Chronique des matières premières

Les défis de l'agriculture française en 2015

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L'année 2015 s'annonce difficile pour les agriculteurs français. (Photo: un agriculteur moissonne son champ de blé, à Démouville).
L'année 2015 s'annonce difficile pour les agriculteurs français. (Photo: un agriculteur moissonne son champ de blé, à Démouville). AFP / M. Daniau

Défis environnementaux, incertitudes sur la nouvelle politique agricole commune, crise de nombreuses filières et embargo russe... les agriculteurs français abordent 2015 avec inquiétude.

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Dans le monde agricole, les sujets d'inquiétude ne manquent pas en ce début d'année. 2015 marque d'abord le début de la nouvelle politique agricole commune (PAC) en Europe. Or, la profession agricole estime qu'elle avance à tâtons, sans feuille de route des ministères sur les nouvelles aides aux éleveurs et sur la mise en œuvre du « verdissement » de la PAC, comme les surfaces d'intérêt écologiques (haies, lisières de bois et couvertures végétales) imposées sur les terres arables.

Le principal syndicat agricole français, la FNSEA, s'arc-boute aussi devant les nouvelles contraintes imposées cette fois par le gouvernement français, comme l'interdiction de curer les cours d'eau ou de traiter les champs à moins de 200 mètres des écoles. Il craint le vote prochain du nouveau statut animal, qui pourrait remettre en question le transport-même des animaux d'élevage. La FNSEA refuse aussi d'appliquer en l'état le compte pénibilité jusqu'en juin. Trop de cases à remplir : les heures du salarié passées sur le tracteur, s'il subit des vibrations sur un sol meuble ou un sol dur...

Plus sérieusement, le monde agricole français aborde 2015 fragilisé par un contexte international très morose, avec la chute des cours mondiaux des céréales et l'embargo russe, d'abord sur le porc européen en février dernier, puis sur tous les produits agricoles en août. Cet embargo doit cesser estime le président de la FNSEA. Xavier Beulin demande à Paris de convaincre Bruxelles de saisir l'Organisation mondiale du commerce contre Moscou !

Autre grande source d'inquiétude pour les agriculteurs en 2015 : le futur Accord transatlantique. Ce qu'ils pourraient gagner sur les produits laitiers et le vin, ils pourraient largement le perdre si les indications géographiques ne sont plus protégées, et que des contingents de sucre et de viandes des Etats-Unis, autrement plus massifs que ceux qui ont été accordés au Canada, sont autorisés en Europe. Seule consolation dans ce paysage anxiogène pour les agriculteurs français : la baisse de l'euro propice aux exportations et la chute des cours du brut, qui allège les factures de carburant et modère le coût des engrais, puisqu'ils sont fabriqués à partir de gaz.

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