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Chronique des médias

Le prochain numéro de Charlie

Audio 02:33
Une de la presse allemande le 8 janvier 2015 après l'attentat contre Charlie Hebdo
Une de la presse allemande le 8 janvier 2015 après l'attentat contre Charlie Hebdo AFP PHOTO / ODD ANDERSEN

Retour avec Amaury de Rochegonde, sur Charlie Hebdo qui va reparaître dès la semaine prochaine grâce à une exceptionnelle mobilisation.

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On a tous en tête les mots du terroriste, dans la rue, après l’attentat, au moment où il s’apprête à remonter dans sa voiture : « on a tué Charlie Hebdo ». Et bien, aujourd’hui si les auteurs présumés de cet assassinat, les frères Kouachi, sont morts, Charlie Hebdo non seulement, lui, n’est pas mort, mais il n’a jamais eu paradoxalement une meilleure espérance de vie. Mercredi prochain, le journal reparaîtra, il sera tiré à un million d’exemplaires, ses recettes iront aux familles des victimes et il aura été réalisé grâce à la rédaction du quotidien Libération qui l’avait déjà hébergé, en 2011, au moment où un incendie avait détruit ses locaux. Oui, Charlie n’est pas mort et il est même devenu un symbole mondial de la liberté d’expression comme le prouve ce slogan « je suis Charlie » qu’on a retrouvé partout sur les réseaux sociaux comme sur un panneau lumineux de Times Square à New York, ou encore à travers cette manifestation de soutien de journalistes togolais, à Lomé.

Avant le massacre qui a décimé une bonne partie de sa rédaction, l’hebdomadaire satirique était presque moribond. Il ne se vendait plus qu’à 30 000 exemplaires, il perdait 100 000 euros par an, il avait dû lancer une souscription auprès de ses lecteurs, et son rédacteur en chef Charb était venu en vain réclamer de l’aide à l’Elysée et attirer son attention sur « l’inexorable disparition de Charlie par asphyxie financière », comme le rappelle un de ses journalistes, Zineb El Rhazoui, dans Le Monde.

Aujourd’hui, Charlie Hebdo est devenu un tel symbole de la liberté que personne ne se résoudra à le voir mourir. Des citoyens mais aussi le ministère de la Culture, les grands médias, le journal britannique The Gardian, et même Google se proposent de l’aider ou lui promettent de l’argent. Et pourtant, ceux qui s’activent autour de Charlie ont un petit goût amer. Ce soutien est tardif et son prix à payer extrêmement élevé, c’est le moins qu’on puisse dire. Le titre n’a jamais bénéficié de l’aide pour les journaux à faibles ressources publicitaires car elle est réservée, allez savoir pourquoi, aux quotidiens. Certains journaux anglo-saxons ont préféré flouté la Une avec la caricature du prophète Mahomet, prouvant ainsi que le droit à la satire religieuse est encore loin d’être acquis, y compris en Occident. Enfin, la flamme de Charlie n’a pas pu empêcher des débordements comme ce chroniqueur du Figaro Yvan Riouffol de défendant de tout amalgame mais sommant les musulmans de se désolidariser des terroristes. « C’est dur d’être aimé par des cons », titrait une Une célèbre de Charlie Hebdo.

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