Chronique des matières premières

Gazprom souffle le chaud sur les prix du gaz

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Le président de Gazprom, Alexei Miller.
Le président de Gazprom, Alexei Miller. REUTERS/Thomas Peter

Le géant russe du gaz annonce que l'approvisionnement de l'Europe est à nouveau menacé par l'Ukraine, et que ce pays de transit sera abandonné au profit de la Turquie. De fausses menaces, qui visent à faire remonter les prix.

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Gazprom souffle le chaud sur les prix du gaz. Alors que les prix du combustible avaient tendance à plonger comme les prix du pétrole, quoi de mieux qu'une bonne petite menace de Moscou pour les faire rebondir ! Le géant russe choisit son moment, la période du pic de consommation hivernale pour dire aux Européens : attention, les réserves de l'Ukraine sont basses et ce pays risque de ne pas pouvoir vous approvisionner...

Mais si les réserves ukrainiennes sont basses, c'est que Kiev n'a pas pris livraison de tout le gaz russe qu'il a déjà payé, conformément à l'accord conclu en novembre sous l'égide de la Commission européenne. Pas de danger donc de rupture des livraisons gazières en Europe qui seraient dues à l'Ukraine. Thierry Bros, expert gazier de la Société Générale, est formel : « Les Ukrainiens ont suffisamment d'options avec la capacité de tirer du gaz russe qu'ils ont prépayé pour à peu près l'équivalent d'un milliard de m3, pour tenir l'hiver. Et donc ils n'ont aucun intérêt à siphonner du gaz étant donné qu'ils l'ont prépayé. Le système tient parfaitement. Maintenant, quand vous êtes un producteur (comme Gazprom) et que vous dites “attention” et qu'en plus il va faire froid, et qu'un autre producteur, la Norvège, a eu un problème de production, la résultante de ça, ce sont des prix plus élevés. »

Autre facteur de relèvement des prix, Gazprom annonce qu'il ne fera plus transiter son gaz par l'Ukraine, mais par la Turquie dès que possible. Cela n'interviendra pas avant quatre ans, puisque le contrat de transit par l'Ukraine court jusqu'en 2019, mais c'est un signal aux marchés, qui auraient pu l'oublier. Les prix du gaz, qui avaient chuté de 20 % depuis Noël en Europe, se sont repris depuis une semaine, rien qu'hier ils ont regagné 6% !

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