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Le coq chante

La culture attelée dans le département de Rambo au Burkina Faso

Audio 26:30
Sawadogo Moustapha, agriculteur dans le village de Tantoaga.
Sawadogo Moustapha, agriculteur dans le village de Tantoaga. © RFI/Sayouba Traoré
Par : Sayouba Traoré
31 mn

Le département de Rambo se trouve dans la province de Yatenga, qui fait partie de la région du Nord, en plein Sahel burkinabè. Nous allons plus précisément dans le village de Tantoaga, l’un des 21 villages qui composent le département, avec le chef-lieu Rambo. Plus globalement au Burkina Faso, l’indice de la Pauvreté est de 16,5% en ville, et de 51% en milieu rural. Et la région du Nord fait partie des zones les plus pauvres avec un taux de 60,9%. Il y a plusieurs raisons à cette situation. L’agriculture est la principale activité des habitants. Il se trouve que la partie Nord du Burkina Faso est confrontée à de sérieux problèmes de dégradation des ressources naturelles et environnementales. Cette dégradation se traduit par l’apparition de terrains dépourvus de toute végétation, et par des sols de plus en plus érodés.

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Résultat : seuls 30% des terres de la superficie totale sont supposés être cultivables, le reste ayant perdu de sa fertilité et présentant peu de valeur agricole. La croissance continue et rapide de la population a eu pour corollaire la saturation de l’espace agricole utile.

Conséquence logique : la région est réputée être le terroir le plus dégradé du Burkina Faso. Ajoutons qu’il s’agit d’une agriculture familiale sur de petites superficies et utilisant des outils rudimentaires. Fatalement, ce que nous venons de décrire a engendré une insécurité alimentaire et nutritionnelle chronique, en particulier au cours des périodes de soudure.

La commune de Rambo est très enclavée, dans cette région du Nord sujette à de nombreux problèmes. L’essentiel des voies est constitué de pistes non aménagées ou de sentiers. La commune est quasiment inaccessible pendant la saison des pluies. Elle souffre d’un manque d’infrastructures dans tous les domaines (eau, assainissement, santé, éducation). D’où la pertinence de l’introduction de la culture attelée par l’association « Aidons l’Afrique Ensemble ». Cette association soutient des villages de la commune de Rambo, qui comptent 12.000 habitants au total.

En images

L’action ici consiste à constituer, par affinité, un groupe de 4 ménages volontaires appelé Comité de gestion des matériels Agricoles en Commun CGMAC ; et à la longue, cela pourrait être appelé Groupement d’Intérêt Economique (GIE). L’AAAE équipe le groupe de 4 ménages en 4 bœufs de traction et 2 charrues tricycles. L’équipement en bœufs est donné à crédit, mais l’argent pour l’achat des bœufs est donné directement au bénéficiaire, afin de lui permettre d’acheter le bœuf de son choix sous condition de construire une fosse fumière et un enclos pour l’animal.

Aussi, le groupe doit accepter de se former et s’entraider deux à deux (ménages), des semis jusqu'à la récolte de fourrage dans leurs champs respectifs ; et d’y voir un champ en commun (4 ménages). Ils auront donc un grenier en commun en dépit du grenier familial. Les décisions des actions de la survie du groupe devront être prises par le groupe et un compte à co-signature ouvert dans une institution financière à leur compte.

Invités :
- Alidou Gueteba Sawadogo, président de l’association « Aidons l’Afrique Ensemble »
- Sawadogo Moustapha, agriculteur dans le village de Tantoaga
- Sawadogo Abdourasmane, éleveur dans le village de Tantoaga.

Production : Sayouba Traoré
Réalisation : Ewa Moszynski

 

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