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Aujourd'hui l'économie

Allemagne: les négociations syndicales du secteur de la métallurgie

Audio 03:30
L'organisation syndicale allemande IG Metall réclame pour les 4 millions de salariés du secteur, une augmentation de salaire de 5,5 %.
L'organisation syndicale allemande IG Metall réclame pour les 4 millions de salariés du secteur, une augmentation de salaire de 5,5 %. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Par : Patricia Lecompte
8 mn

En Allemagne, le puissant syndicat de la métallurgie, IG Metall réclame pour les 4 millions de salariés du secteur, une augmentation de salaire de 5,5 %. Une revendication que les patrons rechignent à satisfaire.

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Les négociations ont débuté le 14 janvier et d'emblée IG Metall a annoncé la couleur : sur la table des négociations, le syndicat a déposé une demande de 5,5 % d'augmentation des salaires sur un an. Cette hausse concerne les salariés d'un vaste secteur industriel qui va de l'automobile à l'électronique en passant par les machines-outils et l'électroménager.

C'est la même revendication qu'il y a deux ans, à l'époque l'organisation avait obtenu gain de cause, mais dans la douleur. Après plusieurs grèves d'avertissement, le patronat avait concédé l'augmentation avec un échelonnement sur 20 mois. Cette fois-ci le ton s'est durci. En face d'IG Metall, la fédération patronale Gesamtmetall propose une augmentation de salaire de 2,2 %, sur onze mois. Pour les syndicats on est loin du compte et le spectre d'une grève générale n'est pas loin.

Le paysage syndical allemand est très différent du nôtre. Déjà au niveau de la représentativité. En France le taux de syndicalisation avoisine 8 %. Un nombre faible que se partagent les 8 grandes formations. La particularité française peut se résumer à une minorité agissante avec une forte capacité d'action, ce qui n'est pas sans interpeller nos voisins.

Des syndicats qui jouent sur la carte de l'unité

Chez nos voisins allemands, il n'y a que trois grandes formations syndicales avec un taux de syndicalisation de 25 %. Alors que les syndicats allemands jouent la carte de l'unité, en France c'est plus souvent celle de la division. Autre singularité : les formations syndicales sont organisées par branches. Peu importe le métier, c'est l'activité de la société qui vous emploie qui détermine le rattachement à la branche. Une autre différence de taille : En France le droit de grève est un droit individuel alors qu'en Allemagne c'est un droit collectif réservé uniquement aux syndicats. La grève ne peut s'exercer que durant les négociations d'une nouvelle convention collective de branche. Elle ne peut avoir lieu que si au moins 75 % des salariés syndiqués l'ont votée, à bulletin secret, et doit se terminer dès que 25 % d'entre eux votent la reprise du travail.

En Allemagne, le temps syndical est rythmé par trois phases : la première est celle des échanges et de la négociation, faute d'entente, vient alors le temps des grèves de prévention qui consiste en des débrayages épars et de courte durée. Enfin si aucun accord n'est trouvé on passe au troisième cran, celui de la grève illimitée. C'est l'ultime recours, mais aussi un aveu d’échec. Dans la bataille que mène actuellement IG Metall, on vient de rentrer dans la phase des grèves d'avertissement. Cette nuit des salariés de Ford ont débrayé et d'autres actions sont en cours chez Daimler, Valéo, Bosch et Airbus.

Des syndicats offensifs avec à la hausse de prévision de croissance pour 2015

L'actuelle inflexibilité du patronat laisse un gout armer chez les salariés de la métallurgie, car les perspectives s'annoncent meilleures que prévu. Mercredi, dans son rapport économique annuel, le gouvernement allemand a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2015 à 1,5 %. Dans ce contexte les syndicats se montrent plus offensifs et considèrent leur revendication tout à fait supportable pour l'entreprise. De plus, au travers de la hausse des salaires ils y voient une réponse au risque de déflation. Mais pour le patronat, c'est prématuré, il ne faut pas surcharger les entreprises d'autant que l'inflation est au plus bas.

Qui dans ce rapport de force gagnera ? Le vainqueur sera-t-il encore le fameux modèle du dialogue social allemand... Il est certain que les syndicats français observent attentivement la joute d'autant qu'avec le projet de loi Macron, le gouvernement français semble tenter de pencher vers le modèle allemand.

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