamment au Cameroun, Boko Haram constitue, au même titre que les autres djihadistes du Mali et du Niger, une sérieuse menace pour la sous-région. L’ignorer et croire que seul le Nigéria doit 'se démerder', reviendrait à livrer des batailles inutiles. A quoi servirait de gagner par exemple, contre les mafieux du désert, si ceux de Boko Haram continuaient à s’étendre ? »

Constat d’impuissance…

Alors que faire ? « Même la communauté internationale qui s’était fort émue au lendemain du rapt des deux cents jeunes lycéennes, semble manifestement résignée, constate le quotidien Le Pays, toujours au Burkina, au regard de la prouesse dont font montre les islamistes de Boko Haram. La preuve, c’est que même le Cameroun qui a sorti l’artillerie lourde, n’a pas encore réussi à faire plier cette araignée venimeuse qui continue de tisser sereinement sa toile au-delà des frontières nigérianes. (…) Qui donc arrêtera Boko Haram ? Telle est la question que tout le monde se pose, au regard de la menace qui se fait de plus en plus grande. (…) De toute évidence, relève Le Pays, ce n’est pas le président nigérian, Goodluck Jonathan, qui pourra freiner les ardeurs de cette secte, lui qui, visiblement dépassé, semble plus préoccupé par sa réélection que par l’équation islamiste. »

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