Chronique des matières premières

Le cacao se met à l'euro

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Avec un contrat en euros, cela permettrait aux producteurs comme au négoce et aux industriels de ne plus subir les fluctuations de change, entre le franc CFA et la livre ou le dollar.
Avec un contrat en euros, cela permettrait aux producteurs comme au négoce et aux industriels de ne plus subir les fluctuations de change, entre le franc CFA et la livre ou le dollar. Getty Images/Jacob Silberberg

Le cacao sera bientôt libellé en euros sur les marchés à terme.

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Le cacao se met enfin à l'euro. Les tonnes de fèves s'échangeaient déjà en dollars à New York. Mais pas à Londres, où le contrat de référence mondial restait exprimé en livres sterling, la monnaie britannique. Une exception remarquable puisque toutes les autres matières premières échangées à Londres, du cuivre au sucre blanc et au café robusta, sont aujourd'hui libellées en dollars.

L'anachronisme de la livre sterling n'était que plus pesant pour la filière du chocolat que la majorité de la transformation du cacao est effectuée en Europe continentale, les plus grandes usines de broyage sont néerlandaises ou allemandes, au coeur de la zone euro ! Sans oublier évidemment que la plus grande région de production c'est l'Afrique de l'Ouest, en zone franc, et que le franc CFA est arrimé à la monnaie européenne. Avec un contrat en euros, cette parité fixe permettrait aux producteurs comme au négoce et aux industriels de ne plus subir les fluctuations de change, entre le franc CFA et la livre ou le dollar.

Tous ces opérateurs qui traitent le cacao physique ont en outre beaucoup de reproches à faire au contrat londonien, aujourd'hui propriété de ICE Nyse Euronext : le prix rapproché est constamment supérieur au prix éloigné, quand c'est ordinairement l'inverse sur un marché à terme, ce qui veut dire qu'ils ne peuvent pas financer leur stockage de fèves. Manipulé par les spéculateurs, le contrat de cacao londonien ? C'est en tout cas l'un des plus volatils, avec des cours qui font le yo-yo.

Les trois nouveaux projets de contrats de cacao sur le sol européen, dont deux annoncés par la bourse concurrente américaine CME, jusqu'à présent plus tournée vers les céréales, ne se concrétiseront peut-être pas tous, faute de liquidités suffisantes (le cacao étant un petit marché), mais il pourrait au moins pousser ICE Nyse Euronext à réguler davantage son presque centenaire contrat cacao et à le convertir enfin en euros.

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