Chronique des matières premières

Le cuivre, enjeu de l'élection présidentielle en Zambie

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Les deux candidats à la présidence de la Zambie: Edgar Lungu (gauche) et Hakainde Hichilema (droite).
Les deux candidats à la présidence de la Zambie: Edgar Lungu (gauche) et Hakainde Hichilema (droite). AFP PHOTO/CHIBALA ZULU-REUTERS/Rogan Ward

La taxe sur les revenus du cuivre est au cœur de l'affrontement entre les deux principaux candidats à l'élection présidentielle qui a lieu aujourd'hui en Zambie, deuxième producteur de cuivre en Afrique.

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Le cuivre est la principale ressource de la Zambie et il pèse lourd aujourd'hui dans le scrutin présidentiel. Jusqu'à présent largement favori, Edgar Lungu, membre du gouvernement sortant et dauphin du président Sata décédé en octobre dernier, est aujourd'hui contesté pour avoir soutenu la hausse des taxes sur les revenus des minerais. Essentiellement du cuivre en Zambie, huitième producteur mondial, deuxième producteur d'Afrique.

La nouvelle loi minière a triplé le prélèvement de l'Etat sur les revenus dans les mines à ciel ouvert, la redevance est portée à 20 %. Le problème c'est que cette loi entre en vigueur en janvier, alors que les cours du cuivre se sont effondrés. Les groupes miniers ont bien sûr fait pression pendant toute la campagne pour que les candidats promettent de revenir sur cette loi, qui coûterait selon eux 7 milliards de dollars au pays dans les cinq ans à venir.

Le secteur minier a le soutien du candidat de l'opposition, Hakainde Hichilema, un homme d'affaires. Mais les entreprises d'extraction ont aussi réussi à convaincre les syndicats que cette loi était nuisible aux quelque 12 000 emplois du secteur. Il faut dire que le groupe Barrick Gold est allé jusqu'à menacer, il y a quelques jours, de fermer sa mine de cuivre dans le nord-ouest du pays. La position d'Edgar Lungu, le candidat du gouvernement sortant, qui a mis en place cette mesure, est donc très inconfortable.

Cette loi a été décidée au nom d'une meilleure redistribution aux plus pauvres, et pourtant elle risque de faire perdre des électeurs à Edgar Lungu jusque dans la région du cuivre, jusqu'à présent fief électoral de son parti. Perdre des électeurs non seulement lors du scrutin d'aujourd'hui mais lors des nouvelles élections générales prévues fin 2016, si entre temps le chômage s'aggrave. Toujours favori, Edgar Lungu a donc par prudence fait entendre que la législation de son gouvernement sur le cuivre n'était pas gravée dans le marbre et qu'elle serait revue.

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