Chronique des matières premières

La Chine supprime ses quotas d'exportation de terres rares

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Un gisement de terre rare dans la province du Jiangxi, en Chine.
Un gisement de terre rare dans la province du Jiangxi, en Chine. REUTERS/STRINGER

Condamnée par l'Organisation mondiale du commerce, la Chine lève ses quotas d'exportation de terres rares. Elle n'abandonne pas pour autant le contrôle sur ces métaux stratégiques.

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La Chine supprime les quotas d'exportation de ses terres rares. Des quotas qui avaient fait l'objet d'une plainte des Etats-Unis, de l'Union européenne et du Japon, et qui avaient été condamnés par l'Organisation mondiale du Commerce au mois d'août. En 2010, la Chine, producteur à l'époque de la quasi-totalité de cette famille de métaux, avait semé la panique en réduisant de 40 % ses quotas d'exportation. Les prix des terres rares, devenues indispensables dans tout un tas de produits, des écrans plats aux pots d'échappement, en passant par les ampoules et les aimants des moteurs d'éoliennes, avaient soudain grimpé ; pour certaines terres rares lourdes, il avait décuplé.

Aujourd'hui, Pékin abolit donc les quotas sous la contrainte, mais sans trop les regretter. Ils n'étaient plus efficaces : la moitié des terres rares chinoises partait en contrebande, souligne Christian Hocquard expert du BRGM. Pas question pour autant que la Chine abandonne le contrôle de métaux aussi stratégiques pour ses propres industries vertes ; pas question non plus de les brader. Même si les prix des terres rares ont un peu baissé depuis 2010 parce que la production a redémarré ailleurs qu'en Chine et que l'économie mondiale a ralenti, l'avenir de ces métaux reste florissant, les champs d'éoliennes commencent à peine à prendre de l'ampleur.

La Chine, qui produit toujours près de 90 % des terres rares, va continuer à contrôler l'amont, à savoir les producteurs miniers. L'Etat chinois n'accordera des licences d'exportation qu'à certains opérateurs, exit la production informelle. Une bourse spécifique est également lancée à Baotou, en Mongolie intérieure, pour commercialiser ces métaux. De quoi faciliter la constitution de stocks chinois de terres rares, et donc d'orienter leur prix, sans subir cette fois les foudres de l'OMC.

 

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