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Aujourd'hui l'économie

La Grèce incapable de mobiliser les maillons faibles

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Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (g) lors de la conférence de presse avec son homologue français Michel Sapin (d), à Paris, le 1er février 2015.
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (g) lors de la conférence de presse avec son homologue français Michel Sapin (d), à Paris, le 1er février 2015. AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Alexis Tsipras et son ministre des Finances font le tour des grandes capitales européennes pour obtenir un soutien dans la renégociation de la dette de leur pays. Une initiative observée avec intérêt par les autres maillons faibles de la zone euro.

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Avec de la réserve plutôt que de l'enthousiasme, y compris à Chypre, l'allié naturel de la Grèce. L'île est également sous perfusion du FMI, avec une différence notable, les conservateurs sont revenus aux affaires et respectent à la lettre les conditions imposées par leurs créanciers. L'Irlande est le seul pays à avoir souscrit à la proposition grecque d'une conférence internationale sur la dette. Mais c'était avant la victoire de Syriza. Aujourd'hui Dublin, comme Lisbonne et Madrid ont pris leur distance avec Athènes et rejettent une éventuelle annulation de la dette grecque. Ces pays ont résisté à la thérapie de choc imposée par leurs créanciers.

L'Irlande et le Portugal sont tous les deux sortis des plans de sauvetage. Ils sont encore lourdement endettés, le Portugal à hauteur de 125 % de son PIB, l'Irlande à 115 %. La route est donc encore longue et raide, mais la pente s'est adoucie. Car ils bénéficient aujourd'hui de taux d'intérêt au plancher, un peu plus de 2 % pour les emprunts portugais à 10 ans, et un peu plus de 1 % pour les emprunts irlandais quand ceux de la Grèce flambent à plus de 10 % sur le marché secondaire. Pour eux donc, pas question d'être assimilés à un mauvais payeur, car c'est prendre le risque de voir le loyer de l'argent s'enflammer et la spéculation repartir de plus belle.

L'Espagne a également rejeté toute idée de renégociation

Effectivement, mais pour des motivations différentes. Le Premier ministre conservateur Mariano Rajoy redoute surtout la contamination politique, une élection générale aura lieu en Espagne avant la fin de l'année et les cousins de Syriza, Podemos, sont aujourd'hui les favoris des sondages. Un scrutin est aussi prévu avant la fin de l'année au Portugal. Donner aujourd'hui gain de cause au gouvernement Syriza serait ouvrir un boulevard pour les partis anti-austérité, c'est pourquoi les maillons faibles jugent improbable que Bruxelles accorde à la Grèce une annulation partielle de sa dette.

Est-ce que le soutien inattendu du président Obama au gouvernement grec peut changer la donne ?

« On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression », a déclaré hier le chef de la Maison Blanche sur CNN, tout en reconnaissant que la Grèce avait un terrible besoin de réformes. Le sous-titre pourrait être: c'est vrai Athènes a maquillé ses comptes pendant dix ans, mais maintenant il faut aller de l'avant, car non seulement la Grèce, mais toute l'Europe a besoin de croissance. Une analyse partagée par tous les maillons faibles.

Si Athènes finit par obtenir satisfaction, ils seront donc les premiers à revoir leur position. La Grèce sera alors le laboratoire de l'Europe de demain comme le suggère le banquier d'affaires Matthieu Pigasse. Son établissement, la banque Lazard a obtenu le mandat du gouvernement d'Alexis Tsipras pour le conseiller dans les discussions. Pour le gouvernement précédent, il avait diligenté avec succès l'effacement de la dette privée de la Grèce. Renouer l'opération avec les créanciers publics est son nouveau défi.
 


♦ En bref dans l'économie :

Les ventes de voitures neuves bondissent en Espagne


+27 % en moyenne annuelle en référence aux immatriculations du mois de janvier, grâce à la prime à la casse. Le marché espagnol a renoué avec son niveau de 2010 en 2014 et il continue sur sa lancée.

Aux États-Unis, Barack Obama table sur une croissance à 3 % pour 2015


C'est le scénario optimiste sur lequel il base son budget. L'année dernière les États-Unis ont enregistré une croissance moyenne de 2,4 %.

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