Chronique des matières premières

Les Etats-Unis rouvrent leur frontière au bœuf irlandais

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Seize ans après l’épidémie de vache folle, les Etats-Unis rouvrent leur frontière au bœuf européen.
Seize ans après l’épidémie de vache folle, les Etats-Unis rouvrent leur frontière au bœuf européen. AFP/FRANK PERRY

En acceptant à nouveau le bœuf irlandais, les Etats-Unis lèvent peu à peu leur embargo sur la viande bovine européenne. Un embargo motivé il y a 16 ans par l'épidémie de vache folle en Europe.

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C'est un bon début d'année pour le bœuf irlandais. Il retrouve le chemin des Etats-Unis, 16 ans après avoir été exclu des assiettes des Américains, au même titre que toutes les viandes bovines européennes. C'était en 1998, après l'épidémie de vache folle en Europe. L'encéphalopathie spongiforme bovine, ou ESB, avait décimé le cheptel bovin européen et provoqué des cas mortels de maladie de Creutzfeld Jakob chez les humains qui avaient ingéré, notamment, les abats d'animaux infectés.

Depuis, des règles sanitaires très strictes ont permis de maîtriser en Europe le risque d'ESB, voire de le rendre négligeable. Mais les Etats-Unis demeuraient plus draconiens que l'Organisation mondiale de la santé animale elle-même. La réouverture de leur marché au bœuf européen est donc une bonne nouvelle, mais elle prend son temps : annoncée il y a plus d'un an, en novembre 2014, elle ne concerne donc pour l'instant qu'un marché très restreint et haut de gamme, le bœuf des pâturages irlandais, qui était déjà le bœuf européen le plus importé aux Etats-Unis avec le bœuf néerlandais, avant l'embargo.

L'importance de la communauté irlandaise aux Etats-Unis et la nationalité irlandaise du commissaire européen à l'Agriculture ont certainement joué favorablement. Les autres pays d'Europe attendent maintenant l'approbation américaine, tout en redoutant la réciprocité. Déjà plus de 21 000 tonnes de bœuf américain sont importés en Europe, c'est 30 fois plus que ce qu'exportait l'Union européenne avant l'embargo. Et les arrivages de bœuf américain en Europe pourraient être multipliés par 100, une fois signé l'Accord transatlantique de libre-échange.

Même si le bœuf américain coûte beaucoup plus cher que le bœuf brésilien, il pourrait en revanche, s'il se débarrasse de ses hormones, concurrencer le bœuf européen sur son propre terrain, étant donné les méthodes industrielles très économiques d'élevage et d'abattage aux Etats-Unis. C'est pourquoi, malgré le geste de bonne volonté américain vis-à-vis du bœuf irlandais, la viande bovine restera l'os sur lequel continueront de butter les négociations commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis.

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