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Aujourd'hui l'économie

Le scrutin grec affole toute l’Europe

Audio 03:58
Alexis Tsipras, le leader grec du parti de gauche Syriza.
Alexis Tsipras, le leader grec du parti de gauche Syriza. REUTERS/Juan Medina

A six jours des élections législatives en Grèce, les dirigeants européens comme ceux du FMI rappellent Athènes à ses engagements. Ils redoutent la mise en œuvre du programme anti-austérité défendu par le parti Syriza, aujourd'hui en tête des sondages.

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Jamais programme d'un parti politique européen n'a été aussi lu, commenté, et discuté dans toutes les capitales d'Europe. C'est dire si le parti Syriza inquiète au sein de l'Union. Cette semaine, c'est le thème de l'annulation de la dette grecque qui focalise l'attention. Deux des quatre grandes banques grecques se préparent déjà à cette éventualité. Elles ont demandé à la Banque centrale européenne un accès au programme prévoyant l'octroi de liquidités en cas d'urgence, c'est-à-dire en cas de défaut de la Grèce.

Pourtant, à court terme, cette supposition est invraisemblable. Bruxelles versera sans doute la nouvelle tranche d'aide promise pour fin février, même si ses exigences ne sont pas remplies, car le temps manquera pour discuter avec l'équipe dirigeante issue du scrutin du 25 janvier. En revanche, Syriza, s'il gouverne, souhaite bien la tenue d'une conférence internationale sur la dette, à l'image de celle de Londres en 1953 qui a abouti à l'annulation de la moitié de la dette de l'Allemagne de l'Ouest.

Mais une dette est une dette, a rappelé ce matin Christine Lagarde, la patronne du FMI

La semaine dernière, le Premier ministre finlandais, le libéral Alexander Stubb, a été encore plus clair : il dira non à un troisième effacement de la dette grecque. Les créanciers nordiques de la Grèce, Allemagne incluse, sont les plus virulents. Côté français, dans le Financial Times, Michel Sapin, le ministre de l'Economie, rappelle aujourd'hui à ses partenaires qu'il faudra respecter le résultat des urnes et donc renégocier si c'est le choix des Grecs. Car aujourd'hui tous les partis grecs, y compris celui du gouvernement sortant d'Antonis Samaras, prônent un allègement de l'austérité.

Une revendication justifiée sur le plan économique. Les Grecs souffrent : les salaires et les prestations sociales ont diminué, sans parvenir à endiguer le chômage ; un jeune sur deux est sans emploi ; et la dette représente 170 % du PIB. L'échec de l'austérité ne valide pas pour autant le système actuel. Il y a aujourd'hui autant de salariés que de retraités, il est donc mathématiquement impossible de financer les pensions sans les réduire. C'est d'ailleurs sur ces incontournables réformes que les négociations entre la Grèce et ses bailleurs ont achoppé et c'est là-dessus qu'un accord à un moment ou à un autre devra être trouvé.

Le parti Syriza est peu favorable à des réformes d'inspiration libérale, en revanche il a déclaré la guerre aux oligarques

Les oligarques, ce sont les grandes familles qui prospèrent depuis des générations avec la bénédiction des pouvoirs en place, et des passe-droits devenus au fil du temps des entraves à la concurrence. Pour le moment, aucune enquête pour fraude fiscale les concernant n'a abouti. Pas de bruit non plus sur les emprunts qu'elles n'ont pas remboursé aux banques locales. Dénoncer ces familles et leur rôle néfaste dans l'économie demeure mission impossible en Grèce, car bien souvent elles détiennent des journaux, et surtout des télévisions privées qu'elles ont obtenus gratuitement.

C'est ce régime de privilège que Syriza veut abattre. En commençant par remettre aux enchères les licences de télévision privées accordées de la main à la main, en revoyant les contrats passés dans les années 90 souvent pour leur unique bénéfice. Ce discours qui parle à l'électorat parle aussi à la troïka. A Bruxelles comme à Berlin, les autorités savent bien que ces familles freinent des quatre fers toute réforme du pays, peu compatible avec leurs intérêts.


EN BREF DANS L’ECONOMIE :

Au Royaume-Uni le commerce détaxé souffre de la chute du rouble

Les achats de la clientèle russe ont baissé de 30 % à Noël selon la société Global Blue qui a introduit ce concept il y a trente ans. L'hôtellerie a aussi pâti de la désaffection de ces touristes de luxe. En revanche, les dépenses des Chinois et des émirs du Golfe ont bondi de 20 et 30 %.
 

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