Chronique des matières premières

Le stockage du pétrole en mer reprend de l'essor

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Avec les vieux tankers qui sont partis à la casse, les navires pétroliers sont plus rares, et le tarif de location d'un supertanker, qui ne compensait pas les coûts de revient il y a encore six mois, remonte en flèche.
Avec les vieux tankers qui sont partis à la casse, les navires pétroliers sont plus rares, et le tarif de location d'un supertanker, qui ne compensait pas les coûts de revient il y a encore six mois, remonte en flèche. (cc) Flickr/wirralwater

La chute des prix du pétrole pousse les fournisseurs à stocker le brut à bord des tankers.

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Le plongeon des cours du pétrole fait le bonheur des propriétaires de supertankers. L'écart se creuse entre le prix rapproché du brut et son prix éloigné. Pourquoi vendre tout de suite les barils qui seront vendus plus chers dans quelques mois ? C'est la réflexion des fournisseurs. Sauf qu'il faut pouvoir stocker tout ce pétrole en attendant de le vendre. Les cuves terrestres ne sont pas extensibles. Alors rien de tel que le stockage en mer, à bord de navires pétroliers ! Tout le monde s'y met. Les grands négociants de pétrole, comme Trafigura et Vitol, mais aussi les compagnies pétrolières comme Shell, signale Reuters, ont au cours des derniers jours signé des contrats de location de tankers pour des durées pouvant aller jusqu'à un an. Un an de stockage flottant, c'est dire la piètre confiance de ces opérateurs dans un redressement des prix du pétrole à court terme !

Un autre phénomène profite au transport maritime du pétrole : les emplettes des Chinois. Le brut est moitié moins cher qu'il y a six mois, alors la Chine fait les soldes, elle en profite pour remplir à bon compte ses réserves stratégiques, avec des achats record de pétrole le mois dernier. Depuis la fin de l'année dernière, des centaines de supertankers en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique rejoignent les côtes chinoises tous les mois.

Le transport maritime du pétrole est donc en pleine effervescence. Même paradoxe qu'en 2009 où les cours du pétrole s'étaient également effondrés. La différence, c'est qu'à l'époque le secteur maritime, qui avait vu trop grand, avait beaucoup trop de bateaux en circulation. Aujourd'hui, avec les vieux tankers qui sont partis à la casse, les navires pétroliers sont plus rares, et le tarif de location d'un supertanker, qui ne compensait pas les coûts de revient il y a encore six mois, remonte en flèche : il a quintuplé depuis, pour atteindre près de 100 dollars la journée, son plus haut niveau en cinq ans.

 

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