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Revue de presse Afrique

A la Une: deuxième jour de violences à Kinshasa

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Il est difficile, voire impossible, pour les médias congolais de suivre et de rapporter les événements, car internet, les SMS et la connexion 3G ont été coupés par les différents opérateurs, sur ordre des autorités. Les sites d’information et les journaux en ligne sont donc inactifs. Seuls, les médias basés à l’étranger donnent des nouvelles, à l’instar du site d’information Afrikarabia, très bien informé, qui nous décrit la situation : « après une journée d’émeutes lundi dans une dizaine de quartiers de la capitale congolaise, ce mardi a également été marqué par de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de police. Si lundi, les Kinois répondaient à l’appel des partis d’opposition pour contester le projet de modification de la loi électorale, aujourd’hui ce sont des rassemblements spontanés qui se sont formés dans ces mêmes quartiers, relève Afrikarabia : Masina, Ndjili, Ngaba, Binza, Salongo… Des commissariats, des bus ou la Mairie de Ngaba ont été incendiés. Place de la Victoire et à l’université de Kinshasa, de nombreux coups de feu ont été entendus par les Kinois. Les étudiants, toujours très mobilisés contre le régime du président Joseph Kabila, ont érigé des barricades et brûlé des pneus. La majorité des commerces avaient décidé de fermer boutique. Des pillages ont été signalés. Difficile d’avoir un bilan de ce deuxième jour d’affrontement à Kinshasa, certaines sources parlant de 14 morts. »

Pour sa part, l’opposition congolaise a eu du « retard à l’allumage », note encore Afrikarabia ; « il a fallu attendre hier après-midi pour voir le président historique de l’UDPS, Etienne Tshisekedi (82 ans, en convalescence à Bruxelles), lancer un appel à 'contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir'. » Par ailleurs, « en fin de soirée, les partis d’opposition réunis à Kinshasa ont 'déploré la mort de 28 personnes' et demandé aux Congolais 'd’arrêter les pillages'. L’opposition appelle au 'maintien de la pression jusqu’au retrait pur et simple de la loi électorale'. Si le projet de loi n’était pas retiré, l’opposition 'invite alors le peuple à faire usage de l’article 64 de la Constitution (usage de la force)' jusqu’au départ du président Joseph Kabila. »

Partira ? Partira pas ?

Alors, « le pouvoir de Kabila survivra-t-il à l’insurrection ? », s’interroge pour sa part le site d’information Fasozine « Ce mouvement populaire n’est pas sans rappeler celui qui a renversé Blaise Compaoré fin octobre à Ouagadougou. Au deuxième jour des manifestations, le dispositif policier de Kabila fait feu de tout bois. Le pouvoir n’hésite pas à procéder à l’arrestation d’opposants ou encore à couper la République démocratique du Congo du cyberespace en rendant simplement impossible la communication par Internet et par SMS. Pour quels résultats ? Il est vrai que Joseph Kabila n’est pas Blaise Compaoré et que Kinshasa n’est pas non plus Ouagadougou. Mais, s’interroge encore Fasozine, ne dit-on pas que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets ? »

Kabila est-il sur le départ ? Pas sûr, ou du moins pas encore, répond l’analyste Boniface Musavuli, sur le site Agoravox « le malheur pour les Congolais est que Joseph Kabila bénéficie d’un environnement international et régional favorable. Quatre présidents africains au moins tiennent à son maintien au pouvoir. L’Angolais Edouardo dos Santos, le Sud-Africain Jacob Zuma et surtout ses deux parrains de l’Est : Paul Kagame et Yoweri Museveni. Il faudrait que les Congolais soient en capacité de lutter avec suffisamment de détermination pour faire reculer le soutien de ces quatre présidents avant d’envisager sérieusement de déboulonner le Rais à Kinshasa. » Qui plus est, affirme encore Boniface Musavuli, « Joseph Kabila n’exerce pas un pouvoir présidentiel tout à fait autonome, mais opère dans un réseau, un dispositif mis en place par les Américains et les Britanniques après la guerre de 1996, pour contrôler les ressources minières du Congo. A priori, les Américains ne peuvent envisager le départ de Kabila que si son potentiel successeur est d’un profil compatible avec la politique qu’ils mènent dans la région des Grands lacs, politique articulée autour de l’axe Kampala – Kigali. Un profil difficile à 'vendre' aux Congolais dans le contexte actuel. »

Enfin, conclut Boniface Musavuli, « personne ne sait si les Congolais peuvent accepter l’amorce d’une deuxième présidence à vie après avoir enduré l’interminable règne de Mobutu. On ne sait pas non plus si un soulèvement populaire, sur l’exemple du Burkina Faso, peut se produire au Congo. Mais l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Herman Cohen, avait prévenu le 17 décembre dernier : 'le soulèvement populaire à Kinshasa dépassera de très loin celui vécu à Ouagadougou'. »

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