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Aujourd'hui l'économie

Alstom encore poursuivi pour corruption

Audio 03:48
Logo d'Alstom sur le toit de l'usine de Reichshoffen, dans le nord-est de la France, le 24 avril 2014.
Logo d'Alstom sur le toit de l'usine de Reichshoffen, dans le nord-est de la France, le 24 avril 2014. Reuters/Vincent Kessler

Le groupe Alstom est une nouvelle fois accusé de corruption. La justice brésilienne a saisi hier des avoirs du groupe français à hauteur de 90 millions d’euros dans le cadre d'une enquête sur un cas d'une « haute gravité » selon le procureur de Sao Paulo. Une enquête parmi d’autres…

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Le groupe croule sous les procédures déclenchées sur les cinq continents. Rien qu'au Brésil, Alstom est visé par deux enquêtes. Ses démêlées avec la justice ont commencé aux Etats-Unis, où des enquêtes ont été ouvertes depuis plusieurs années dans le cadre de la loi sur la corruption à l'étranger. Ce texte qui date des années 70 autorise la justice américaine à poursuivre dans le monde entier toute entreprise y compris étrangère suspectée de corruption, du moment qu'elle est cotée sur le sol américain ou qu'elle a une filiale sur place.

Dans la foulée, l'organe britannique de lutte contre la corruption a lancé des poursuites contre Alstom dans de multiples pays, de l'Inde à la Tunisie en passant par la Pologne et la Hongrie. Pour les faits jugés sur le sol américain, Alstom a reconnu avoir versé des pots de vin en Indonésie, en Egypte, en Arabie saoudite, aux Bahamas et à Taiwan et a écopé pour ces pratiques criminelles d'une amende de 772 millions de dollars.

Une amende record infligée par la justice du pays où un groupe privé s'apprête à racheter le fleuron français

Le mastodonte General Electric a effectivement obtenu en décembre le feu vert des actionnaires pour racheter la branche énergie d'Alstom pour la bagatelle de 17 milliards de dollars. Le feuilleton a déchaîné les passions politiques françaises et a fini par occulter les ennuis judiciaires du groupe. Pourtant, il y a bien des liens de cause à effet entre les deux événements.

Le plus évident est la récente décision de la justice américaine : elle accorde un sursis de six mois à Alstom pour payer l'amende, c'est-à-dire le temps qu'Alstom passe aux mains de GE. En principe, les entreprises sanctionnées ont dix jours pour s'acquitter de l'amende une fois le jugement prononcé. Autre conséquence, General Electric rajoute 500 millions de dollars au pot et voit ainsi son droit de licence sur la marque Alstom passer de 5 à 25 ans. Cette modification et le délai vont éviter au groupe de voir ses résultats financiers plombés par cette punition.

Les ennuis d'Alstom avec la justice américaine ont-ils précipité le rachat par General Electric ?

C'est la thèse défendue par le chercheur Eric Denécé dans un rapport publié en décembre dernier. Il démontre que les dirigeants d'Alstom craignant des poursuites individuelles, en clair de la prison, ont accéléré les discussions avec General Electric au détriment des intérêts supérieurs de l'Etat français. Alstom est la cinquième entreprise dans le viseur de la justice que le groupe américain rachète. Il n'en est donc pas à son coup d'essai.

Ce qui choque de ce côté-ci de l'Atlantique est en revanche clairement assumé sur l'autre rive. Un ancien procureur américain, cité récemment par le Wall Street Journal, reconnait que « par de multiples voies, le département de la justice (et la SEC) encouragent les sociétés très respectueuses de la bonne gouvernance à reprendre celles qui dérivent pour les aider à revenir à de meilleures dispositions ». La France elle ne dispose toujours pas d'un arsenal juridique similaire pour traquer les indélicats.

 


EN BREF DANS L’ECONOMIE

Les ventes de tablettes ont reculé au dernier trimestre 2014, et cela pour la première fois depuis leur arrivée sur le marché

-3 % en volume sur les trois derniers mois de l'année 2014, année qui est toutefois encore en croissance sur ce type d'écran. Et ça devrait continuer en 2015. Les tablettes ont fait leur apparition dans notre environnement il y a cinq ans seulement mais contrairement à ce qu'on a pu imaginer à un moment, elles n'ont pas remplacé les ordinateurs de bureau.
 

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