Chronique des matières premières

Le stimulus de la BCE ne soutiendra pas les matières premières

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L'action de la Banque centrale européenne pour relancer la zone euro n'affectera pas le secteur des matières premières.
L'action de la Banque centrale européenne pour relancer la zone euro n'affectera pas le secteur des matières premières. REUTERS/Ralph Orlowski

L'action de la Banque centrale européenne vise à relancer l'économie dans la zone euro, mais ce stimulus ne suffira pas à doper le secteur des matières premières.

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L'action de la Banque centrale européenne ne relancera pas le secteur des matières premières. En injectant plus de 1 100 milliards d'euros dans l'économie du Vieux Continent, la BCE a pourtant pour objectif de doper l'activité, grâce à des liquidités plus accessibles, puisque les banques sont susceptibles de prêter davantage aux particuliers et aux entreprises, de quoi relancer la consommation des Européens et les commandes des entreprises en matières premières, du pétrole aux métaux et au caoutchouc.

Mais cet appel d'air risque d'être très limité. D'abord, l'Europe ne représente aujourd'hui que 10 à 20 % de la demande mondiale en produits de base. Et puis, même si l'appétit européen renaît, son effet sera annihilé par les conséquences monétaires du stimulus européen. La création de liquidités dans la zone euro fait chuter la valeur de l'euro par rapport au dollar, « la » monnaie des matières premières : si le billet vert est fort, cela décourage les achats de produits de base dans la zone euro ; parier sur le dollar est aussi plus rentable que de parier sur les matières premières. Pas d'espoir donc de voir l'action de la BCE relancer les prix du pétrole, bien au contraire. Pas plus d'espoir de voir les prix des métaux repartir à la hausse.

À part une ou deux exceptions peut-être : les ventes de platine pourraient rebondir si l'automobile repart en Europe, ce sont les pots catalytiques des voitures européennes qui consomment le plus de platine parce qu'elles roulent pour beaucoup au diesel. L'or pourrait aussi profiter du stimulus de l'institution de Francfort. Mais tout dépendra de l'humeur des investisseurs : s'ils considèrent le métal jaune comme une protection contre l'inflation européenne, l'or retrouvera des couleurs, mais les spéculateurs semblent avoir déjà les yeux tournés vers les États-Unis, qui s'apprêtent à prendre le chemin inverse de l'Europe et à resserrer les vannes monétaires, ce qui pénalise le métal précieux. Seules véritables gagnantes, les céréales de l'Union européenne devraient tirer bénéfice du geste de la BCE : grâce à la chute de l'euro, elles seront plus compétitives que les grains américains.

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