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Chronique des médias

Les «Je ne suis pas Charlie complotistes»

Audio 02:33
REUTERS/Tagaza Djibo

Comment lutter contre les thèses complotistes qui ont fleuri sur Internet après l’attentat contre Charlie Hebdo et la prise d’otages de la porte de Vincennes ? Nous en parlons avec Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies.

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Après le 11 septembre 2001, on trouvait toujours quelqu’un susceptible de vous expliquer que la CIA ou le Mossad étaient derrière l’attentat contre le World Trade Center ou qu’il n’y avait jamais eu d’avion sur le Pentagone. Une théorie fumeuse qui avait pour chef de file Thierry Meyssan, auteur de L’effroyable imposture. Ce même Meyssan soutient aujourd’hui que les instigateurs de l’attentat contre Charlie Hebdo sont à chercher à Washington mais, à vrai dire, personne n’y prête plus d’attention tant le complotisme est devenu une drogue répandue. Il suffit pour s’en rendre compte d’aller sur Facebook où l’on trouve relayées les rumeurs les plus folles. Le policier achevé par les frères Kouachi ? Pas vraiment mort. La carte d’identité oubliée dans la voiture ? Un signe du complot. Amedy Coulibaly abattu à sa sortie de l’Hyper Cacher ? Il portait des menottes, affirment ces propagateurs de rumeurs fantaisistes relayées par YouTube ou Facebook. A chaque fois, la construction est la même, avec une interprétation erronée des images et une vérité tronquée au service d’une thèse : on nous ment pour accabler les musulmans.

 
Alors que faire ? Il faut d’abord distinguer entre les professionnels du complotisme, comme Dieudonné ou Alain Soral, et les petits artisans des réseaux sociaux. Les premiers, qui n’hésitent pas à voir l’ombre du sionisme et du Mossad partout, ont fait de cette posture ou de cette imposture leur fonds de commerce et touchent plutôt des adultes au mieux sceptiques, au pire antisémites et paranoïaques. Seule la loi et la surveillance de leurs sites peut leur être opposées. Et puis, il y a les plus jeunes, les collégiens, les lycéens qui sont les victimes des réseaux sociaux et notamment du fil d’actualité de Facebook qui met sur le même plan un article sérieux et une fausse information. A la différence de Wikipedia, où une erreur énorme est très vite corrigée, la rumeur peut gentiment enfler entre amis.

D’autant qu’une vision simpliste et iconoclaste a tout pour plaire aux yeux d’ados qui cherchent à se démarquer des vérités officielles des adultes, et qu’elle génère de l’engagement, des like comme des réactions. Facebook a bien dit qu’il allait faire le ménage dans tout ce qui est mensonges ou hoax mais la vérité, c’est qu’il ne peut intervenir qu’à posteriori, qu’il n’examine pas les contenus et ne retire pas les nouvelles signalées comme fausses. Le mieux est donc d’aiguiser l’esprit critique des jeunes non seulement vis-à-vis des médias, comme le propose Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale, mais vis-à-vis des réseaux sociaux.

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