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Aujourd'hui l'économie

Le spectre du «Grexit» fait chuter l’euro

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La sortie de la Grèce de la zone euro, ou «Grexit», serait coûteuse pour l’union monétaire et pour Athènes.
La sortie de la Grèce de la zone euro, ou «Grexit», serait coûteuse pour l’union monétaire et pour Athènes. AFP/ANDREAS SOLARO

L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro a fait chavirer les marchés hier. Ce scénario est-il réaliste ?

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Ce scénario, c'est d'abord une construction politique allemande. Angela Merkel, d'après les mots que le Spiegel prête à son entourage dans son édition du week-end, estime qu'une sortie de la Grèce est plausible, et somme toute supportable pour la zone euro. En clair, maintenant que les banques allemandes, et françaises, se sont délestées de leurs titres grecs, il n'y a plus grand risque de contagion. Les Grecs peuvent aller se faire voir ailleurs.

Des propos menaçants qui cherchent à effrayer l'électorat grec, tenté par le parti anti-austérité Syriza, et qui cherchent aussi à rassurer l'électorat allemand. Mais des propos discutables sur le plan économique. Les deux parties seront perdantes dans le « Grexit ». Côté zone euro, c'est s'exposer à une perte sèche de 226 milliards d'euros que la Grèce refuserait de rembourser en cas de départ. Du côté de la Grèce, après avoir consenti tant d'efforts, elle perdrait pour de longues années la confiance des marchés. Voyez l'Argentine, toujours coupée des financements extérieurs plus de dix ans après avoir renoncé à rembourser ses dettes, sauf qu'Athènes n'a pas les réserves de Buenos Aires.

Bref, cette perspective est coûteuse pour tout le monde, donc pas raisonnable. D'ailleurs, les Grecs souhaitent majoritairement rester dans la zone euro. Tout comme les principaux partis susceptibles d'emporter l'élection du 25 janvier ! Les conservateurs au pouvoir qui ont organisé le scrutin, et leur principal rival Syriza. Mais si le maintien de la Grèce dans la zone euro devient l'enjeu du scrutin et non plus la fin de l'austérité, ce qui est pourtant le voeu, le programme de tous les partis grecs, il y a fort à parier que les Bourses continueront à tanguer jusqu'à la formation du gouvernement.

L'hypothèse d'une sortie de la Grèce a aussi accentué la chute de l'euro

L'euro est tombé à son plus bas niveau depuis neuf ans, il vaut moins de 1,2 dollar. Cette dégringolade doit un peu à la Grèce et beaucoup aux piètres performances économiques de la zone. Les investisseurs délaissent une région en petite forme, de moins en moins rémunératrice à cause de la baisse historique des taux d'emprunt de l'Allemagne et de la France, les deux plus gros émetteurs de dette du continent.

Cette dépréciation, symptôme de la morosité ambiante, est pourtant bien perçue car elle fait aussi partie du remède. Lorsque la monnaie baisse, les produits exportés sont plus compétitifs, une excellente nouvelle pour l'agroalimentaire ou l'aéronautique français, tout comme pour le prêt-à-porter italien ou les voitures espagnoles.

En contre partie, les importations sont de plus en plus chères

Il y a en quelque sorte un transfert de charges des entreprises vers les ménages. Les produits techno, téléphone, portable, vont augmenter. Mais après tout, dans une zone qui redoute la déflation, cette hausse des prix des produits importés pourrait avoir des effets positifs. Et puis la baisse du pétrole contribue par ailleurs à son allègement. Les deux baisses conjuguées rendent moins douloureuse l’addition des importations.

Bref, la baisse de l'euro est une bonne nouvelle qui pourrait faire gagner au moins un demi-point de croissance en Europe, de Berlin à Athènes, en passant par Paris, Rome et Madrid. Et cela sans sortir un sou de la poche d'Angela Merkel et des autres contributeurs européens au plan de sauvetage grec.



EN BREF DANS L’ECONOMIE

L'année dernière, les ventes de voiture électriques ont augmenté de 20 % en France

C'est une progression beaucoup plus rapide que celle des voitures à essence, mais cela reste marginal, puisque ce créneau ne représente que 1 % du marché automobile français. Le constructeur Renault en est le premier bénéficiaire, il a réalisé la moitié des ventes de véhicules électriques.
 

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