Chronique des matières premières

Le Venezuela va-t-il tirer l'OPEP du chacun pour soi?

Audio 01:55
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (à droite) et son homologue iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 10 janvier 2015.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (à droite) et son homologue iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 10 janvier 2015. EUTERS/Miraflores Palace/Handout via Reuters

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, effectue une tournée des pays membres de l'OPEP, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, pour qu'elle agisse enfin de concert.

Publicité

Le Venezuela va-t-il tirer l'OPEP du chacun pour soi ? En tout cas le président Nicolas Maduro ne ménage pas sa peine pour y parvenir. C'est un véritable tour du monde des pays membres que le chef d'État latino-américain effectue. Après l'Iran, l'Arabie Saoudite, le Qatar, le voilà en Algérie. Le but affiché par le chef d'État vénézuélien ? Ressouder le cartel vers un même but : la remontée des prix du baril, alors que son pays est celui qui souffre le plus du plongeon des cours (moins 60 % depuis le mois de juin). Car c'est la division qui l'a emporté au sein de l'OPEP, depuis que son leader, l'Arabie Saoudite, seul apte à orienter radicalement le marché en ajustant sa production à la baisse, a refusé de le faire.

Désormais, c'est sauve-qui-peut, chaque État membre veut avant tout préserver sa part d'un marché rétréci par l'indépendance pétrolière accrue des États-Unis et par le ralentissement économique mondial. L'Arabie Saoudite a même été la première à casser les prix pour fidéliser ses clients asiatiques depuis l'été ; l'Irak propose de son côté des ristournes. Depuis quelques semaines, les plus fidèles alliés - Saoudiens, Koweïtiens et Émiratis - se livrent une véritable guerre des prix.

Alors le Venezuela obtiendra-t-il autre chose qu'un petit soutien financier de la part de ses pairs ? Réussira-t-il à resserrer les rangs ? Chez Pétrostratégie, Pierre Terzian le pense. Il observe que des voix discordantes se font entendre à Riyad sur la stratégie pétrolière très coûteuse de l'Arabie Saoudite. Et que même sans son accord, quelques membres de l'OPEP pourraient s'unir et diminuer la production d'un million de barils par jour, la moitié du surplus mondial disparaîtrait. Ce serait d'autant moins un sacrifice pour les pays comme le Venezuela que leur pétrole se vend aujourd'hui moins cher qu'il ne coûte à produire ! Au contraire, Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques, ne croit pas du tout à un changement de stratégie de la part de Riyad à court ou moyen terme, et il estime qu'une décision en ordre dispersé au sein de l'OPEP aurait un impact encore plus désastreux sur les marchés.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail